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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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Sur cette exposition tîes idées univer-selles, qui ne font telles, qúe parceqn’clles ont moins de parties , friomsd’i-âées particulières, il semblé qu’elles de-vroient être d’autar.t plus à !a portée dénotre esprit. Cependant l’expirience faitvoir que plus lss idées font abstraites, &plus on a de peine à les saisir & à les re-tenir, à moins qu’on ne les fixe dans sonesprit par m nord particulier , & d.ms famémoire , par un emploi fréquent de cenom,* éeft qúe ces idées abstraites netombent ni fous les sens , ni fous l’ima-gination, qui font les deux facultés denotre ntne, dont nous aimons ie plus àfaire u faste. Que poitr produire ces idéesUniverselles oit abstraites, i! faut entrerdans le détail de toutes l.es qualités desêtres , observer & retenir celles qui fontcommunes ; & écarter celles qui font pro-pres à chaque individu : ce qui ne fe fritpas fans un travail d’esprit , pénible pourl'e commun des hommes, & qui devient jdifficile, fi l'on n'àppelle les sens & l’i-magination au secours de l’efprit enfixant 'ces idées par des noms: mais ,aìufi déterminées , elles deviennent lesplus familières & les plus communes.L'étude & l’usage des langues nous ap-prennent que presque tous les mots , quifont iles signes de nos idées , sont des ter-mes généraux, d’où l'on peut conclure ,qúe prefqtic toutes les idées des hommessent dés idées générales , & qu’il est beau-coup plus áif'é & plus commode de penser 'ainsi ’d’une maniéré universelle. Quijxuirrcit en effet imaginer & retenir desnoms propres pour tons les êtres que nouseonnoiflbns? A quoi âboutiroií cettemultitude de noms singuliers ? Nos con-naissances , il est vrai, font Fondées furles existences particulières, mais ellesne deviennent utiles que par des concep-tions générale? des choses, rangées pourcela fous certaines efpeces, & appeliéesd'un même nom

Ce que nous venons de dire fur lesidées universelles , peut s’étendre à tousles objets de nos perceptions , dont l’exis-tènee n'est qu’idéale : passons à la ma-niéré dont elles nous peignent ces ob-jets.

3°. A cet égard on distingue les idées,eii idées claires ou obfcûres , appliquantpar analogie à la vue de l'elprit', les mê-jnes termes dont on sc sert pour le sens

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de ta vue. C’est ainsi que noús disonsqu’uneidfp est claire, qnanri elle est telle,qu’elle suffit pour nous faire connoître céqú’elle représi nté, dès que l’objet vients’óffrii; à nous» Celle qui ne produit pasc. t effet, est obscure. Nous avons unéidée clairs de la couleur rouge , lorsque ,fans hésiter , nous la discernons de touteautre couleur ; mais bien des gens n’cntque des idée's Obscures des diverses nuan-ces de cette couleur, & les confondentles unes avec les autres, prenant, parexèniple, la couleur de cerise pour lícouleur de rôle. Celui là a uïie idée clairede ia vertu , qui fait distinguer sûrementune action vertueuse d’une qui ne l’estpas ; mais c’est en avoir une idée obs-cure , que de prendre des vices à lamode pour des vertus.

La clarté & ['obscurité des idées peu-vent avoir divers degrés -, suivant que cesidées portent aVcc elles plus ou moinsde marques propres à les discerner de tou-te autre. Vidée d’une même chose peutêtre plus claire chés les uns , moins clairechez les autres; obscure pour ceux-ci,très-obfcure à ceux-là ; de même ellespeuvent être obscures dans un temps,& devenir très-claircs dans un auTe.Ainsi une idée claire peut - être subdivi-sée en idée distincte & confuse. Distincte,quand nous pouvons détailler ce nue nousavons observé dans cette idée, indiquerles marques qui nous les font reconnoî-tre ; rendre compte des différences quidistinguent cette iilée d’autres à peu-prèssemblables ; mais on doit appeller uneidée ionfv.se, lorsqu’étmt claire, c’est-à-diré , distinguée de tonte autre , onn’est pas en état d’entrer dans le détail defes parties.

II en est encore ici comme du sens dela vue. î'out objet vu clairement ne l’estpas toujours distinctement. Quel objetfe présente avec plus de clarté que le so-leil & qui pourroít le voir distinctementà moins que ri’affoibiir son éclat? Desexemples diront mieux que les défini-tions. Vidée de la couleur rouge est uneidée claire , car l’on ne confondra jamaisle rouge avec une antre couleur; mais fil’on demande à quelqu’un , à quoi rionçil réconnoît la couleur rouge , il né sauraque répondre. Cette idée claire est doncconfuse pour lui , & je crois qu’on peutdire la même íh’ose dé toutes les phreep-