IDE
composition est grande & simple , si le,têtes ont de la noblesse & <le îa beauté,&c. A côté de cette larve se trouverapeut-être un sujet moins ambitieux, oùles formes seront belles & élégantes , oùla couleur paraîtra soignée, où l’effettotal sera doux & harmonieux; mais onne le regardera pas, ou fi l’on veut biens’y arrêter un moment, on se détourne-ra bientôt, en disant: c'c ft trop froid,trop droit , trop monotone ■ Je suis per-suadé que si on pouvoit assez rajeunir untableau deRaphaé! , ou du Dominicain,pour qu’il parut sortir de la palette , ilseroit méprisé de nos connaisseurs, Fonr-quoi ces gens d'esprit qui viennent ju-ger les arts, ont-ils quitté leur bureauou leur bibliothèque ? Pourquoi l’heuren'est elle pas encore venue de courir authéâtre applaudir à des meuve mens for-cés , des tons emphatiques, & des ex-preffions exagérées ? La place resteraitlibre, & ne seroit plus occupée que parun petit nombre d’amateurs, qui aprèss’être dispersés un moment, se réuni-raient bientôt pour parler entr’eux dessalles dit Vatican & de la galerie Farne-se... (Lue s’ilarrive des momens heureux,£ le même zele éclairé qui a sauvé desinjures du temps les cheFs d’œuvre de leSueur, veut encore qu’ils soient égalésde nos jours, qu’on se garde bien alorsde demander aux jeunes gens de grandescompositions , avant qu’ils aient bienétudié la nature & les antiques ; qu’cn serappelle combien d 'études les Michel-Ange , les Carrachcs , les Lanfrancs,ont dessinées, avant que d'entreprendrece qu’on appelle de grandes machines jqu’on se contente d’abord daine seulefigure , ou de deux ou trois au plus , oùl’on exigera l’exactitude du trait, la grâ-ce des contours, le choix des propor-tions, la beauté enfin , la beauté idéale,& qu’on éleve ainsi l’art par degrés juf-qu'atix plus sublimes entreprises; queles palais de nos rois soient ornés de cesgrandes compositions, mais qu’elles nesoient pas commandées ou confiées àtelles ou telles personnes ; qu'qlles soientlivrées au concours L jugées par la par-tie éclairée du public , avant d’être pla-cées dans ces asyles respeéìables, où ellesdoivent attester la honte ou la gloire dela nation. ( Cet article est de M. le Che-valier de ChateUux. )
IDE r y?
Idéal, Dodmaft., poids idéal ou fic-tif. Voyez Poids fictif.
IDÉE , f. f. Philos. log ., nous trou-vons en nous la faculté de recevoir desidées, d’appercevoir les choses, de se lesreprésenter. Vidée ou la perception estle sentiment qu’a l ame de l’état où ellese trouve.
Cet article, un des plus importansdela philosophie , pourroit comprendretoute cette science que nous connaissonsfous le nom de Logique. Les idées font lespremiers degrés Je nos connaissances,toutes nos facultés en dépendent. Nosjugemens, nos raiíonnemens, la métho-de que nous présente la logique , n’ontproprement pour objet que nos idées.II seroit aisé de s’étendre fur un sujetaussi vaste, mais il est plus à-propos icide fe resserrer dans de justes bornes ; Sten indiquant seulement ce qui est essen-tiel , renvoyer aux traités & aux livre*de logique, aux essais fur l'entendementhumain , aux recherches de la vérité, àtant d’ouvrages de philosophie qui se sontmultipliés de nos jours, & qui le trouvententre les mains de tout le monde.
Nous nous représentons, ou ce qui fepasse en nous-mémes, ou ce qui est horsde nous, soit qu’il soit présent ou absent}nous pouvons aulsi nous représenter no*perceptions elles-mêmes.
La perception d’un objetàl’oecafion del’impreffion qu’il a fait fur nos organes,fe nomme sensation.
Ce'le d’un objet absent qui se représen-te sous une image corporelle , porte lenom S imagination.
Et la perception d’une chose qni netombe pas fous les sens, ou mêm^d’unobjet sensible, quand on ue se le repré-sente pas fous une image corporelle , s'ap*pelle idée inteUeéluelìe.
Voilà les différentes perceptions quis’allient & fe combinent d’une infinité demaniérés; il n’est pas besoin de dire quenous prenons le mot d’idte ou de percep-tion dans le sens le plus étendu , commecomprenant & la sensation & Vidée pro-prement dite.
Réduisons à trois chefs ce que nousavons à dire fur les idées j i°. par rapportà leur origine, î°. par rapport aux objet*qu'elles représentent , 3 0 . par rapportà la maniéré dont elles représentent cesobjets.