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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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que les qualités sensibles n’y font pas plusréellement qije la douleû'i'^dans une ai-guille, qu’il y 3 dans les corps quelquesqualités premieres, qui font les sourcesà les principes des qualités secondes , ousensibles, lesquelles n’ont rien de sem-blable avec celles-ci qui en dérivent, &que nous prêtons aux corps.

Faites que vos yeux 11e voient ni lu-mière m couleur ; que vos oreilles nesoient frappées d’aucun son, que votrenez ne sente aucune odeur; dès-lors tou-tes ces couleurs, cessons, & les odeurss’évanouiront & cesseront d’exister. Ellesrentreront dans les causes qui les ont pro-duites , & ne feront plus ce qu’elles fontréellement, une figure, un mouvement,une situation de partie : aussi un aveuglen’a-t-il aucune perception de la lumière,des couleurs.

Cette distinction bien établie pourraitnous mener à la question de l’essenee &des qualités essentielles des êtres : à fairevoir le neu d’exactitude des idées que nousnous formons des êtres extérieurs ; à ceque nous connoiffons de' substances, &á ce qui nous en restera toujours incon-nu , aux modes 011 aux maniérés d’être ,& à ce qui en fait le principe ; mais outreque cela nous meneroit trop loin , ontrouvera ces sujets traités dans les articlesrelatifs. Contentons-nous d’avoir indi-qué cette distinction fur la maniéré deeonnoître les dualités premieres , & lesqualités sensibles d’un objet, & passonsaux êtres uni n’ont qu’une existence idéa-le. Pour les faire eonnoître, nous choi-sissons, comme ayant un rapport distinctà nos perceptions , ceux que notre espritconsidère d’une maniéré générale , &

dont il se forme ce que l’on appelle idéesuniverselles.

8 j -me représente un être réel ,& queje pense en même temps à toutes les qua-lités qui lui font particulières alors /’idéeque je me fais de cet individu, est uneidée singuliers ; mais fi écartant toutesces idées particulières, jè m’arrête feu-lement à quelques qualités de cet être,qui soient communes à tous ceux de lameure efpeee , je forme par-là une idéeuniverselle, générale.

Nos premieres idées font visiblementsingulières. Je me fais d’abord une idéeparticulière de mon pere, de ma nour-rice ; j’observe ensuite d’autres êtres quiTem XVIII. Partie b

ressemblent à ce pere, à cette femme’par la forme, parle langage, par d’au-tres qualités Je remarque cette ressem-blance , j’y donne mon attention , je ladétourne des qualités par le r qoell s monpere, ma nourrice, font distingués deces êtres; ainsi je me forme une idée àlaquelle tous ces êtres participent égale-ment ; je juge ensuite par ce que j‘en-tends dire , que cette idée se trouve chezceux qui m’environnent, & qu’elle estd signée par le mot á'bommts. Je mefais donc une rdér générale , c’est-à-dire,j’écarte de plusieurs idées singulières, cequ’il va de particulier à chacune, & jene retiens que ce qu’il y a de commun àtoutes : c’est dont à VubfiruBînn que cesfortes d’fiiéej doivent leur naissance, fissAbstraction.

Nous avons raison de les ranger dansla classe des êtres de raison , ptiifqu’ellcsne font que des maniérés de penser, &que leurs objets qui font des êtres uni-versels, n’ont qu’une existence idéale,qui néanmoins a son Fondement dans lanature des. choses , ou dans la ressem-blance des individus; d’où i! fuit qu’etiobservant cette ressemblance des idéessingulières, on fe forme des idées géné-rales; qu’en retenant la ressemblance desidées générales, on vient à s’en formerde plus générales encore ; ainsi l’on cons-truit une sorte d’échelle on de pyramidequi monte par degré, depuis les indivi-dus jusqu’à Vidée de toutes, la plus gé-nérale, qui est celle de l’être.

Chaque degré de cette pyramide , àl’cxception du plus haut & du plu» bas,sont en même temps efpeee & genre;elpece , relativement an degré supérieur;genre, par rapporta l’inférieur. La res-semblance entre plusieurs personnagesde differentes nations , leur Fut donnerle nom d'hommes. Certains rapports en-tre les hommes Lies bêtes, ! e-. f it ran-ger fous une même classe. désignée sonsle nom d 'animaux. Les animaux ont plu-sieurs qualités communes avec les plan-tes , on íes renferme fous le nom A'Hre:vivans ; l’on peut aisément ajouter desdegres à cette échelle. Si on la borne là,elle présente l'être vivant, pour le genre,ayant sous les deux efpeces, les animaux& les plantes , qui, relativement à îlesdegrés inférieurs, deviennent» leur tourdes genres.