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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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juan étoit alors prisonnier en Castille,où U' roi Jean î i’avoit fait enfermeraussitôt qu’il avoir appris la mort de l'onbeau-pere y afin dé ft délivrer par Ceínoyen d’un concurrent trop redoutablemais dou Juan étoit adoré par la nationPortugaise, qúi le noinmoit hautement,& nc vouloir que lui pour roi. Les droitsdé Ces deux prétendons paroifToient 11 elaisser aucune lueur d’espérance aú granJ-maitrequi d’ailleurs n’avoit aucun titrequi lui permît d’aspìrer à la couronne :jV y afpiròit cependant, & ses vœux nePurent pas vains : fa prudence & là for-tune applanirent tous les obstacles ; sonadresse fut même telle , qu'il parut for-cément porté fur lé trône, & non léfrayer lui-même la route qui devoir 1 yconduire. Pénétré , en apparence , derespect: pour les dernieres volontés duroi Ferdinand, le grand-maître, aussi-tôt que ce souverain fut mort , invitaîé roi de Castille à venir prendre le scep-tre , L lui demanda la régence du royau-me jusqu’à ce que dona Béatrix eût ac-couché d’un prince. Le roi Jean refusafort imprudemment , & dît - on , avecmépris h demande du grand-maître, quidès ce moment se croyant dégagé enverscetimpérieùx souverain-, partît Craindre,dan- la vue de connoifre rattachementde ses partisan,, pouf sa propre fureté,& Feignit d’être alarmé , -lorsque sur lad. mande des ambassadeurs 3u roi de Cas-tille, son épouse, dona Béatrix, fut tu-multuairemënt proclamée à Lisbonne rei-ne de Pôrtngal. Cependant il s’en fal-loit bien que cette proclamation eût l’a-veu de tous les citoyens , des grands lesPlus distingués fur-tout, ennemis décla-rés de la réunion îles deux couronnes , &persuadés que fi elle avoit lieu, bientôtle Portugal ne feroit plus qn’une pro-vince Castillane. Le chancelier étoit àla tête de cette puissante faction ; ils seréunirent tous aù grand-maître , en quiseul ils soudoient leurs espérances ; maisleur plus grande crainte étòit de voirtous leurs projets déconcertés par la do-cilité de la reine Léonore aux conseilsd’Andeiro son amant, qui, Castillan,travailleroit de toute sa puissance enfaveur de l’époux de dona Béatrix. Legrand-maître leur promit de prévenirtous les efforts d’Andeiro : & en effet ilalla au palais, fit figue à Andeirô qu'il

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avoit à lui parler , l’attira dans une salleVoisine de l’appartemenr de la reine, &là, sans lui dire un mot, il tira un poi-gnard, le lui plongea dans le sein, &laissant aux grands qui le suivoient lesoin d’achever de mettre à mort sa vic-time, il fit fermer les portes du palais;après avoir fait sortir un de ses pages &le chancelier, qui allerent répandre &crier p.ir la ville, que le grand-maîtreétoit darts le plus grand danger , & quepeut-être en ce moment on le poignar-de >t au palais. A ces cris, les îrabitansde Lisbonne prirent les armes, couru-rent furieux au palais, enfoncèrent lesportes , montèrent à la tour où s’étoitréfugié don Martin, évêque de Lisbonne,dont tout le crime étoit d’être Castillan ,& le précipitèrent du haut en-bas. Legrand-maître jugeant par ces excès dece qu’il avoit à attendre du zele des Por-tugais, se montra & permit au peuplade le défendre contre un péril qu’il n’a-voít point couru. II alla enfuit* justi-fier auprès -de Léonore fa rigueur enversAndeiro, & s’essorqa d’en démontrer lanécessité. La reine l’écouta avec unefroide & silencieuse indignation , & luidemanda seulement de lui permettrede sortir de Lisbonne. 11 y consentit, &elle se rerira à Alanguer. Alors le grand-mâitre rassemblant les principaux d’en-tre ses partisans, parut inquiet & très-chagriu d’avoir renoncé , pour la tran-quillité publique , à fa propre tranquilli-té, affectala plus grande incertitude fur leparti qui lui restoit à prendre , laissantmême entrevoir qu’il préíéreroit de boncœur celui de la retraite. Le vieux chan-celier don Alvare Paez combattit de tou-tes ses forces cette résolution , & sou-tint que dans la situation actuelle legrand-maître ayant pour lui le peuple,dévoit tout entreprendre & tout oserpour la fureté de la nation & pour lasienne. Le grand-maître affectant de sefaire à Inirinême la plus grande violence,promit de se sacrifier au bien général ;& tandis qu’il jouoit cette sceué, lepeuple & la noblesse assemblés par lesfoins de ses plus zélés adhérons , lépro-clamoient protecteur de la nation & ré-gent du royaume , firent ferment de ne1 abandonner jamais , & quelques mo-mens après vinrent en Foule le conjurerdé ne rien négliger pour la défense dea