Band 
Tome dix-huitieme. I - JOM.
Seite
181
JPEG-Download
 

I D O

iiales de son pere Laban ; on ne peutremonter pins haut.

Mais quelle notion précise avoient lesanciennes nations de tous ces simulacres?Quelle vertu , quelle puissance leur at-tribuoit-on? Croira-t-on que les dieuxdefcendoient du ciel pour venir se c .cherdans ces statues ; ou qn’ils leur commu-niquaient une partie de l'esprit divin? ouqu' il s ne leur communiquoient rien dutout ? C’est encore sur quoi on a très-jnutilement écrit; il est clair que chaquehomme en jugeoit selon le degré de saraison, ou de sa crédulité, ou de son Fa-natisme. II est évident que les prêtresattachaient le plus de divinité qu’ilspouvoient à leurs statues, pour s’attirerplus d’offrandes ; on fait que les Philoso-phes détestoieut ces superstitions ; queles guerriers s'en moquoient ; que lesmagistrats les toléraient, & que le peu-ple toujours absurde ne savoit ce qu’ilfaisoit : c’est en peu de mots l’histoire detoutes les nations à qui Dieu ne s'est pasfait connoître.

On peut ie Faire la même idée du culteque toute l’Egypte rendit à un bœuf, &que plusieurs villes rendirent à un chien,à un singe, à un chat, à des oignons. IIy a grande apparence que ce furent d’a-bord des emblèmes: ensuite un certainboeuf Apis, un certain chien nomméAnubis, furent adorés. On mangea tou-jours du bœuf & des oignons; mais il estdifficile de savoir ce que pent’oient lesVieilles Femmes d’Egypte, des oignonssacrés & des boeufs.

Les idoles parloient assez souvent: onfaisoit commémoration à Rome le jourde la fête de Cybele, des belles parolesque la statue avoir prononcées ioriqu’onen fit la translation dil palais du roiAttale:

Jpfu peti volui , ne Jît morts , mitte vo-loittm ,

Dignus Routa locus quo drus omnis cot.

“ J'ai voulu qu’on m’ènlevst, trame-nez-moi vite; Rome est digne que touts’y établisse. „

La statue de la fortune avoit parlé ; les§cipions, les Cicérons , les Césars à lavérité n’en eroy oient rien ; mais la vieille* qui Eucolpe donna un écu pour acheterdes oies & des dieux , pouvoit fort bienle croire.

I D O I8i

Les Môles rendoient aussi des oracles,

& les prêtres cachés dans le creux desstatues parloient au nom de la divinité.

Comment, au milieu de tant de dieux,

& de tant de théogonies différentes & decultes particuliers, n’y eút-il jamais deguerre de religion chez les peuples nom-més idolâtres} Cette paix fut un bien quinaquit d’un mal de l'erreur même: carchaque nation reconaoissant plusieursdieux inférieurs, trouvoit bon que lèsvoisins eussent aussi les leurs. Si vousexceptez Cambife , à qui on reproched'avoir tué ie bœuF Apis, on ne volt dansl’histoiVe profane aucun conquérant quiait maltraité les dieux d’un peuple vaincu.Les gentils n’avoient aucune religion ex-clusive ; & les prêtres ne songèrent qu’àmultiplier les offrandes & les sacrifices.

Les premières offrandes surent desfruits ; bientôt après il fallut des ani-maux pour la table des prêtres; ils leségorgeoient eux-mèmes ; ils devinrentboucliers & cruels : enfin, ils introdui-sirent l’u sage horrible de íacrífier des vic-times humaines, & íur-tout des enfatis& des jeunes filles. Jamais les Chinois,ni les Perles, ni les Indiens, ne furentcoupables de ces abominations; mais àHéliopolis en Egypte , au rapport dePorphire, on immola des hommes. Dansla Tauride ou facrih'oit les étrangers :heureusement les prêtres de la Tauridene dévoient pas avoir beaucoup de prati-ques. Les premiers Grecs , lesCipriots,les Phéniciens, les Tyrìens, les Car-thaginois, eurent cette superstition abo-minable. Les Romains etix-mêmes tom-beient dans ce crime ds religion ; &

Flutarque rapporte qu’ils immolèrentdeux Grecs & deux Gaulois, pour ex-pier les galanteries de trois vestales. Pro-cope, contemporain du roi des FrancsThéodebert, dit que les Francs immolè-rent des hommes quand ils entrerent enItalie avec ce prince : les Gaulois, lesGermains, faiíoient communément deces affreux sacrifices.

On ne peut guere lire l’histoire, fansconcevoir da Phovreur pour le genre hu-- main. I! est vrai que chez les Juifs Jephtêsacrifia fa fille , & qu’Abraham fut prêtd’immoler son fils. II est vrai que ceuxqui ctoient voués an Seigneur par anathè-me, ne pouvoient être rachetés, ainsiqu’on rachetois les bêtes, & qu’il Failoit

M 3