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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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traie. Que l’homme Tans imagination quinc cherchera dans les héros de l’antiquitéqu'une ressemblance exacte avec fes con- ■ttmporains & fes sociétés habituelles,qui ne regardera pas la poésie comme unlangage particulier, qui ne goûtera au-cun pla sir à voir un roi, un héros n’a-gir, ne parler que comme un roi, commeun héros ; qui ne sentira pas enfin l’iim-pression qu’il éprouve s’augmenter parí’abstraction de tout sentiment vulgaire ;que cet homme: dis-je, à qui t’admira-tion est interdite , n’cntende jamais niSémiramis, nt Iphigtnie; qu’il aille voirdes drames , ou plutôt qu’il Fréquentedes académies de jeu , ou le combat dutaureau. II en est de mèrrre pour la musi-que. Ceux qui veulent qu’un art tout ma-jgique , tout idéal , soit borné à limita-tion & à l’expreffion , ne sont pas dignesd’entendre les accens mélodieux dont lesBuranello, les Piccini, les Sachini ontrempli toute l’Europe, & qui vont jus-qu’à Archangel Fondre la glace du nord ;tandis qu’on les soumet ici à une critiquestérile & pédantesque , comme s'il étoitdéfendu à l’art d’avoir des richesses, &qu’il existât des plaisirs qui Fussent decontrebande. I,a passion a coutume deproFérer des paroles fans ordre & fansméthode ; la poésie les cotppte & les ar-range ; la musique les prolonge & les ré-pété : ôtez à ces deux dernieres leursprivilèges , vous n’aurez ni poésie nimusique, il ne vous restera que del’ef-prit, le meuble du monde le pins inu-tile, quand il est dépourvu d’imagina-tion & de sensibilité.

Mais ce n'est pas assez de faire voir queVidéo/ entre pour beaucoup dans les plusbeaux ouvrages de l’art, il faut aller plusloin , & prouver qu’il en Forme la partiela plus noble & la plus précieuse ; orponr y parvenir, il suffit de faire obser-ver que le genre idéal réunit trois avanta-ges particuliers , qui lui assurent la pré-éminence fur le genre imitntif ; i°. il ex-cite des sensations nouvelles ,• 2 0 . il ins-pire à l’homme une haute idée de ses pro-pres forces; 3 0 . il donne un grand essorà l’imagination.

11 excite des sensations nouvelles , puis-que la nature ne nous offre rien d’égal àce qui «rient frapper nos regards tout lemonde a vu des vaches pareilles à cellesUe Berghen j des chevaux semblables à

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eux de Womvermans : mais personnen’a vu d’objets semblables à ceux que ras-semble ce beau plafond du palais Ros-pígliofi , ou le soleil est représenté précé-dé par ffaurore, & accompagné des heu-res, qui forment une danse mystérieuseautour de son char. Qui a jamais vu douzebelles femmes dans un tourbillon de lu-mière ; un char s’élancer dans les airs en-flammés ; des chevaux respirant le feudont ils font environnés, &c. ? J’en di-rai autant du plafond , non moins agréa-ble , & peut-être plus piquant de h villeLudovisi , où le Guercin , digne émuledu Guide, à peint l’aurore avec tous fesattributs. Là, tout est imaginé, tout estidéal ; là , différens tableaux placés dansles angles, dans les voltes, concourentà un effet unique ; là , tout ce qui carac-térise le point du jour, vous place fi par-faitement au milieu de la scene , qu’àpeine êtes-vous entré, -que vous voussentez saisi par le froid du matin. Labeauté de la déesse est telle , qu’elle nepeut être que celle de l’aurore : c’est dela fraîcheur sans éclat: des grâces fansvivacité ; je ne fais quoi de vaporeux,d’eudormi dans toute la couleur, danstoute la composition ; on fe persuadequ’on est arraché des bras du sommeil, &l’on croît ne regarder ccs peinture,* en-chanteresses qu’avecdes yeux à demi-ou-verts. ... & cette femme qui représentel’étude , elle s’est enfin assoupie aprèsavoir veillé tout la nuit; fa lampe vientde s’éteindre , mais son livre est encoreouvert; le génie qui est à ses piésparoîtplongé dans un profond sommeil ; maison volt que ce bel enfant ne s’est pas cou-ché ; qu’il est tombé de lassitude, & qu’iln’a pas changé de place depuis ce mo-ment-là. Oh ! fi le beau idéal n’â pas decharme particulier qui trouble l’ame &lui inspire une forte d’ivresse , d’où m’estvenu ce mouvement involontaire qui meFaisoit sortir du lieu où j’étois pour allerexprimer mon enthousiasme & mon ad-miration à l’autcur de cet ouvrage divin ?Pourquoi, lorsque je me suis rappellequ’il étoit mort depuis deux cents ans,ai-je senti mes larmes couler, & suis-jerentré chez moi avec l’impreffion d’unemélancolie profonde ?

le genre idéal nous donne une grandeidée de nos propres forces. Oui sans doute ,puisque l’artíste s’est élevé au-deslus de