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persista dans ses intrigues, ses cabales &ses complots ; le roi lui ordonna de venirse justifier ; & l’infant après avoir de-mandé , avant que d’obéir, des sûretés &des otages, apprenant qu’on se dispo-soit à marcher contre lui les armes à lamain, fut h Madrid se présenter au roiqui ne voulut lui donner audience qu’aumilieu de son conseil. Henri ne pouvantfaire autrement, y parut; & furies ac-cusations qui furent portées contre lui,prouvées par ses propres lettres, il futarrêté & étroitement renfermé. Sa cap-tivité ne fit que donner plus de violenceaux troubles : Henri avoit en Castille ungrand nombre dep’rtifans, & son frere,don Alphonse, roi d’Aragon , paroilsoitdisposé à embralsersa cause. Car Jean IIlui ayant fait demander tons les seigneursCastillans qui s’étoient retirés àfacour,ainsi que la princesse fa sœur , Alphonsedemanda à son tour la liberté de son fre-re ; elle ne lui sot point accordée, & lesdeux rois également mécontens l’un del’autre , fe préparer' nt à la guerre. Cefut au sein de ces agitations que naquitl’infant don Henri, que le roi son perefit reconnaître huit jours après pour prin-ce héréditaire , & qui en effet, régna pourle malheur de ses sujets. Cependant leroi d’Aragon se dssprssant à employer laforce pour délivrer son frere , les étatsde Castille approuvèrent l’emprisnnnement de ce prince, L s’obligerent à four-nir aux dépenses de la guerre que Jeanavoit à soutenir, fi don Alphonse exé-cutait ses menaces. Cet orage alioit écla-ter lorsque don Juan, Frere de don Hen-ri , fut «ppellé au trône de Navarre aprèsla mort d n roi don Carlos, & du chefde la reine Blanche, l’épouse de donJuan , & héritière de don Carlos. Lacouronne de Navarre flattoit beaucoupmoins don Juan que le crédir presquefans bornes qu’il avoit en Castille ; iln’en méfufa point dans cette occasion, &avant que d'alíer prendre possession dusceptre il ménagea un accommodemententre les rois de Castille & d’Aragon ; lesconditions de ce traité furent que donHenri seroit remis en liberté , & quetous ses domaines lui seroient rendus;qu’il prêteroit un nouveau ferment defidélité à Jean II, & qu’Alphonse n’au-roit aucun ressentiment contre tous ceuxqui, soit pour servir leur maître, soit
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pour d’autres motifs, avoient eu part àl’emprisonnement de don Henri. Quandles grands d’un état, íûr-tout fous unroi foible, se sont livrés une fois àl’espritde discorde, d’iutrigue, de faction , ilest bien difficile de les engager à ren-trer dans le devoir & fous les loix de ladépendance & de la subordination. Cene fut que pour quelques jours que lestroubles parurent suspendus en Castille,& ils recommencèrent avec pins de vio-lence , suscités par la haine de la plu-part des seigneurs contre le connétabledon Alvar de Luna; qui, à la vérité,ahusoit quelquefois avec trop de licencede la grande puissance que lui donnoitfa dignité , & de la Foiblesse du roi dontil étoit le favori. Celui qui haïssoit leplus fortement don Alvar, étoit ('infantdon Juan, roi de Navarre, que les grands& la noblesse regardoient comme leurprotecteur & leur appui. Les plaintes& les accusations portées contre don Al-var furent si graves, si multipliées, &ces accusations répétées à grands cris parle peuple , paroiiïbient présager un sou.lévement si prochain , que Jean II ef-frayé, crut devoir, quelque pénible quefût le sacrifice, consentir àl’éloignementde son favori ; & dès ce moment, il paruts’attacher à don Henri par cela mèmeque dans cette occasion, il n’avoit pris,du moins en apparence , aucune part àcette intrigue. Cependant l’absence duconnétable ne ramena point le calme;au co; traire , les seigneurs qui s’étoientsi étroitement ligués contre lui, se brouil-lèrent bientôt entr’eux ; & comme juf-qu’aiors ils n’avoient craint que la vigi-lance L les conseils sévères de don Al-var , & que son éloignement sembloitleur assurer l’impunité ils se livrerentsans ménagement aux excès les plus ré-préhensibles, & fe portèrent à de fi gran-des violences, que le peuple irrité deleurs vexations & des fuites cruelles deleurs haines particulières, qui retom-baient fur lui, éclata , fe plaignit haute-ment, & mettaqa de repousser l’oppref-fion par la force. La confusion & le dé-sordre furent portés si loin, que les en-nemis même les plus irréconciliables dedon Alvar, prierent le roi d- Castille dele rappeller à fa cour ; & u ■ d 1 y re-vint, ce furent don Juan. „ >i de Na-varre, & don Henri qui le pu semèrent