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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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tre les caractères précis dii génie propred’une langue, puisque ce génie ne conct lie que dans la réunion des vues qu’ils’est proposées , & des moyens qu’il aautorisés.

Pour discerner exactement l’espece d’é-cart qui détermine un idiotisme irre'gu-lier , il faut se rappeller ce que l'on adit vu mot Grammaire, qu-toutes lesréglés fondamentales de cette science feréduisent à deux chefs principaux, quifont la Lexicologie & la Syntaxe. LaLexicologie a pour objet tout ce quiconcerne la connoiflanre des mots con-sidérés en foi L hors de l’élocution : ainsidans chaque langue, le vocabulaire estcomme l’inventaire des sujets de son do-maine ; & son principal office est de bienfixer le sens propre de chacun des motsautorisés dans cet idiome. La Syntaxe apour objet tout ce qui concerne le con-cours des mots réunis dans ['ensemble del’élocution; & ses décisions lé rappor-tant dans toutes les langues à trois pointsgénéraux , qui font la concordance , lerégime L la construction.

Si Pillage particulier d’une langueautorise l’altération du sens propre dequelques mots, & la substitution d'unsens étranger, c’est alors une figure demots que l’on appelle trope. Voyez cemot.

Si P u sage autorise une locution contrai-re aux loix générales de la Syntaxe , c’estalors une figure qnel’on nommé ordinai-rement figure de cmislruBion , mais quej’aimerois mieux qm- l’on défignât par ladénomination plus générale de figure deSyntaxe , en réservant le nom de figure deconjlruElìon aux seules locutions qui s’é-cartentdes réglés de la construction pro-prement dite. Voyez Figure & Con-struction. Voilà deux efpeces d’écartque Pou peut observer dans les ïdiatismesirrégulìers.

i°. Lorsqu’un trope est tellement dansle génie d’une langue , qu’ii ne peut êtrerendu littéralement dans une autre, ouqu’y étant rendu littéralement il y expri-me un tout autre sens, c’est un idiotismede la langue originale qui I’a adopté j &cet idiotisme est irrégulier , parçe que lesens propre des mots y est abandonne' ; cequi est contraire à la premiere institutiondes mots. Ainsi le superstitieux euplité-

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tnisme , qui dans la langue latine adonnéle sens de sacrifier ail verbe masure, quoi-que ce mot signifie dans son étvmologieaugmenter davantage ( magis auctare; )cet euphémisme, dis-je, est tellementpropre an génie de cette langue, que latraduction littérale que l’on en tVoit dansune autre , ne pourróit jamais y faire naî-tre l’idée de sacrifice. Voyez EUPHÉ-MISME.

C’est pareillement un trope qui a intro-duit dans notre langue ces ìdiotifines déjaremarqués au mot Gallicisme, danslesquels on emploie les deux verbes venir& aSer , pour exprimer par l’un des pré-térits prochains & par Pautre des futursprochains ( voyez Tems ; ) comme ondit, je viens de lire , je venois de lire ,pour j’ai ou j'avois lu depuis peu de tems ;je vais lire , f allois lire , pour je dois , ouje devois lire dans peu de tems. Les deuxverbes auxiliaires venir & aller perdentalors leur signification originelle, & nemarquent plus le transport d’un lieu enun autre; ils ue fervent plus qu’à mar-quer la proximité de Pantériorité ou dela postériorité ; & nos phrases rendueslittéralement dans quelque autre langue,ou n’y fignifieroient rien, OII y fignifie-roient autre chose que parmi nous. C’estune catachrs-.se introduite par la nécessité(voyez Catachrese; & fondée néan-moins fur quelque analogie entre le senspropre & le sens figuré. Le verbe venir,par exemple ,• supposé une existence an-térieure dans le lien d’où l’on vient; &dans le moment qu’on en vient, il n’ya pas long - tems qu’on y étoit : voilàprécisément la raison du choix de ceverbe , pour servir à Pexpression desprétérits prochains. Pareillement le ver-be aller indique la postériorité d’existencedans le lieu où l’on va ; & dans le tempsqu’en y va, on est dans Pintention d’yêtre bientôt : voilà encore la justifica-tion de la préférence donnée à ce ver-be , pour désiìgner les futurs prochains.Mais il n’en demeure pas rnojns vraique ces verbes , devenus auxiliaires,perdent réellement leur signification pri-mitive & fondamentale, & qu'ils n’en re-tiennent que des idées accessoires & éloi-gnées.

2°. Ce que l’on vient de dire des tro-pes , est également vrai des figures de