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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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pendant cette conquête , il donna unexemple de sévérité , qui, à la vérité,donne une grande idée de son autorité ,mais qui n’eùt pas dû , à mon avis, sou-lever contre lui plusieurs historiens aulsirigoureusement qu’ils Pont Fait. Beren-ger , évêque de Girone & confesseur deJayme, révéla au pape quelques secretsimportant, que ce prince lui avoit dé-clarés en confession ; le prince informéde la criminelle indiscrétion de Berenger,le fit saisir, lui fit couper la langue & leBannit de ses états. Le pape furieux decet acte de vengeance , excommunia leroi, & ce ne fut que long-temps après qtiedeux légats vinrent l'absoudre publique-ment, après lui avoir imposé une rudepénitence. L’évêque Berenger eut à souf-frir sans doute lin châtiment Fort doulou-reux ; mais enfin fa coupable révélationne inéritoit-elle pas une punition exem-plaire? Et si les secrets que Berenger ré-véla importoient à l’état, quand mêmecet évêque eût été puni de mort, ne l’eût-il pas mérité ? Dans le temps que le papese plaignoit si amèrement de l’injnstice deJayme , ce souverain faisoit recueillirtoutes les loix du royaume en un mêmecode qui ne formoit qu’un volume, &faisoit ordonner par les états, qu’on s’yconformeroit par-tout dans le jugementdes procès. Pendant qu’excommunié, ils’occupoit ainsi de l’administratinn de lajustice, son fils, don Alphonse, quoi-que soumis en apparence, ne cessoit pointde murmurer & d'envier la Catalogne àdon Pedre. Jayme fatigué de ses plaintes,& fa Famille étant accrue de deux fils ,crut devoir faire un nouveau partage deses domaines entre ses quatre fils : nuld’eux ne fut content, quelque foin qu’ileût pris de les satisfaire tous, ils fe plai-gnirent, menacèrent} mais afin de Unirôter l’espoir de trouver de l’appui chezl’étranger, il commenqa par marier fafille doua Yolande à don Alphonse , in-fant de Castille; ensuite , suivant sa cou-tume . il remit leurs plain.es à la déci-sion des arbitres que les états nomme-roient : cette modération fut très-applau-die: les arbitres prononcèrent confor-mément aux volontés du souverain , &ses fils furent contraints de les respecter.La sentence des arbitres n’étoit point en-core rendue, que la reine Yolande mou-rut; & le roi qui ne U regretroit que nié-

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diocrement, épousa en secret dona Thé*reseBidatire , son ancienne maîtresse, delaquelle il avoit en déjà quelques enfans.Après avoir terminé tons les différendsqu’il avoit , ou qu’il prévoyois pouvoirs’élever entre lui & les princes ses voi-sins ; après avoir aussi terminé les an-ciens différends qu’il y avoit entre lescouronnes de France & d’Aragon, & enfe désistant de fes prétentions fur les com-tés de Carcassonne , dcBéziers, d’Albi,deRhodcz, de Foix, de Narbonne, deNifmes, obtenu que de son côté 8. Louisrenonceroit à fes droits fur les comtés deBarcelone , de Gironne , d’Urgel. d’Am-purias , de Cerdagne & de Roussi lion ,Jayme crut avoir tout pacifié ; mais il fetrompoit: don Alphonse son fils, tou-jours mécontent, lui suscita de nouveauxembarras, L fe disposoit à exciter destroubles dans l’état; mais la mort vint,heureusement pour PAragon, mettre finà la vie de ce prince inquiet & entrepre-nant. Jayme fit auisi-tôt reeonnoître denPedre pour l’héritier de sa couronne , &malgré ies oppositions & les menaces dupape Alexandre IV, il le maria avec donaConstance, fille de Mainfroi, prince deTarente. La gloire du roi d’Aragon & facélébrité s’étoient étendues fi loin , qu’ilrequt une magnifique ambassade du sul-tan d’Egypte, qui rccherchoit son ami-tié ; & il est vrai qu’alors il n’y avoitpoint en Europe de prince qui parl’éclatde fes entreprises & le succès de fes expé-ditions, fe fût fait lin aussi grand nom.Ligué avec le roi de castille, il tentala conquête du royaume de Murcie, &dès !a seconde campagne il se renditmaître de la capitale de cette souverai-neté, rien ne rèsistoit à fes armes; heu-reux à la guerre, & plus heureux encoredans les négociations, tout succédois augré de ses désirs. Mais le foin de conqué-rir ne l’occupoit pointais z, qu’il ne trou-vât encore bien des momens à donner Ason goût pour les plaisirs , qui l’cntraî-noient impétueusement, & quelquefoisau-delà des bornes de la bienséance. Lareine dona Yolande était à peine expirée,qn’il avoit épousé dona Thérèse Bidaure ;& il quitta celle-ci pour dona Bérengeresa parente, & fille de don Alphonse deMolina, oncle du roi de Castille; il enavoit eu un enfant, don Pedre Feruandezde Hijar : & sa passion ne faisoit que s’ze-