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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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la,paix : or les statues de tous ces dieux,dont !s dénombrement est très - long,n’étoient pas dans ia tente des généraux;ils regardoient les dieux comme pressensaux actions des hommes, comme témoins,comme juges , & ce n'étoit pas assuré-ment le simulacre qui constituoit ia di-vinité.

De quel œil voyoient-iis donc les sta-tues de leurs fausses divinités dans lestemples ? du même œil, s’il était per-mis de s’exprimer ainsi, que nous voyonsles images des vrais objets de notre vé-nération. L’erreur n'étoit pas d’adorerun morceau de bois ou de marbre, maisd’adorer nue faussa divinité rtfprélcntc*par ce bois & par ce marbre. La diffé-rence entre eux & nous n’est par, qu’ilseussent des images , & que nous n’enayons point; qu’ils ayent fait des priè-res devant das images, & que nous n’enfaisions point ; la difference est que leursimages figuraient das êtres fantastiquesdans une religion fausse, & que les nô-tres figurent des êtres réels dans u lie re-ligion véritable.

Quand le consul Pline adresse ses priè-res aux dieux immortels, dans l’exordedu panégyrique de Trajan , ce. n’eít.pasà des images qu’il les adresse ; ces ima-ges n’étoient pas immortelles.

Ni les derniers teins du paganisme,ni les plus reculés , n’offrent pas un seulfait qui puisse faire conclure qu'on ado-rât réellement une idole. Homere 11eparle que des dieux qui habitent le hautolympe : le palladium , quoique, t'mbédu ciel, n'étoit qu’un gage sacré de laprotection de Pallas ; e'étoit elle qu’onadoroit dans !e palladium.

Mais les Romanis & les Grecs ft meí-toient à genoux devant des statues , leurdonnoient des couronnes, de l’encens,.des fleurs, les promenoient en triomphedans les places publiques : nous avonssanctifié ces coutumes, & nous ne- som-mes point idolâtres.

Les femmes en teins de sécheresse por-taient les statues des faux dieux aprèsavoir jeûné. Eiles marc noient pies nuds,les cheveux épars , & auísi-tôt il pieuvolt à loeatix , comme dit ironiquementPétrone, & statim urceatim fíuekiit. Noosavons consacré cet usage illégitime ch.czles gentils, & légitime parmi nous. Danscombien de villes ne porte-t-ou pas trustsTom KVI 1 L. fart. /.

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piés les châsses des saints pour obtenirles bontés de l’JStre suprême parleur in-tercefiìon ?

Si un turc , un lettré chinois étui t té-moin de ces cérémonies, il pourroit parignorance nous acculer d’abord de met-tre notre confiance dans les simulacresque nous promenons ainsi en procession ;mais il fuifiro.it d’un mot pour le détrom-per.

On est surpris du nombre prodigieuxde déclamations débitées contre Vidolâ-t ie des Romains & des .Grecs ; & en-suite 011 est plus surpris encore quandon voit qu’en effet lis n’étcien.t pointidolâtres, que leur loi ne leur ordon-nent point du tout de rapporter leur cuiteà des simulacres.

11 y avoit des temples plus privilé-giés que les autres; la grande Dianed’Ephefe avoit plus rie réputation qu’uneDiane de village, que dans un autre deses temples. La statue de Jupiter Olym-pien attiroît plus iRcffrendès que cellede Jupiter Paplilagonien. Mais puiiqu’ilfaut toujour opposer ici les coutumesd’une religion vraie* à celles d’une reli-gion fausse , n’avons-notis pas eu dansplusieurs siécles , plus de dévotion àcertains autels qu’a d’autres ? Ne feroit-il pas ridicule de -a,sir ce prétexte pournous accuser á'idolàtrie.

On n’avoit imaginé qu’une seule Diane,un seul Apollon, & un seul Esculape,;non pas autant d’Apo'-lons , dc. Dianes,& d’Efçuiaues , qu’ils. avoient de temples& de statues; il est .dolic prouvé aucantqu’un point (('histoire peut l’être , queles anciens ne croyaient pas qu’unestatue fût une divinité , q né lé coitene pouvait être. rapporté à cette statu-,à cette idole, & que par conséquent.ieSanciens n'étoient point idolâtres.

Une populace gjpjîiere & superstitieusequi ne raisonnent point, qui ne (avoitni douter, .ni nier, tri croire, qui cou-voit aux temples .par oisiveté , & parc?que les .petits y font- égaux aux grands;q(ii portoit fon offrande par coutume,qpi parloir continuellement de miraclesfrits en avoir examiné aucun , & qu|n’étoit guere ail - dessus des victimesqu'.-lie ameno.it ; -pette.,populace, dis-je,pouyoit bien à la vue ,de la grande Dia-ne, & de Jupiter tonnant, être Frappé?