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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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pe : cVst mime d'après une cnnnoifTaneeparticulière du mérite de !a plupart denos professeurs , que nous avons droitd'attendrc d’elle des progrès plus distin-gués & plus rapides; de forte que, s’ilest vrai qu’elle soit restée dans une ef-pece de langueur & d’inertie , c’est bienmoins aux artistes qu’au goût généralqu’il faut en imputer la cause.

Avouons-le, tous les peuples du Nord,parmi lesquels je compterai les Angloís,les François, les Hollandois & les Alle-mands , font peu sensibles aux charmesdes beaux arts. S’ils cultivent la peintu-re , U sculpture, c’est plutôt par magni-ficence ou par désœuvrement que par uninstinct particulier. Or cette influencedu climat, quoique toujours la même,produit des effets fl différens les uns des•utres, qu’on ne pourroit, fans le se-cours de la réflexion, les attribuer à unemême cause.

Lorsque la nature du climat, celle dusol, des atimens , tendent à rendre lespeuples assez flegmatiques pour qu’itssoient trés-patiens , tous les arts qui exi-gent de Laddreffe , de la constance & del’affiduité , peuvent être portés à ungrand degré de perfection. C’est ainsi queìes Mieris, les Netcher, les Gérard Dow,ont excellé dans l’art de Limitation:c’est ainsi qu’en Angleterre les ouvragesd’acier , les instrumens de mathémati-ques , de musique , L c. font mieux faitsque par-tout ailleurs. Le climat est-il unpeu plus doux, l'air plus pur, les ali-inens plus forts, plus substantiels, ilarrive alors que les hommes, ayant desorganes plus mobiles que délicats, onttrop de vivacité pour les ouvrages de pa-tience , fans avoir encore assez de sensi-bilité pour les ouvrages d’imagination.Chez un pareil peuple on a plus d’espritque de talens ; pins de jugement qued’enthousiafme. II se trouvera, à la vé-tité , quelques hommes, quelques clas-ses d'hommes même , qui, formés parla connoissance de tous les modelés, &excité pus une émulation particulière ,«'élèveront au-dessus de leur nation , &obtiendront la palme du génie; mais cesdispositions feront particulières & indi-viduelles , & ne seront jamais répanduesdans le plus grand nombre, dans ce qu’onappelle le public. Maintenant approchezde i’équateur ; transportez-vous dam ces

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pays oiï le ciel est ton jours serein , L laterre toujours brûlante ; où le suc desvégétaux, où Linfluenee de Lathmosphe-re donnent une grande activité aux or-ganes , tandis que ('extrême chaleur sem-ble interdire le mouvement vous re-connoîtrez bientôt qu’une force centrale,une espece de réaction sur l’organe in-térieur, donne à presque tous les indi-vidus , & une imagination trés-vive pourproduire la pensée , & une force très-énergique pour la fixer & la méditer.C’est donc là que les grands concepts se-ront Fréquens; c’est-là que la sensibili-té fera répandue dans le peuple; c’est-làqu’il y aura de grandes vertus, si le gou-vernement est austere & guerrier ; &de grands talens, si le gouvernement estfastueux & paisible ; c’est-là qn’on ac-cordera une estime sentie aux Regulus& aux Raphaëls ,■ qu’on applaudira avectransport aux triomphes de Marcellus,ou aux opéra de Sachini. 11 semble quele midi présente à des yeux observa-teurs, Limage d’un feu qu’on n’est pasencore parvehu à éteindre ; L le nord,celle d’un feu qyi’on n’a pas encore ache-vé d’allumer. Or, file peuple Françoisn’est pas sensible aux vraies beautés dela peinture, comment peut - il espérerd’avoir de grands peintres ? Comparezles honneurs que l’Italie a rendus auxCimabué , aux Giotio , avec ceux qu’ontobtenus parmi nous les restaurateurs dela peinture. Eh! quels font les citoyensde Paris qui savent distinguer un origi-nal antiqued’avec les statues qu’ils voienttous les jours aux Tuilleries ? Si l’onexpose aux yeux du public les ouvra-ges qui sortent de l’académie , qu’en ré-sulte-t-il pour la peinture ? Du décou-ragement plutôt que de Lémulation. Lors-que vous vous mêlez à cette foule , donton peut bien dire : oculos babent & nonvidebunt , qu’entendez-vous louer on cri-tiquer ? L’expreffion , l’expreffion feu-lement. Qu’un peintre ait exécuté quel-ques-uns de ces sujets qu’on appelle icide grandes machines , & que sc confor-mant au goût public , il ait fait, au lieud’un tableau d’histoire , une scene dethéâtre ; avec quelle attention on exa-minera les attitudes , les gestes, les phy-sionomies , fans que personne s’avised’observer si la couleur est fraîche &vraie, íi le trait est pur & hardi, fi la