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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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croître. II Ht prier le pape de rompre sonmariage avec dona Thérèse , sons pré-texte qu’elle avoir une lepre contagieuse.Le pape informé des véritables motifs deJaynte , & de l'on amour incestueux , l’a-vertit d’abord de renoncer à fa paillon fi;de se séparer de sa maîtresse; ii le me-naça ensuite de sexcommunirr : cettemenace fit vraisemblablement impressionsur le roi d'Aragon ; on ignore s’il quittadona Bérengcre, mais on sait que pourappaiier le pape, il se croisa , s’embar-qua pour la Terre Sainte, & fut con-traint , par une violente tempête , de re-venir dans ses états. On fait aulB qu’il fetrouva ait concile de Lyon, & «trayantprié Grégoire IX de le couronner solem-nellement, le pontife exigea qu'avantcette cérémonie !e roi d’Aragon se sou-mît à payer au saint sit'ge le tribut au-qnel Con perç, don Pedre, s'étoit engagé;condition humiliante, que Jaynte rejet-ta avec indignation. II sortit de Lyon,& alla en Catalogne éteindre , par laforce des armes , une rébellion suscitéepar quelques mécontents, qu'il réduisit& qu’il punit. II ne fut pas auffi heu-reux avec les Mahométans de Valencequi , secondés par le roi de Grenade ,prirent les armes & fe révoltèrent ou-vertement. Jaynte envoya enntr’eux undétachement fous les ordres de don Pe-dre Fernandez de Hijar, & un antrecorps commandé par deux de fes géné-raux; don Pedre eut du succès, maisles deux généraux furent complètementbattus. Le roi d’Aragoa accoutumé àvaincre , fut plus sensible à la défaite deses deux généraux, que flatté de la victoi-re de don Pedre Fernandez , & ce reverslui causa tant de chagrin, qu’il eu tombamalade; ii avoit encore d’autres sujetsd’inquiétude : il y avoit quelque tempsqu’ayant enlevé de force une femme ma-riée , ii s’étoit attiré des censures amnesde la part du pape. Jaynte irrité de sup-position perpétuelle que le souverainpontife mettnit à i'es plaisirs, avoit prisle parti dcn’avoir aucun égard à ces me-naces, & de s’abandonner fans retenueà sespenchans; & ii s’y étoit livré avecsi peu de ménagement, que fa conduiteétoit devenue fort odieuse à ses sujets.La connaissance qu'il avoit de ce mé-contentement général , L peut-être lesremords.aggravèrent fa maladie .j il eliaa-

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gea d’air, sc fit transporter à A! c ira ; maisau lien de trouver quelque louhgcment,il sentit qu’il touchent à se* derniers rno-mens. Alors ii témoigna un vif regret duscandaleux exemple qu’il avoit donné àse$ enfans L á ses-peuples, iîíesit vêtirdu froc de Tordre de (liteaux , & mourutavec tmires les marquis exteiienrcs d’unhomme repentant, le r; juillet 1176 , âgéde 69 ans , & dans la soixante-troisièmeaimée de fou régné. I! fut grand conqué-rant. illustre souverain, mer- injuste d-insses conquêtes, L fort corrompu dans sesmœurs.

JaVME «a _Jacques II, roi d’Ara-gon , Hijì. d'Espagne. Ct n’eft pas tou-jours rofcéiiVâUec d-s peuples, I appa-rente tranquillité des nations , la sou-mission des citoyens. !a prompte exécu-tion des ordres supérieurs , qui font i’é-loge -des vertus & de ia sagesse des rois ;c’eft souvent par contrainte que les peu-ples obéissent; & le calme qui semblerégner dans un état, est souvent euífile signe de la consternation publique ,& non la preuve & l'expreffion de lafidélité; enchaîné par la terreur, unpeuple qui. n’nfe , pi fe plaindre , ni re-muer , n’obéit , r;i par z.je , ni paramour pour le despote qui supprime ;ii fait seulement , des vœux en se-cret, & attend avec impatience le mo-ment de ia révolution qui, tót ou tardviendra briser ses fers. Le maître de cepeuple se croit aimé peut ■ être ; quel-ques tâches adulateurs ie lui répefcentmême; niais il fe trompe & on ie trom-pe; on ie plaint tout ail plus d’rgnoretcombien Pavide ambition de quelquesmauvais citoyens abuse de son nom &de sa confiance; mais, très - certaine-ment il îi’eit point chéri, peut-ii i’étre ?A queîs signes connoír-nn donc qu’un roiest véritablement aimé , iì ces expressionsnon équivoques de douleur, à te saisis-sement subit & général qui s'empare dela nj'Jon enticre , a u pins léger accidentqui arrive à son souverain, à ccs vœuxempressés que lui dicte la crainte de leperdre, aussi tôíqu’ei-e apprend qii’uneindisposition passagère altereJa santé, fitsur-tout à ces pleurs , à ces sanglots , àces torrens rie larmes qui .'accompagnentau tombeau: ce fut auíìi par ces ex pres-sions que Ir-s Augonnois témoignèrenti’étendue & la force de leur tendresse,