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Tome XV. FORE - GENU
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lin si l’adjectis le suit. Par exemple, j’aivu ilesgeru bien faits , l’adiectif bienfaitsaprès gens , est masculin. Au contraire ,on dit -le vieilles gens , de bonnes gens ;ainsi l’adjectif devant gens est féminin.11 n’y a peut-être qu’une feule exceptionqui est pour l’adjectif tout , lequel étantmis devant gens, est toujours masculin.,comme tous lesgmde bien , êoru les bon-nête-sgww ; on ne dit point toutes les hon-nêtes gens.

Le P. Bouhours demande si , lorsquedans la même phrase il y a un adjectif de-vant, & un adjectif ou un participe après,il les faut mettre tous deux au même gen-re , selon la réglé générale ; cu si l’on doitmettre le féminin devant, & le mascu-lin après; par exemple, s’il faut dire, ily a de certaines gens qui font bien sots,ou bien sottes j ce font les meilleuresgens que j’aie jamais vus ou vues s lesplus fa vans dans notre langue croientqn’il faut dire sots & vus au masculin,parla raison que le mot Aegens veut tou-jours le masculin après foi. C’est cepen-dant une bisarrerie étrange , qn’un motsoit masculin & féminin dans la mêmephrase, & ces sortes d’irrégularités ren-dent une langue bien difficile à savoircorrectement.

Le mot gens pris dans la significationde nation , se disoit autrefois au singulier ,& fe disoit même il n’y a pas un siecle.Malherbe, dans une dë ses odes dit ; dcombien lors aura de veuves la gent quiforte leur turban ! Mais aujourd’hui iln’est d’usage au singulier qu’en prose onen poésie burlesque : par exemple, Sca-ron nomme plaisamment les pages de l'ontenis , la gent à gregues retroussées. II ya pourtant tel endroit dans des vers sé-rieux , ob gent a bonne grâce, comme en'cet endroit du livre V. de 1 ’Eneide de M.de Segraís, de cette gent./bronche adou-cira les mœurs. II fe pourroit bien qu’ona cessé de dire la gent, à cause de l’équi-voquede/’ageKí.

On demande. si l’on doit dire dix gens ,an nombre déterminé, puisqu’onditêeea-coup de gens , beaucoup de jeunes gens.Vaugelas, Ménage & le P. Bouhours, legrand critique de Ménage , s’accordentunanimement à prononcer que gens nefe dit point d’un nombre déterminé ; deforte que c’est mal parler , que de diredix gens. Ils ajoutent qu’il est vrai qu’on

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dit fort bien mille gens, mais c’est parceqne le mot de mille en cet endroit, estun nombre indéfini ; & par cette raison,on pourroit dire de même cent gens , sansla cacophonie. Cette décision de nos maî-tres paroît d’autant plus fondée, qu’ilsajoutent qne, si en effet il y avoiteentpersonnes dans une maison , on bien millede compte fait, ce seroit mal parler qnede dire ; il y a cent gens ici , fui vu millegens dans lesatton de Versailles j il fau-drait dire, il y a cent personnes ici. j'ai vumille personnes dans lesatton de Versailles.

Cependant quoiqn’il soit formelle-ment décidé que c’est mal parler que dedire dix gens, ou dira fort bien, ce mesemble, dix jeunes gens , trois honnêtesgens, en parlant d’uu nombre préfix. Ilparoît que quand on met un adjectif entrele mot gens, ou un mot quelconque de-vant gens , on peut y faire précéder unnombre déterminé, dix jeunes gens , troishonnêtes gens. C’est pour cela qu’on dittrès-bien en prenant gens pour soldat oupour domestique : cet officier accourutavec dix de ses gens ; le prince n’avoitqu’îíiide ses gens avec lui.

II reste à remarquer qu’on dit en con-séquence de la décision de Vaugelas, Bou-hours & Ménage, c'eftun honnête homme:mais on ne dit point en parlant indéfini-ment , ce font d'honnétes hommes , il fautdire ee font d'honnétes gens ; cependanton dit, c'ejl un des plus honnêtes hommesque je connoijse ; on peut dire anffi , deuxhonnêtes hommes vinrent hier chez moi.(D. J. )

Gens de lettres , Philos. Litt.Ce mot répond précisément à celni degrammairiens : chez les Grecs & les Ro-mains, on entendoit par grammairien ,non-seulement un homme versé dansla grammaire'proprement dite, qui estla base de toutes les connoissanees, maisun homme qui n'étoit pas étranger dansla géométrie, dans la philosophie, dansl’histoire générale & particulière ; qutfur-tout faisoit son étude de la poésie &de l’éloquence: c’est ce que sont nos gensdelettres aujourd’hui. On ne donne pointce nom à un homme qui avec peu de con-noissances ne cultive qu’un seul genre.Celui qui n’ayant lu que des romans neFera que des romans; celui qui fans au-cune littérature aura composé au halardquelques pieees de théâtre, qui dépourvu