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bourreau ; il étoît fort doux au contrai-re , il aimnit Cabrera, & il fut force-ment obligé de prononcer , sons la dic-tée de son pere , une sentence qn’il eutété très - dangereux pour lui de refuserde prononcer : don Pedre ne l'auroit pasplus épargné que Cabrera. Quelque te m saprès il se maria avec dona Marthe,saur dit comte d’Armagnac, & le roi sonpere, vens depuis quelques années,épousa dona Sybille de Fortia. Le carac-tère altier, ambitieux & tracaffierdelareine Sybille, causa beaucoup de cha-grins au duc de Gironne qu'elle haïssoit,il’elle cherchoit à rendre odieux à donedre , & avec lequel elle ne garda plusde ménagemens , lorsque étant devenuveuf, il refusa d’épouser la reine de Si-cile , cousine de Sybille , qui avoit pro-posé ce mariage. La reine Sybille éclata,se déchaîna violemment contre le duc deGironne , qui eut enfin la douleur devoir le roi don Pedre partager la hainede sa femme , & s’unir avee elle contrelui 5 ces démêlés durerent pendant troisannées, & Jean eut à supporter la persé-cution la plus dure & la plus amere , jus-■qu’à la fin du régné de don Pedre sonpere qui mourut le ; janvier IZ87- Dèsla veille , la reine Sybille , coupable detantd’excès envers le nouveau souverain,avoit pris la fuite , & s’étoìt réfugiée, dans le château de Fortia, chez son srere:elle y fut affiégée , forcée de se rendre &conduite au roi Jean I , qui la traita avecune rigueur qui ue lui étoît pas naturelle,mais que Sybille n’avoit qlie trop mer!tée. A la sollicitation du pape, la vie luifut conservée ; mais elle fut dépouilléede tous les domaines & de tous les reve-nus qn’elle tenoit de don Pedre, & que]e roi Jean 1 donna fur le champ à donaViolante son épouse , à laquelle il avoitété marié quelque temps avant la mortde don Pedre. L’Aragon étoit tranquille,& le nouveau souverain prit les mesuresles plus sages pour maintenir le calme &prévenir tout ce qui eût pu le troubler,soit au-dehors , soit au-dedans. LeducdeLancaltre lui envoya l’arclievéqne deBordeaux, pour réclamer quelques paie-mens auxqliels l’Aragon étoit obligé , envertu d’un traité fait avec l’Angleterrefous le régné précédent : mais l’archcvê-<jue de Bordeaux se plaignit avec tant deblutent & parla avet tant d’insolence,
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que , malgré toute sa douceur , Jean îne pouvant retenir son indignation , fitarrêter Paudacieux prélat. Le duc deLa.ncnstre fut tres-irrité de cet emprison-nement , qu’il regardoit d’abord commetm attentat; mare informé de la licencedei’archevéque; il se radoucit, & cetteaffaire u'eut aucune fuite. Par les con-seils de son épouse, Jean 1 se rangea sousl’obédience de Clément VII qui residoit àAvignon , & lui lì 1 faite rhum mage pourla Sardaigne , où don Simon Perez J’Aze-nos gouvernait avec beaucoup de sagesseen qualité de vice-roi. Jean n’avoit qu’imseul objet d'ambition , & cet obj-t étoitde plaire à la reine Violante son épousequi, aimant beaucoup set plaisirs & sur-tout la musique & la poésie, engagea sonépoux à faire venir d.s maîtres en cogenre, &.à en établir une école. Cetteinlfitution déplut beaucoup à la noblesse,Si les seigneurs qui ne connoiss ient d’a li-tre plaisir que celui de combattre & demaltraiter leurs vassaux , se pi ignirenthautement. Les prélats hypocrites,igno-rans & désapprobateurs , pensèrent &agirent comme la noblesse ; en sorte quepoui satisfaire ies mécontens, Jean & lareine son épouse renoncèrent à ces amit-semens, & renvoyèrent les musiciens &ies poètes qu’iis avoient attirés dans Pé-tât. On applaudit beaucoup à ce sacri-fice, & la tranquillité du régné de ce bonprince ue fut troublée que par le comted’Armagnac qui , prétendant avoir desdroits fur le royaume de Majorque, y fitune irruption , & ne fut point heureux.I.e srere dn roi , le duc de Munt-blanc , dont le fils don Martin d’El-serica avoit épousé dona Marie , reinede Sicile, fit une expédition aulïi glo-rieuse qn’heureuse en Sicile ', L tonsceux qui avoient pris Ies armes contrel’Aragon furent punis sévèrement. Denouveaux troubles s’éleverent en Sici-le , & Jean résolut d’y passer ; mais lesMaures menaqant de faire Une irruptiondans le royaume de Valence, il ne putexécuter ce projet, & il sc contenta d'yenvoyer des troupes. Quelque temps aprèsle départ de ce secours , Jean maria lesdeux filles, les infantes dona Yolande &dona Jeanne , la première au duc d'An-jou , la seconde á Matthieu , comte deFoix. II eut soin tuiffi dc fixer Ies limitesqui séparaient P Aragon de la Navarre, &