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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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pies détestoient; car fa mort mît fin àtons les troubles, à tous les mécon'en-temens qui jusqu’alors avoient agité fanrégné. Mais elle ne mit pas fin à toutesles fautes dû roi qui fe livra dans la fuiteauffi aveuglément à l’arnour de ses maî-tresses, qu’il s’éfcoit laissé dominer parla reine. Les Catalans persiflèrent dansleur révolte ; & ce ne fut qu’après avoirperdu Gironne & presque toutes leurstroupes , qui furent massacrées dans unebataille, cil l’arméearagonoiso remportaune éclatante victoire que la Catalogneentiere fe soumit, à f exception de Barce-lone , qui assiégée partner & par terre,& réduite anx dernieres extrémités, re-fusait encore de fe rendre. Jean II, pé-nétré lui-mêine de Ja situation des habi-tans de cette ville , leur écrivit une lettreremplie de douceur , de tendresse , & parlaaueiie il leur offroit non * feulementd’oublier le passé, mais de confirmestous leurs droits, leurs privilèges , & deconserver à chacun des citoyens fe s biens& fes dignités. Désarmés par tain depreuves de bonté, les Barcelonais fe ren-dirent pat capitulation ; & le roi d’Ara-gon , pour étouffer toute étincelle de mé-contentement, voulut bien consentir ,ì re-connaître qu’ils avoient eu de luîtes rai-sons de prendre les armes , & à pardon-ner à tous les habitans : il fit son entréedans la ville , & dès le lendemain il con-firma leurs privilèges, ainsi qu’il l’avoitpromis. Pendant que les Barcelonoischerchoient à fe soustraire à la couronned’Aragon, les habitans de Perpignan &d’Elne tentaient de s’affranchir de la do-mination françoife , pour fe remettrefous l’ohéissauce d u roi d’Aragon ; & danscette vue, ils massacrèrent la garnisonfrançoife, Louis XI assembla une puis-sante armée pour châtier sévèrement lesauteurs de ce massacre. Jean II fe rendità Perpignan, 1 fit rétablir lgs anciennesfortifications, & en fit faire de nouvelles. Les préparatifs de la France & lacrainte de la vengeance de Louis XI,consternèrent les habitans de Perpignan ,que la présence Ae leur nouveau souve-rain hé pouvoìt rassurer. Jean IT lesassembla dans l’église cathédrale, & leurdit que connoissmt comme eux le princeqn’ils avoient offensé, ilsn’avoient d’an-tre moyen d’éviter fa colere , que celuid’opposer à ses forces I? plus vigoureuse

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défense ; que quant à lui, il leur pro»mettoit & jutoit de ne point les aban-donner pendant la durée dn siégé: ce fieg?ne tarda point à être formé. Perpignanfut investi par l’armée franqoise, fousles ordres de Philippe, comte de Bresse,Les Catalans, soumis depuis si peu datemps au roi d’Aragon, parut mr les plusempressés à secourir leur souverain ? ilsprirent les armes , prierent don Ferdi-nand de venir fe mettre à leur tète , Kfe mirent en campagne au nombre dsvingt-cinq mille. L’armée des affiégeansétoit de quarante mise hommes ; ruai?Jean //défendit Perpignan avec tant dfvaleur, & il fut si bien secondé , qu’o,bligés de lever le siégé, les Fiauqoisétoieat déja très-assoiblis , lorsque dutjFerdinand, suivi de Farinée catalane,passa les Pyrénées, & marcha au secoursde fou pere. Le siégé étoit levé alors,SìlesFranqois fe retiraient; don Ferdi-nand ies harcela dans leur retraite , Siaffaiblit encore plus leur armée. LouisXI, irrité contre íés généraux, renforçade dix mille hommes cette armée, &renvoya pour la seconde fois assiéger Per-pignan. Jean II étoit encore dans cetteplace , L les attaques sucent si vives, quele roi d’Atagon, craignant de succomber,eut recours à uii stratagème fur lequel ifnecomptoit que foiblement, & qui pour-tant lui réussit. II fit répandre parmi iesaffiégeans la nouvelle du soulèvement Side la réunion de toutes les places qn’ilsavoient laissées fur leur route & dans levoisinage. Ce faux bruit s’accrédita &alarma si fart les François, que, dansla crainte d’être investis eux - mêmes fousles murs de Perpignan , ils levetent Içsiégé, fe retirereut en désordre, & eu-rent leur arriéré-garde fort maltraitée,L’inutilité de cette seconde entreprise re-buta Louis XI : il proposa la paix au roid’Aragon; celui-ei l’accepta , & le trait?fut conclu à des conditions en apparencetrès-satisfaisantes. Mais Jean II quitraitait de bonne foi, ne s’anperçut quetrop tard, que le traité que Louis XIavoitfait rédiger étoit remnli de clausesinsidieuses ; il envoya auffi tôt deux desprincipaux seigneurs de fa cour à Paris,avec pouvoir de reglertoui & de leverles difficultés , ou plutôt les motifs neguerre qui résultaient de ce même traité :'mais 1?rusé Louis Xl’avdit tojif prévu»