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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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les fuites prouvèrent la sagesse & ìagrande utilité de cette précaution. Librettes (oins qui l’avoientoccupé jusqu’alors,Jean le dilposa à passer en Sicile , oùles troubles s’étoient accrus, & où fortfrere , son neveu & fa niece étoient assié-gé- dan ; Catane par les mécontens : maisles fom-Mui manquant, il eut été obligéde différer encore cette expédition, si donBern-’rd Je Cabrera , engageant géné-reusement ses biens, n’eût fourni à tou-te- les dépense, & hâté les secours aveclesqu. Isle roi L la reine de Sicile Rirentdélivres du danger qui les menaçciï.Tan-jours fondé fur ses prétentions, le comtéd’Armagnac ne csiïbit point.ses hostilités& faifoit les pHis vives incursions.en Cn.talogoe. La Sard igné agitée demandaitdu (ccours î la Sicile étoit toujours ex-J>-’f-’e áux Fureurs de la guerre ; h reineViolante gouvernòit fous le nom de sonépoux, ft celui-ci plus empresse de jouirdes plaisirs qu’il pouvoir prendre qu’am-b'fieux de régner, écoutait îeS remon-trances des états , St leur rcpnndoit dela maniéré la plus honnête ft la plus sa-tisfaisante ; estimoit,'prntégeo’t, a va nçoir reux qui Un parloie^t avec le plusde fon.e ft de vérité des devoirs & desfonctions de la royauté ; ne vouloir mé-contenter personne , mais aussi ne vôttloitse priver d’ancun de ses plaisirs: celuiqui avoir pour lui lé plus'd’attraits , c toi tla chaff , ft il lui Fut fatal ; un jour qu’il*’y livioit avec ardeur, il tomba de che-val, ft- la duite fut si cruelle,' qu’il enmourut le 19 niai 139; , dans la neuviè-me année de son régné ft la quarante-cinqitieme de sou âge. Les éditeurs duDìílionnairt de Moreri , toujours profon-dément instruits,& toujours fort promptsâ juger, disent, sur ta foi d’un historienIm-hoff, que personne ne consulte, &d’un autre historien , Zurita , q ne per-sonne ne croit, que la foibleffe 'fa JeanI le rendit méprisable à ses sujets, ft queles premieres années de son régné furentremplies de séditions ft de troubles. Cesdeux assertions font deux erreurs : i! n’estpas vrai que les premieres années du ré-gné de ce Prince aient été troublées paraucune sédition, par aucun soulèvement;& Jean , si l’on en excepte léS'adhérens &les complices de la r»ine Sybille , n’eut nirebelles à poursuivre, ni traîtres â punir.II est plus faux encore que Jean /se soit

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fendu méprisable à ses sujets : ils l’ainiè-rent, le chérirent, & fermer-nt les veuxfur son extrême confiance pour Violanteson épouse. Quand on veut juger les roisd’E r pagne, je pense que ce n’est ni d’aprèsIm-lioff,ni d’après Zurita qtr’iI faut se dé-cider ; je ne voudrois pas même toujoursprononcer d’après Mariana. (L. C.)

Jean 11 , roi d’Aragnn , Histoired'Espagne. Supposez à un roi les vertusles plus-éminentes , les pins brillantesqualités, tout les tstlens ifelsifprir, l’ameia plu,s belle, le cœur le pins magnanime;fnpposez-le équitable, courageux, libé-rai , magnifique , plein de valeur dansles combats, doux, bienfaisant, aima-ble dans la sscîété. Avec toutes ces gran-des & rares qualités , ne lui supposezqu’un défaut , nne foiblesse , un pen-chant irrésistible ponr les femmes , &trop d.’áttâchement à celles pour lesquel-les il s’est u.ie fois déclaré ; dès lors ceroi, modelé de toiites les perfections hu-maines , court grand risque de ne plusêtre qu’un griuce malheureux , íi mémeil est possible qu’il ne devienne pas unmédiocre ou .- échant roi, injuste , effé-miné , avare, dur , sombre & inacceffi-h!e. Aïoli le plus petit nuage peut obs-curcir !e soleil le plus radieux. En effet,il est bi 11 difficile qn’lln roi, quelqu’é-clairé qu’il soit , ait la force de résisterou derejetter perpétuellement les con-seils Jnprudens ou intéressés d’une maî-tresse qui l’enehaîno , qui régné fur sessens ft son ame avec plus d’empire qu’ilne rogne lui-même fur ses peuples. II meparoît-bien mal-aisé de se défendre per-pétuellement, & toujours avec succès,des inspirations d’une maîtresse idolâtrée.Ils font donnés avec tant d’art ces dan-ger&ùx conseils ; ils font donnés & ré-pétés dans des momens si doux , si en-chanteurs ; l’amante qui les donne pa-roît si désintéressée, animée de tant debonne foi , inspirée elle-méme par de fibous.motifs, qu’on croiroit se manquerà fbi-même , que de ne pas les suivre ; &s’íls font écoutés & suivis , que devientce foi, sagê, courageux, biens sis,mt.,libéral, juste, doux ? Que deviendral’état lui-mêmé ? A quelle cause le sou-verain trop crédule & trou confiant attri-buera-t-il les revers qtr’ii-éprouvera ? Età quelle antre cause qu’à son aveuglecomplaisance póíir la reine Ieanne , &