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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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les ehmrnt eux-mémes n’«n s«»t Motexempts : elle s'annonee par une tacheblanche ou rouge , qui se place sur unedes parties du corps , & au milieu riecette tache on dit qu'il y a souvent un pe-tit point noir. Cette tache ou tumeur eftentièrement dépourvue de sentiment ;elle eft dure & s’éleve un peu au dessusriu reste de la peau ; elle augmente enpeu rie temps, & en quatre ou cinq jourselle acquiert la grosseur riu poing & atoujours la même dureté & la même in-sensibilité. Le malade éprouve durant cetemps une grande lassitude, & une soisextraordinaire ; il perd entièrement l’ap-pétít, est toujours assoupi ; il lui prenddes étourdissement aussitôt qu'il le tientdebout î il sent un serrement considérablede la poitrine í ensin, il a de la difficultéà respirer , son haleine devient puante ;il pâlit ou jaunit ; il éprouve de grandesdoulenrs intérieurement ; il se retourne& change perpétuellement de situation »& la soif va toujours en augmentant.Quand tous ces symptômes font suivisd'une sueur abondante, c'eft un signeque la mort approche, & les person-nes robustes périssent ordinairement ledixieme ou onzième jour ; les plus dé-licats ne vont pat si loin. Ceux qui fontattaqués de cette maladie ne se plaignentque de douleurs de tête tant qu’elle dure ;on ne remarque aucun changement furla langue, aucune constipation, ni ré-tention d’urine, & la tête demeure lainejusqu’au dernier moment.

Auffi.tdt qu’un tartare apperqoit unede ces taches fur son corps, il va trouverun cosaque , qui n'est ordinairementqu’un médecin de bestiaux ; il arrachela tache avec ses dents jusqu’au sang ,ou il enfonce dans le milieu nne aiguille& la tourne en-dessous en tout sens , &continue à la détacher ainsi jusqu’à ceque le malade sente son aiguille : aprèsquoi il acheve de l’arracher avec lesdents .il mâche ensuite du tabac, & lesaupoudre d’un peu de sel ammoniac ; ilapplique ce mélange sur la plaie , L re-couvre le tout d’un emplâtre, ou bien ilse contente de la bander ; il renouvellele tabac & le sel ammoniac toutes lesvingfr-quatre henres, jusqu’à la guérisonparfaite, qui se fait an bout dS-deux ,cinq, on iept jours, suivant le. degréde dureté, & la grandeur,deJattache ou

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iu bubon : îl n’y a pas lieu de craindreque les autres parties du corns prennentla contagion. La partie affligée reprendfa couleur naturelle , & la plaie se cica-trise. Le régime qu’on Fait observer aumalade consiste à le tenir dans un endroitobscur, à l’empècher de boire , ou si onle lui permet, ce n’est que du petit - laitaigri ; les autres boissons lui font inter-dites : on lui défend aulfi les fruits à sili-ques, & toute nourriture sujette à fer-menter ; on lui permet le pain trempédans le petit-lait, du bouillon de poulet,des raves ; mais toute viande est regar-dée comme nuisible. On a remarqué quela chair qui est au-dessous de la tachequ’on a enlevée , est bleuâtre.

Cette, maladie se manifeste dans leschevaux à-peu-prés par les mêmes symp-tômes, excepté que la tache L le bubonsent beaucoup plus considérables : sou-vent leur soif eft si ardente , qu’ils íenoyent dans les rivières à force de boire.Quand on s’apperçoit à temps qu’íls sentattaqués de cette maladie, on ouvre lebubon avec un couteau , ou bien on yenfonce jusqu’au vif un fer rouge. Cebubon se forme sur toutes les parties ducorps du cheval, tyais sur-tout sur lepoitrail, Si sur les parties de la géné-ration : on laisse manger très-peu l’animaldurant la cure 5 les vaches sont moins su-jettes à cette, contagion que les chevaux,Sc les brebis encore moins que les va-ches. M. Gmetin, dont nous avons tiréle détail qui précédé , observe qu’on nese souvient point d’avoir jamais éprouvéla vraie peste en Sibérie. Voyez Gmelin ,voyage de Sibérie. Ce lavant voyageurdit avoir eu occasion de traiter un hommedu pays attaqué de la même maladie: latache ou la tumeur lui étoit, venue aumenton ; & après avoir eu recoursau remede usité par les Cosaques , iLnégtigea de faire autre chose ; M. Gme-lin voyant que le cas étoit pressant.j eutrecours a«x remèdes les plus violens ; ilcommenqa par faire à la plaie des,scari-fications profondes ; il arrêta le sangavec de l’eau-de-vie , faute d’autre chose;il répandit furla plaie du précipité rouge,& mit par-deffus un emplâtre émolliehtpour exciter la: fnpuration, & lui fitprendre intérieurement en quatre prisesquatre grains de mercure rìòiix à traisheures dq distance s-de certe maniers y il

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