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rîer arec dona Isabelle,-fille de donJuan, infant de Portugal ; cette propo-sition fut acceptée, & ce ne fut qu’alorsque don Alvar en fit part à son maître ;Jean en fut très - offensé : mais il n’osapourtant lè contredire, ni le désavouer,ainsi il commença dès cet instant, à con-cevoir pour lui une très-forte haine, &qui ne tarda guere à devenir fatale àl’ambitieux favori. Cependant le princedes Asturies, aussi mauvais fils qu'il futensuite méchant roi, ne cessoit de caba-ler contre son pere , blâmoi't hautementsa conduite , & se déchaìnoit contre luiavec tant de licence , qu'on disoit publi-quement qu’il ne se proposoit pas moinsque de le détrôner , fous prétexte que leroi de Castille secondoit & protégeoit lesdéprédations d u connétable don Alvar.L’état soussroit de.cette mésintelligence,& pour comble de ma.heur , les puis-sances étrangères profitant de ces divi-sions, faisoient sur les frontières decruelles irruptions. Ces Gascons suscitéspar le roi de Navarre , entrerent & por-te ent la dévastation fur les terres de Cas-tille tandis que le roi de Grenade s’em-paroit des meilleures places & faisoit ungrand nombre d’esclaves , appuyé en se-cret par le prince des Asturies, qui pourrendre son pere odieux par les progrèsdes Mahométans , défendoit aux villesqui dépendoient de lui , de secourir au-cune place de la frontière. Pendant cetorage , Jean II , qui néanmoins sentoitvivement sa situation, mais qui craignoitencore une nouvelle guerre , épousa do-ua Isabelle , fille de l’infant don Juande Portugal, & cette nouvelle épouse quieut bientôt toute sa confiance, travaillade toute sa puissance à hâter la ruine duconnétable , quoique ce fût à lui seulqu’ellefùt redevable de son mariage,tantil est vrai que i’ambition & la reconnois-sance sont deux lentimens incompati-bles ; car dona Isabelle voulant seulerégner fur l’esprit du monarque , & nepouvant y parvenir qu’en perdant sonbienfaiteur, elle se décida facilement àsacrifier le connétable â la passion qu’elleavoit de dominer. Tandis qu'elle cher-choit à aigrir son époux contre le favori ,celui-ci . négocioit la réconciliation duprince des Asturies avec son pere, & ilparvint à ménager entr’eux une entre-vue. Dant cette conférence, le roi dè
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Castille se raccommoda avec son fils, &ils se sacrifièrent l’un à l’autre plusieursseigneurs qui furent aussi-tôt arrêtés}mais l’un d’entr’eux , le comte de Bene-vente, s’évada, ík excita des troubles quieussent eu les pins fâcheuses suites , sile pape n’eût enfin interposé son autoritéplus respectée alors que la puissanceroyale, & s’il n’eût envoyé aux prélatsde Castille & de Léon une bulle par la-quelle il leur enjoignoit d'excommuniertous les rebelles. Cette bulle produisitle plus grand effet, les mécontens&leprince des Asturies même se soumirentsincèrement: l’infant Henri redoutoítplus la force des foudres du pape, qu’iln’avoit de respect pour l’autorité pater-nelle. Pendant que les rebelles se sou-m rttoient, le roi de plus en plus irritépar son épousé, contre don Alvar, n*cherehoit que les moyens de s’assurerde fa personne , & don Alvar lui - mêmelui eu fournit plus d'une occasion dont onn’osa cependant profiter, tant on crai-gnoit de soulever le peuple. Cependantaprès bien des tentatives qui firent enfinconrmître à don Alvar le danger qui liemenaqoit , on inv stit sa maison ; il s’ydéfendit avec la plus grande intrépidité.,& eût continué à s’y défendre jufqu’á1a mort, fi Jean II ne lui eût envoyédire qu’il l'e rendit prisonnier, & qu’ilne craignît rien. Don Alvar ne se con-tentant point de cette promesse > deman-da un billet signé du roi, par lequel lemonarque l’assiirât qu’ou n’attenteroit nià sa vie , ni à son honneur. Jean II eutla perfidie d’écrire & de ligner cette pro-messe, sur laquelle don Alvar ne se futpas plutôt rendu , qu’il fût mis en pri-son , & livré à douze jurisconsultes as-sistés des seigneurs du conseil, qui, aprèsavoir instruit son procès, le condamnè-rent unanimement à la mort. II fut ame-né à Valladoìid, où il fut exécuté surun échafaud. Jean II, le matin mêmedel’exécution , vouloit lui faire grâce.,& lui eût pardonné, fi l’ingrate reinene l'e» eût empêché. Ainsi périt un homequi pendant quarante-einq années avoitservi son maître avec le ze l'e le plus ra-re , & qui pendant trente années avoitgouverné le royaume avec un, pouvoirabsolu à la vérité, mais aussi avec l’in-tégrité la plus inébranlable & la plusdésintéressée. On convient qu’il étûit am-