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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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mestiqnes même qui ressembîoient an*héros dont leurs tableaux offroient l’ima-ge ; niais jamais Raphaël n’avoit vu detètes semblables à celles de la sainte fa-mille qui est à Versailles : c'est ridéeabstraite & générale d’une belle femme,d’un bel enfant qu’il conçut dans fa tète ,& qii’ii traduisit, pour ainsi dire, avec sapalette & son pinceau. Si l’on veut Joncatteindre au beau idéal , ce ne sont pasles choses qu’il Faut copier , mais lesidées des choies qu’il Faut exprimefr.

, Cette maxime renfermant tout le sys-tème de M. Mengs, il suffit de l’énoneerpour faire connoîtrc nue théorie que citacun pourra admettre ou rejítter à songré , o’est aux gens de Y >tt à juger sicette idée abstraite peut jamais être assezVive, aisez déterminée pour qu’il soitpossible au peintre de la transporter deson imagination sur la toile, & si danscette reproduction il u’entre pas toujoursune efpece de tâtonnement , une forted’instinct de la mai t ft du crayon qui faitle complément d u premier concept, àmesure qu’il se réalise. Un peintre célé-bré , je crois que c’est Carie Marattc , retouchuit fans cesse une tête qne tons sesamis trouvoie'nt parfaitement belle. Queldés-rut pouvez-vons donc encore y trou-ver , lui disoít - on ? Celui de ne pas res-sembler.— Et à quoi? —-A celle quiest-là, repliqua-t-i!, en mettant la ms‘nfur fou front. Ce trait parnít confirmerl’opinion de M. Mengs ; mais lorsqueCarie Maratte s’exprimoit ainsi , n’étoit-ee pas reniement une maniéré ingénieusede faire entendre à ses amis qu’il n’étoitpas encore parfaitement content de sonouvrage ? Enfin , je trouve dans ce systè-me je ne sais quoi de métaphysique quim’inspire quelqtie défiance.

Winkelman qu’une mort tragique atrop tôt enlevé aux beaux.arts & à M.Mengs s»n ami , le célébré Winkelmanqui n’étoit pas non plus ennemi de Ja mé-taphysique , me paroit descendre à unethéorie pins accessible dam ses Lettres fttrìes liçáux-A/ts. L’objet de o t ouvrageest de prouver qne l’étode de l’antiqueestZe plus sûr moyen de former & le goût &la main. S’il faut l’en croire, c’est leseul asyie qui reste à la véritable beauté',& c’est là feulement qu’on doit la cher-cher, Qne les anciens aient en de grandsavantages pour la connaître & pour l’ap-

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précier , e’est ce qu’il lui est aisé de dé-montrer. Sensibilité dans les organes in-térieurs, perfection dans tes formes ex-térieures , concours du climat, desmœurs, de la législation, tout fe tron-voit réuni chez les Grecs , mais tant desecours ne suffisoient pas encore pour lesélever jusqu’à cette beauté idéale , au des-sus de toute beauté sensible & existante.M. Winkelman pense donc que la néces-sité de représenter à des yeux crédules &prévenus les dieux & les héros de la fa-ble , forqa les artistes à étendre leursidées, & à rejette? tout ce qui auroit rap-pelle des objets vulgaires & familiers.Quand même un Apollon eut ressembléau chanteur le plus beau, an bergeriemieux fait & le plus aimable ; quandmême un Jupiter auroit égalé le monar-que le plus majestueux , le plus redou-table , l’artiste n’auroit encore fait quedes hommes & non pas des dieux. II fal-lut donc s’élever par la pensée & parl’abstraction : il fallut composer des figu-res qui n’eussent nu’une feule expression,qui ne présentassent qu’une idée grande,magnifique , tout - à-fait au-dessus, del’humaníté. Tout ce qui n’eut pas étémajesté dans la figure de Jupiter , beau-té dans celle de Vénus, grâce dans cellede Gâtée , auroit été contradictoire àl’objet dn peintre ou du statuaire. Ainsi ,de l’habitude d’abstraire & des effortscontinuels pour exprimer plutôt la pen-sée de l’artiste que íes Formes vulgaires& connues, fe forma chez les anciens cebeau idéal dont il nous ont transmis l’i-dée,&que nous n’aurions peut-être jamaistrouvé, si nous n’avions retrouvé leursouvrages. On sait que Raphaël , aprèsavoir appris la partie la pins élémentairede son art fous Pierre Perngin , aprèsavoir perfectionné son pinceau sous Léo-nard de Vinci , après avoir enhardi famain près deMichel-Ange, se livra toutentier à l’étmle des antiques, à quoi ilFut merveilleusement aidé, non-seule-ment par les fouilles qu’on fit alors tantdans les grottes de la ville Adrienne, quedans plusieurs autres endroits de l’Italie,tuais encore par ses richesses & son cré-dit qui le mirent eri état d’envoyer jus*qu’iUt fouit de la Grecs dessiner tout cequi avoit échappé aux ravages dit temps jaussi doit-o» considérer cet artiste admi-rable comme le restaurateur du genre