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«btenif ce qu’ils demandoient. Irrité parla résistance, le roi arma de ion côté ,& la guerre civile alloit bouleverser Pé-tât , lorsque la reine, après avoir pris lesplus criminelles précautions, changeantde ton parut s’intéresser au prince deViane, conjura son époux de le mettre Jen liberté, & même de le déclarer son suc-cesseur. JeanIJ n'tût point bai son fils,s’il n’eùt point eu la Foiblesse d’épouser lespassions de la reine. 11 rcíidit la liberté àson fils, qui mourut comme Jeanne sa-voir prévu, peu de jours après son élar-gissement à Barcelone , aprés avoir ins-titué par son testament dona Blanche , sasœur, héritière du royaume de Navarre ;testament qui fut aussi fatal à Blanche ,queles prétentions de don Carlos avoientété funestes à lui-même , & qui exposadona Blanche à la haine &aux noirceursde la reine d’Aragon. En effet, le princede Viane eut â peine les yeux fermés,que son impatiente marâtre engagea lesétats de Catalogne à reconnoitre son filsdon Ferdinand polir légitime succes-seur de Jean II, & à lui prêter ferment.Les peuples n’eurent point la facilité desétats. Ils se soulevèrent , & la révoltedévint générale par les tracasseries deJeanne, qui irrita contt'elle la noblesse,en protégeant les vassaux contre les sei-gneurs. La révolte devint si violente,& la haine que l’on avoit pour Jeanneétoit si forte, que cette reine craignantpour fa vie, prit la fuite , & elles’en- ;ferma avec don Ferdinand son fils à 6i-ronne, où bientôt les mécontens allè-gent ('assiéger. Jean II, secouru par laFrance , fit lever ce siégé , & délivra sonépouse , qui, peu satisfaite de la mortde don Carlos, avoit agi aveetant d’aitL de succès contre 1a sœur & shéritierede ce prince, dona Blanche, que le roid’Aragon, effrayé des complots dont fafille étoit accusée , l’avoit fait arrêter,& la faisant conduire au-delà des Pyré-nées , l’avoit livrée au comte & à la com-tesse de Foix, ses deux plus cruels enne-mis. Accablée des maux que ses persé-cuteurs lui faisoient souffrir , Blancheécrivit au roi de Castille , implora sa pro-tection , & lui offrit, s’ilvouloit la dé-livrer de son affreuse prison , de lui cé-der ses droits fur le royaume de Navarre.Jeanne, informée de cette offre , s'ex-«ita à de nouvelles attrocités. Elle fit
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transférer dona Blanche au château deBéarn , où après deux années de tour-mens, cette infortunée princesse mou-rut de poison. Jeun II, qui ne se dou-toit point de ces horreurs , & qui regar-doit fa criminelle épouse comme la plusdouce & la plus vertueuse des femmes,ne concevoir pas les motifs de ia hainedes Catalans , de leur soulèvement, durefus qu’ils Faisoient de se soumettre, dela guerre qu’ils souteuoient pour se ren-dre indépendans : ce n’étoit cependantpoint à l’índépendance qu’ils aspiroient;mais déterminés à ne jamais rentrer fousle joug de la cruelle Jeanne, ils offrirentleur principauté au roi de Castille, qu’ilsproclamèrent à Barcelone; & qui, deconcert avec le roi d’Aragon , s’en étantrapporté à la décision du roi de France,Je' déstfta de ses droits à cette principauté,d’après l’arrét duroi rie France, qui pro-nonça que celui de Castille renonceroit àcette souveraineté. Alors les Catalansappellerent don Pedre, infant de Portu-gal, & la guerre se ranima plus vive-ment que jamais. Don Pedre mourut,institua don Juan héritiet de la princi-pauté de Catalogne , & les troubles con-tinuèrent avec la plus grande violence,Jean II fit les plus grands efforts poursoumettre les habitans de cette souverai-neté, & il y fut merveilleusement se-condé p*r son épouse , qui, s’étant em-barquée avec ses troupes, alla assiégerRose?., & commanda l’armée avec toutel’iiffelligence & toute l’autorité d'im gé-néral accoutumé au tumulte des armes,exercé dès l’enfance dans l’art meurtrierdes combats. Epuisée cependant de fa-tigues, elle alla se reposera Tarragon ,où , après une longue maladie, elle mou-rut , à la grande satisfaction des peuples.On assure que dévorée de remords pen-dant la maladie , elle répétoitsans cesse :Ab ! mon fils Ferdinand , que tu coûtescher à ta mere / Et en effet, l’ambitionde placer son fils fur le trône, lui avoitcoûté bien des crimes. Quelques histo-riens assurent que dans les premiers joursde fa maladie, ayant avoué qu’elle avoiteu part à la mort du prince de Viane ,Jean II , saisi d’horreur , & connoissantalors toutes les injustices qu’il avoit fai-tes par ses conseils & ses délations l"ab-horra & ne voulut plus la voir. II recon-nut .bientôt qus c’étoit. elle que J es . peu