I D I
jic présent le sujet tel qn’il paroít à ses- Jprit après le jugement & lorsqu’il n’y a jplus d’abstractio». L’Alîemand doit doncexprimer l’attribut avec les apparencesde l’inriépendance; & c’est te qu’il faitpar l’advcrbe qui n’a aucune terminaisondont la concordance puisse en désignerl’applicatìon a quelque sujet déterminé.Les autres langues doivent exprimer l’at-tribut avcc ies caraéìeres de i’applLa-tinn; ce qui est rempli par la concordan-ce de ['adjectif avec le sujet. Mais peut-être fau t-il fous ■ entendre alors le nomavant l’adjectif, & dire que hi viri suntdocli , c’eft la même chose que hi •virisunt viri AaBì ; St que egosum miser , c’estla même cho'e que ego sum homo miser:eu effet, la coucord mec de l’a.ljectifavccle nom & l’identité du sujet exprime parles deux especes , ne «'entendent claire-ment Si d’iuie maniéré satisfaisante , quedans le cas de l’apposipon ; & l’appositionne peut avoir lieu ici qu’ati moyen de1’ellipic. Je tirerois de tout ceci unecoiiclusinn surprenante : la phrase alle-mande est donc lin idiotisme régulier , &la phrase commune un idiotisme irrégu-- lie r.
Voici un latinisme régulier dont le dé-veloppement peut encore amener des vuesutiles nemb'cm reperire es id qui vêtit, IIV a là quatre mots qui ri’ont rien d’em-tarrassaut; qui vêtit id (qui veuille cela}est une proposition incidente détermina-tive de ['antécédent neminem ; neminem(ne personne) est le complément ou lerégime objectif grammatical du verbereperire ; -neminem qui velit id (ne trou-ver personne qui veuille cela; ) c’est uneconstruction exacte & régulière. Maisque faire du mot est.} il est à la troisièmepersonne du singulier ; quel én est lesujet ? comment pourra-t-on lier à cemot ['infinitif reperire avec ses dépen-dances? Consultons d'autres phrases plusclaires dont la solution puisse nous di-riger.
On trouve dans Horace (III. 0:î. r. )dulce Qf décorum est pro patria mort ; &encore (IV. Od. ia. ) dulce est Aejìpere inloco. Or la construction est facile : moripro patrià est dulce & décorum ; defipere ìnloco est dulce: les infinitifs mori & dejipe-rc y font traités comme des noms, & l'onpeut les considérer comme tels : j’en
I D I 173
trouve une preuve encore plus forte dansPerse, Sot. 1 . scìre tumn nihìl est; l’ad-jcstìf r uunt mis en concordance avec foi-re , désigne bien que scive est considérécomme nom. Voilà la difficulté levée <lansnotre premiere phrase: le verbe reperireest ce que l’on appelle communémentle nominatif du verbe est ; ou en ter-mes plhs justes , c'eu est le sujet gram-matical , qui i’eroit au nominatif, s’ilëtoit déclinable : reperire neminem, quivelit id, en est donc le sujet logique.Ainsi il faut construire , reperire nemì-nem , qui velit id , est; ce qui signifie lit-téralement , ne trouver personne qui leveuille , est ou existe ; ou en transportantla négation , trouver quelqu'un qui le veuil-le , n est pat ou n'existe pus ; ou enfin, enramenant la même pensée à notre maniéréde l’énoncer , on ne trouve personne qui leveuille ,
C’eft la même syntaxe & la même con-struction par-tout où l’on trouve un infi-nitif employé comme sujet du verbe sum ,lorsquece verbe a le sens adjectif, c’est-à-dire lorfqu’il n’eft pas simplement ver-be substantif, mais qu’íi renferme encorel’idée de ['existence réelle comme attri-but, & conséquemment qit’il est équiva-lent à existo. Ce n’est que dans ce cas qu’ily a latinisme ; car il n’y a rien de fi com-mun dan- le plupart des langues , que devoir ['infinitif sujet dII verbe substantif,quand on exprime ensuite un attribut dé-terminé: ainsi dit-oii en latin turpe estmentìri , & en franqois, mentir est unechose honteuse. Mais nous ne pouvons pasdire voir est pour on volt , voir étoit pouron voyoit , voir sera pour on verra, commeles Latins disent videre est , videre erat ,videre erit, L’infinitif considéré commenom , sert aussi à expliquer une espece delatinisme qu’il me semble qu’ou n’a pasencore entendu comme il faut, & à l’ex-plicatiori duqnel les rudimens ont substi-tué les difficultés ridicules & insolublesdu redoutable que retranché. Voyez In-finitif.
II. Pour ce qui regarde les idiotismesréguliers , il Faut , pour en pénétrer lefuis, discerner avec soin l’espece d’écartqui les détermine, & remonter, s’il estpossible, jusqu à la cause qui a occasion-né ou pu occasionner cet écart : c’est mêmele seul moyen qu’il y ait de reconnoî-