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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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Portugais. Cependaat le roi de Castille ,à la tête d’une armée considérable , en-tra dans le royaume, dont il s’étoit flat-té de faire aisément la conquête , & pé-nétra jusques à Santaren , où il fit ionentrée publique avec la reine dona Béa-trix , son épouse, & se fit proclamer roide Portugal. Mais bientôt ses hauteursmécontentèrent le petit nombre de sei-gneurs qu! s'étoient attachés à lui. Peuoccupé de leur maniéré de penser à sonégard , & toujours persuadé que leroyaume alloit tomber sous fa puissance,il ne songeoit qu’à hâter ses préparatifs,& joindre à son armée assez de troupespour former le siégé de Lisbonne. Maisil connoissoit peu le rival redoutablequ’il avoit à combattre, les ressources,la valeur & l’habileté du régent qui ,par son affabilité , ses bienfaits répan-dus à propos groffissoit son parti, ne cher-chant, en apparence, qu’à défendre lesintérêts & soutenir les droits de l’infantdon Juan , prisonnier en Castille. L’ar-mée du régent étoit déja presque assezforte pour lutter contre celle du roi donJuan qui forma vainement le siégé deLisbonne, & que le protecteur l’obligeade lever. Les Portugais étoient pour-tant eux-mêmes dans une violente si-tuation ; & les moissons ravagées par lesCastillans , les exposoient aux horreursde la famine qui commenqoit déja à fefaire sentir: mais ce fléau fut détournépar les foins actifs du régent qui lui-même, suivi d’une foule de jeunes gens,alloit de village en village apporter dusecours aux habitans , & faisoit amasserà Lisbonne d’abondantes provisions. Leloi de Castille reconnut alors combien illui seroit difficile d'abattre la puissancedu protecteur ; & désespérant de le vain-cre ou de se l’attacber , il eut la bas-,fesse de recourir , pour s’en défaire, àla plus odieuse des voies ; il corrompitle comte de Tranftamare, qu’il engageaà faire assassiner le régent ; mais ce com-plot avilissant pour son auteur fur décou-vert , & le régent n’en devenant queplus cher à la nation, tes états s’assem-blerent à Conimbre pour y délibérer enquelles mains on remettroit le sceptre :plusieurs, croyant même faire leur courau régent, paraissaient desirer que ce fûtdans celles de l’infant don Juan ; le«haneeUet prouva que le trône étant

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vacant, & les Portugais étant les mai*tres de fe choisir un roi, personne neméritoit plus , fur-tout dans les circons-tances présentes, d’être chargé du poidsde la couronne que le grand maître d’A-vis , qui, pendant fa régence , avoit faitde si grandes choses pour la nation Sccontre les efforts des Castillans. Le con-nétable balança les droits des p retend ansau trône , & fans fe décider pour aucund’entr’eux , il conclut que , fans perdrede tems, il étoit de la derniere impor-tance que les états nommassent un souve-rain. L’assemblée alloit pioceder à cetteélection , lorsque le régent prenant la pa-role d’un ton tranquille L modiste,. fitletableau de la situation où le royaume setrouvoit, exposa avec beaucoup de forceles fatigues, les foins & les dangers aux-quels fa régence l’avoit exposé ; ajouta:que n'ayant aucun droit, aucune pré-tention à la couronne que d’aâîenrs ilétoit très - éloigé d’ambitioiyier, il étoit,par cela même, d’autant plus impartialdans le jugement qu’il portoit fur lesdeux prétendans ; que le roi de Castille& son épouse avoient perdu leurs droitsen entrant â main armée en Portugal,& que cette démarche devoit donner aux:citoyens les plus vives & les plus justesappréhensions d’avoir à obéir à un telmaître; qu’à l'égard de don Juan , ilétoit prisonnier, & qu’il n’y avoit pasd’apparence fi on le nommoit, que leroi de Castille lui permît de venir ré-gner; que du reste s’i! réunissent lesssuff:a-ges,il seroit le prem er à le reeonnoitvè &à lui prêter serment ; que pour lui il nese sentoit point toutes les q alités qu’èxi-geoit l’exercice des fonctions de la tuyau-té , mais qu’il seroit toujours prêt , e'ntzélé citoyen , à rilquer ses biens & f*vie pour chasser les ennemis , les com-battre, défendre la liberté de la nation,L demeurer fi.lele à celui qui seroit dé-claré son légitime maître. Soif que l’as-sèmblée comprît à quoi tendoít ce dis-cours adroit , foit'qu’elle fût séduite parla fausse modestie du régent, la tlélibé-ratiori fut coiirte ,&■ il fut nnanlnementélu & déclaré roi de Portugal. L’inferre-gne finit, & le grand - maître fut cwù-ronné sous le nom d e Jean I. Son ambi-tion étoit satisfaite , & cependant ii neparut recevoir qu’avec peine le sceptre.Sa conduite furie trône fut la mense