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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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d’mie horreur religieuse &)adorer sansle (avoir la statue même. C’est ce quiest arrivé quelquefois dans nos templesà nos paysans grossiers ; St on n 'a pasmarqué lie les instruire que c’est auxbienheureux, atix immortels requs ihnsle ciel , qu’ils doivent demander leur ,intercession , & non à des figures debois & de pierre , & qu’i'lî ne doiventadorer nue Dieu seul.

Les Gfec- & les Romains augmente-ïeut ìe nombre de leurs dieux par desapothéoses ; les Grecs divinisoient lesconquérans Comme Bacchus, Hercule,Perlée. Rome dressa des autels à ses em-pereurs. Nos apothéoses font d’un genrebien plus sublime ; nous n’avons égardni au rang , ni aux conquêtes. Noirsavons élevé des temples à des hommessimplement vertueux qui seroient la plu-part ignorés fur la terre , s’iis n’eíoientplacés dans le ciel» Les apothéoses desanciens font faites par la flatterie ; lesnôtres par le respect pour la vertu. Maisces anciennes apothéoses sniitcneore unepreuve convaincante que les Grecs &les Romains n'étoient point idolâtres. IIest clair qu’ils n’admettoient pas plusune vertu divine dans la statue d’Au-guste & de Claudius , que dans leursmédaillés. Cicéron dans ses ouvrages phi-losophiques ne laisse pas soupçonner feu-lement qu’on puilí’e se méprendre auxstatues des dieux , St les confondre avecles dieux mêmes.. Ses interlocuteurs fou-droient la religion établie ; mais aucund’eux n’imagine d’accuser les Romainsde prendre du marbre & de l’airain pourdes divinités.

Lucrèce ne reproche cette sottise àpersonne, lui qui reproche tout aux su-perstitieux; donc encore une fois , cetteopinion n’existoit pas , & ferrent dupolithéifme n’étoit pas erreur A'idolùtrie.

Hiíéace Fait parler utieftatue dePriape :il lui fait dire j'étoìs autrefois un tronc de-figuier ; un chars entier ne fichant s'il feroìtde moi un dieu ou un'banc , fe déterminatnfin à me faire dieu , &c. Que conclurede cette plaisanterie ? Priape étoit de cespetites divinités subalternexfahandonnéesaux railleurs; & certe plaisanterie mêmeest la preuve la plus forte que cette figurede Priape qu’on mettoit d‘ans les potagerspour effrayer les oiseaux, n’étoit pas fortrévérée.

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Daciet en digne commentateur , n’apas manqué d’obferVer que B-rue avoitprédit cette aventure , en disant, ils neferont Cilié ce que ‘voudront les ouvriers ,mais il pouvoît observer aussi qu’on enpeut dire autant de toutes les statues ; on, peut d’un bloc de marbre tirer tout auffi-[ bien une cuvette, qu’une figure d’Alexan-dre ou de Jupiter, ou de quelque chose deplus respectable. La matière dontétoientformés les chérubins du saint des saints ,auroit pu f rvir également aux fonctionsks plus viles. Un tronc, un autel en font-ils moins révérés, parce que l’ouvrierenpouvoit faire une table de cuisine?

Dacier au lieu de conclure que les Ro-mains adoroient la statue de Priape, &que Baruc i’avoit prédit, devait conclureqúe les Romains s’en moquaient. Consul-tez tous les auteurs qui parlent des statuesde leurs dieux, vous nVn trouverez aucunqui parle d'idolâtrie i ifs disent expressé-ment le contraire > vous voyez dansMartial.

Qiiìfinxìt fucrosauro vel marmore vultus ,Non facit iile deos.

Bans Ovide. Colìtur pro Jovt forma Jo-vis.

Dans Stace. Nitlla autem effigies nullicoinmifa métallo.

Forma dei montes hahitarctic numïna gatldet.

DansLucain. Ffl-ne Dei r.iji terra &pontns , eéf aer ?

On feroit un volume de tons les passa-ges qui déposent que des images n’étoientque des images.

II n’y a que le cas où les statues ren-doient des oracles, qui ait pu faire penserque ces statues avaient eu elles quelquechose <îe divin > mais certainement l’opi-nion régnante étoit que les dieux avoientchoisi certains auteis,certains simulacres,pour y venir résider quelquefois, pour ydonner audience aux hommes , pour leurrépondre. On ne voit dans Homere, &dans les chœurs des tragédies grecques ,que des prières à Apollon , qui rend sesoracles fur les montagnes. en tel temple,en telle ville ; il n’y a pas dans toute l’an-tiquité la moindre trace d’une priereadressée à une statue.

Ceux qui professai en t la magie, qui lacrovoient une science , ou qui feignaientde le croire , prétendoient avoir le secretde faire descendre les dieux dans les sta-