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idéal , qu’il saisit d mis son entier , &dont on ne retrouve plus que des par-ties dans les peintres qui font venusaprès lui.
Maintenant si d’après ces réflexions,convaincus qu’il existe un beau idéal,nous voulons en acquérir une notion plus jsimple & plus exacte , il est nécessaired’examiner ce que l’on entend par beautédans les ouvrages de l’art. Mais à peinea-t-on entrepris de pénétrer dans cettematière , qu’on est étonné & de la frivo-lité des théories les plus accréditées, &de Pextrême généralité des principes furlesquels on a prétendu les fonder. Lesuns veulent que la beauté consiste dans laperfection , de forte qn’à les en croire ,une marmite parfaitement faite est unetrès-belle chose ; les autres la placentdans i’imitation de la nature , de forteque s’il arrive qu’un peintre ou un sculp-teur ait bien représenté un Ine ou unpourceau, on doit dire , voilì un belâne, voilà un beau cochon. Seroit-ce àcause de sa simplicité qu'on suroît rejettecette idée si claire & si naturelle , que labeauté relative est ce qui plait ànos sens,& la beauté absolue ce qui plait aux sensexercés Si perfectionnés par l’habitudede juger & de comparer. Je fais que cequ’on entend par le beau proprement dit,a des limites assignées , que cette ex-pression ne doit pas Rappliquer à deschoses communes & triviales qui ne peu-vent exciter ni surprise , ni admiration& sur ce point, je ne puis mieux faireque de renvoyer à l’exccllent article queM. de Marmontel a inféré dans le qua-trième volume de ce Dictionnaire. Maisil s’agit ici de définir quel est L'objetdesarts en général , & c'est dans cette vuequ’i! est néeessiire d’obfcrver : que
loifqu’on suppose que la perfection est lebut des arts & la mesure de la beauté , onfait une étrange méprise, en prenant lesmoyens pour la fin; car la perfection,dans le sens où il faut l’enteudre, n’estpas une chose absolue, mais relative, &la perfection d'un ouvrage quelconqueaura toujours pour mesure l’impreffionqu’il fera sur nos sens : 2°. que ce n'estpas avec plus de fondement qu’on substi-tue à ce principe celui de limitation,caravant que Limitation eût plus ou moinsdémérité , la chose imitée avoit plus oumoins de beauté.
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Il «st. des arts qui n’imitent rien, ouqui n’imitenr que par accident , & pardes rapports très-vagues & très-ésoignés ;tels sont l’architecture & la tmsiqne. ins-trumentale. J’entends répéter que l’ar-chitecture est Limitation des premieresj cabanes qu’on faisoit avec différentes pie--ces de bois ; que les colonnes représen-tent des troncs d’arbres ; que îe fronton,les architraves , imitent l’assemblagedespoutres de traverse, &c. ? Une cabaneest donc une belle chose ? Quoi, les tem-ples , les palais seront beaux parce qu’ilsimitent des chaumières? l’harmonie d’un,prélude , la mélodie d’une ritournellevous rappellent , dites-vous , le chantdes oiseaux on le murmure des ruisseaux?'Je ne le crois pas : mais en le supposantpour un instant, je vous demanderai ceque les ruisseaux & les rossignols imitent,à leur tour? La nature, dont les vues nefont pas bornées à Lhomme , aura donaseHle le droit de lui offrir des plaisirs , &l’homme, son plus bel ouvrage , Lhom-me qui l’embellit & la perfectionne, n’au-ra pas le pouvoir de les augmenter par fapropre industrie, de fe far nu r de ses pro-pres mains des objets de satisfaction & dejouissance ? Vous voulez m’expliquerpourquoi j’aime à regarder un beau ta-bleau, une belle statue; pourquoi l’as-pectd’un visage régulier me flatte plusqueìcelui d’une tête difforme ? & vousn’entreprenez pas de m’expliquer pourquoi je me plais à considérer un fleuve-qui coule dans une vallée ornée de prai-ries «maillées,A de coteaux ombragés...Je fais que tes plaisirs des hommes fontvariés & mixtes comme leurs pallions;je fais que les ouvrages de l’art me fontsouvent plus d’imprelsion que ceux de la,nature , parce qu’ils me donnent unehante idée de mes propres facultés, ou.de celles de mon efpece , & qu’ils m’of-Frent encore avec le plaisir de juger, decomparer , la satisfaction intérieure decounoître plus qu’un autre, de sentirmieux qu’un autre. Mais antérieurementà toutes ces impressions secondaires &subordonnées , j’avois , je parta.geoisavec mes semblables la première impres-sion que la beauté fait fur nés sens. L’ar-tiste admire dans un tableau l’ordonnancs& la distribution , Lentente & le passagedes couleurs ; il examine , ii apprécies.Biais à côté de lui est un ignorant qui dlfc-