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étendu;mais pour le rendre aussi florissantqu’il pouvoit l’étrc , il y avoit quelquesobstacles à applanir, & quelques affai-res à terminer avec les princes Indiens :Jean III y envoya te célébré Vaíco deGnma , qui, malgré les infirmités de sonâge avancé, fit ce voyage, régla tout à lasatisfaction des Portugais, & mourut peude tems après avoir rendu à ta nation cetimportant service. Charles-Quint désirantde ress.rrer de plus en plus l’union qu’ily avoit entre lui & Jean III , demandaen mariage & obtint l'infante dona Isa-belle; & ce Fut pendant les fêtes de cetteunion , que l’empereur David , qui occn-peit le trône d’Abyífinie , & qui s’étantrendu si célébré fous le nom de Prêtre-Jean , étoit connu alors fous celui deGrand Negus , envoya à la cour de Lis-bonne un ambassadeur qui , après quel-que tems de séjour, alla à Rome rendre,dit-on, de la part de son maître, l’obé-dience an pape. Jean III n'é toit rienmoins que superstitieux ou fanatique ícependant sa piété mal entendue, occa*fionna, contre son intention, bien desmaux à ses peuples: fous prétexte dequelques excès scandaleux commis parles Juifs , on que peut-étre on leur attri-bua , le clergé affectant les plus vivesalarmes pour la religion qui, pour se sou-tenir & se vengera si peu besoin du se-cours impuissant des hommes, sollicitaviveibenc le roi d’introduire {'inquisitiondans ses états, lui promettant que ce tri-bunal seroit un monument de piété quiattireroit perpétuellement la bénédictiondu ciel sur la nation. Jean III eut la Fa-cilité de céder aux importunités des ec-clésiastiques ; l'inexorable & sanguinaireinquisition fut introduite, L l’on sait quelgenre de bénédiction les Portugais ontretiré de cet horrible tribunal. Des pro-jets plus impertans occupoient Charles-Quint en Espagne, il y Faisoit d’immen-ses préparatifs , & ne négligeoit rienpour Rassurer du succès de l’expéditionqu’il méditait contre les Maures d’AFri-que.. Don Louis , Infant de Portugal, rvoulut servir dans cette guerre , s’em-barqua , passa la mer avec la flotte Espa-gnole , & se distingua dans cette expédi-tion , auísi brillante qu’inutile. DonLouis eût mieux fait d’ailer servir plusutilement fa patrie dans Pin de , où lesPortugais étoient menacés d’une. ruine
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entiere par Solîman II, empereur de*Turcs : ce violent orage se dissipa pour-tant , & la valeur des troupes Portugai-ses l’emporta fur le nombre L la fureurindisciplinée des Mahométans, La nou-velle <le ces succès remplit de joie la courde Lisbonne; mais cette grande satisfac-tion fut bien tempérée par les malheursqui fondirent fur la famille royale : leprince don Philippe, âgé de six ans, filsaîné de Jean , & l’héritier présomptif dela couronne , mourut ; & le roi n’étoitpas encore consolé de cette perte, lors-qu’il fit celle de l’impératrice Isabelle , sasœur : il regrettoit cette princesse, quandil eut à pleurer don Antoine, don Al-phonse , & don Edouard , ses trois fils ,qui moururent dans l’enfance , & toustrois presqu’cn même tems : comme ficette perte n’eût point encore été assezaccablante, il eut à soutenir la plus noireL la plus imprévue des trahisons , de lapart de l’hómme dont i! se défioit lemoins, de Michel de Sylva, évêque deVil’eu , frere du comte de Pontalegre, &secrétaire du cabinet. Sylva ambition*noit la pourpre romaine, & il négocioitsecrètement à Rome pour l’obtenir; ellelui fut promise , à condition qu’il révéié-roit les secrets de Ion maître. L’ambitieux& perfide Sylva ne balanqa point, il pritquelques papiers très-importans, alla àRome, & les livra pour le chapeau decardinal : indigné de tant de noirceur ,Jean III déclara Sylva traître à l’état;il lui ôta tons ses bénéfices, le dégrada denoblesse, défendit à tous ses sujets d’a-voir aucune forte de correspondance aveclui; sous peine d’encourir son indigna-tion ; & fit sévèrement renfermer le com-te de Pontalegre ;■ pour avoir écrit à sonfrere. Jean étoit le plus doux des hom-mes ; .mais dans cette circonstance , {'in-dulgence eût pu devenir funeste; L cetactede rigueur fit le plus grand effet par-mi les seigneurs de la cour. Le calmesuccéda â ces tems orageux ; lé roi dePortugal donna en mariage l’infante donaMarie , fa fille , à don Philippe ,. fils dePemperenr. Le commerce Portugaisfleurissait dairs les Indes, & fes produit*enrichissaient le Portugal : le peuple étoitheureux , le roi Péioit lui-même ; il fitles plus utiles régiemens pour maintenir,accroître même cette prospérité ; mai*ne pouvant suffire à expédier toutes les