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bitieux , jaloux de dominer; mais Tutseul étoit capable de tenir, an nom deson maître, les rênes de Pétât : il étoittrès babille ministre, & pendant la lon-gue durée de ce régné orageux, jamaison ne vit don Alvar entrer dans aucunefaction; il étoit au contrairerépouvan-tail des factieux. Jean II le regretta,mais il n’étoit plus temps; il se formades factions nouvelles, & le seul hommeen état de les réprimer avoit été lâche-ment sacrifié â la haine jalouse de la rei-ne. Quelques jours après cette exécu-tion , Je mariage du prince des Asturiesavec Pinfante dona Blanche, Fut déclarénul pour cause d’impuissance. Le roi deCastille qui s'étoit privé du seul home surla fidélité duquel il pût compter, & quise voyoit perpétuellement environné deseigneurs factieux, prit auprès de fa pér-ioste huit'mille lances,& cette formidableescorte produisit le plus grand effet; lescabales cefferent, & il n’eutplus à crain-dre les complots. Informé des grandesdécouvertes & des conquêtes faites parle roi de Portugal dans les Indes , il enfut profondément affligé , & croyant ar-rêter le cours de ces conquêtes, il pré-tendit que ses prédécesseurs ayant obte-nu du pape les isles Canaries avec toutce qui en dépendoit, les découvertes desPortugais étoient contraires à la cessiondupape, & qu’il déclareront la guerre àla nation portugaise , fi elle ne se désis-toit point de ces découvertes. Le roi dePortugal , fans insister fur Pabfurdité deces prétentions, se contenta de répondreque les Indes orientales étoient infini-ment étendues, & point du tout une dé-pendance des isles Canaries ; qu’att reste,il n’empiéteroit point fur les droits duroi d’Espagrie , ni sur les possessions qu’iltenoit de la libéralité du pape. A-peu-près dans ce temps , la reine d’Aragondona Marie, sœur de Jean II, étant■venue en Castille pour voir son frere, ceprince se mit en route dans le dessein d’aì-ler à Medina-del-Campo joindre fa sœur ;mais dès la seconde journée de son voya.ge, il tomba dans une si grande Faiblesse,qu’on crut qu’il alloit expirer; il revintcependant à lui,& se fit transportrer àVal-ïadolid,où sa maladie devint fi violente &lit tant de progrès, qn’il expira , fort dé-goûté, dit on, du trône & de la vie, le njuillet 1454.il ne fut regretté ni de ses fu-
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jetsytii deTafamille,& il faut avouer qu’ílne mérita (es regrets de personne. (L. Cl)JeaNÍ, roi de rie Portugal, fíijl.íePortugal. Ce ne fut point à la fortuneseule que Jean I fut redevable du trône;ce ne fut pas non pins à la naissance, quidonne souvent aux nations des souve-rains si peu capables de gouverner : cefut à ses talens, à ses vertus, ou ce quiest la même chose relativement aux effets,à l’art qu’il eut tPaffecter les vertus le*plus nécessaires au succès de ses vues Sà son élévation. Jean fut, sans contre-dit, le plus ambitieux des hommes: mai*il eut foin de couvrir ses desseins du voiletcujours imposant de l’atnour dit bien pu-blic. II fut l’un des plus grands politi-ques de fou fiecle ; mais l.ii seul le sa-voit , tant il étoit attemif à cacher sesprojets fous les apparences de la plus in-génue Franchise, de la plus rare candeur»II cennoiffoit les hommes,les aimait peu;les estimait moins encore; mais il savaitles employer, & fur toutgagner leur af-fection. Par son aménité, sa douceur, sabienfaisance , il s’attacha le peuple au-tant qu’il lui patoiffoit attaché lui-même :par fa valeur il captiva la confiance desmilitaires: son respect pour Péglise, &sur tout pour les privilèges & ler immu-ni'és dos ecclésiastiques , lui valut leursuffrage & leur condescendance. Ce Futpar ces qualités extérieures qu’íl parvintenfin à s’asseoir fur un trône d'oùî’iUégi-timité de fa naissance sembloit devoirl’exclure. En effet, fils naturel de donPedre le Justicier & de dona ThérèseLorenzo, Galicienne , d’une maison peuillustre, il naquit à Lisbonne le % avril1357, & il fit dans la fuite bien valoircette circonstance ; carie peuple imbé-cilic, fur lequel les plus frivoles minutiesfout impression , montra rattachement leplus zélé , le plus inaltérable au parti deJean s, par cela seul qu’íl étoit né à Lis-bonne. Son enfance fut confiée aux foin*de Laurent de Leiria , citoyen de Lis-bonne , qui pria don Nugno-Freira d’An-drade, grand-maitre de l’ordre de Christ,de se charger de sa premiereédneation.D’Aurirade remplit cette tâche sveczcle;& lorsque son éleve eut atteint l'âge desept ans, il alla le présenter lui-même àdon Pedre le Justicier, qui dit-on , nel’avoit point encore vu , à qui peut-êtreavoit déjà oublié qu’il avoit eu sept ansauparavant