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stu roi. Par cette démarche, les deux frè-res espérèrent de «'attacher le connéta-ble, & ils se trompèrent; don Alvar ,qui ne voyoit en eux que les protecteurs& l’appui des seigneurs les plus turbu-lent, les éloigna tous deux de la courfous des prétextes honorables , & jouis-sant bientôt lui-même d’une plus grandeautorité qu’il n’en avoit eu jusqu’alors,il suscita l’envie & la jalousie des grandsqui ne tarderent point à se déchaîner con-tre lui, Qiioiqu’ahfens de la cour, les in-fans don Juan & don Henri étoient í’arne& les auteurs des intrigues & des cabalesformées contre le connétable; & le roid’Aragon , qui pour les propres intérêts,agissoit de concert avec ses freres, assem-bla des troupes, tandis que don Alvaren assemblait de son côté au nom du roi ;en sorte que la guerre semblait inévita-ble ; Si quelques efforts que pût faire lareine douairière d’Aragon, secondée parle cardinal de Foix , légat du pape , ellene put empêcher les suites de cette que-relle , qui des deux côtés fit répandrebeaucoup de sang. II est vrai que par iesfoins, la valeur & le zele du connéta-ble , Jecm II eut enfin du succès fur lesméconteus, & qn’il déposséda suecessi-vement les infans des places qui leur ap-partenoient. Après beaucoup de lieges& de combats ; Jean conclut une treveavec les rois d’Aragon & de Navarre , &les conditions de cette treve furent queles exilés & les mécontens resteroientdans les lieux où ils étoient, & que donHenri évacueroit Ic château d’Albnquer-que, feule place qui lui restoit encore.C’étoit-là suspendre feulement les trou-bles & ne rien terminer; mais le roi.deCastille qui depuis long-temps méditaitde tourner ses armes contre tes Maures,crut gagner beaucoup en se procurant letemps & la liberté de remplir son pro-jet. II réussit an gré de son attente, &après avoir remporté une victoire signa-lée fur les Maures de Grenade; il dé-trôna Mahomet le Gaucher , & fit passerle sceptre à Joseph-Ben-Muley , petit-iils de ce roi de Grenade que Pierre lecruel avoit poignardé à Seville : le nou-. veau souverain Maure, plein de recon-noissanee , sc reconnut vassal de Castille,& par cette soumission vraiment glorieu-se pour Jean II , les hostilités cesserent.Mais tandis que le roi de Castille difpo-
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soit à son gré d’tin royaume étranger, lesien étoit violemment agité par les trou-bles, i’ambition & la licence des fac-tieux. Le roi y vint, & l’armée qui l’ac*compagnoit en imposa aux rebelles ; Pin-fant don Henri se soumit, évacua tou-tes les places qu’il tenoit, & parut dé-terminé à ne plus remuer. Pendant queJean II s'occupoit à soumettre les re-belles , il se passoit à Grenade une ré-volution qui rendoit inutile la glorieuseguerre que les Castillans avoient faitedans ce royaume; Joseph-Ben-Muleymourut, & Mahomet le Gaucher , quidepuis si peu de temps avoit perdu la cou-ronne, se présenta, fut reconnu, re-monta fur le trône , & le roi de Castillefut obligé de dissimuler, les circonstan-ces ne lui permettant point d’aller don-ner aux Maures de Grenade un nouveausouverain : car alors il avoit à dissiper &à punir nne conjuration nouvelle. Bien-faiteur de don Frédéric, comte de Lu-na, & fils naturel de don Martin, roide Sicile ; & qui avoit été l’un des pré-tendans à la couronne d’Aragon, il nes’attendoit point â trouver en don Fré-déric, un ingrat & un traître. Mais Fré-déric , fans moeurs & fans principes,épuisé , appauvri par ses prodigalités,forma de concert avec quelques scélé-rats, le complot de s’em parer de Sevil-le , d’y porter le fer & 1a flamme, depiller pendant le tumulte les richessesdes citoyens & des marchands, ensuited’équiper une flotte & d aller infestéeles mers. Cette trame fut découverte petrde temps avant le moment fixé pour sonexécution. Les complices de Frédéric pé-rirent fur l’échaFaud , & Frédéric lui-même eut expiré dans les supplices, sila haine que Jean lui connoissoit pourle roi d’Aragon ne lui eût sauvé lavie : l’on se contenta de renfermer à.perpétuité. Cette conjuration dissipée,le roi de Castille recotnmenqa la guerrecontre les Maures de Grenade ; & afin delui donner plus d’autorité & de pouvoiry employer toutes ses forces, il conclutaprès bien des difficultés L une longuenégociation , un traité de paix avec lesrois d'Aragon & de Navarre. L’une desconditions de cette paix étoit que le prin-ce desAsturíes, don Henri, épouseroitl'infante doua Blanche, fille du roi de Na-varre , cette clause fut la premiete rem-