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eaHrtisans, il déclara hautement qu’ílprétcndoit garder le sceptre . ct fe ma-fia avec dona Léonore, sœur de Char-les Quint, /can parut fort inquiet, lesgrands, qui lui avaient donné des con-seils, le furent plus que lui, & craignant,avec raison , l’indignation du roi , laplupart, sons divers prétextes, se ban-nirent eux mêmes de la cour, & alle-rem cacher leur honte dans leurs ter-res. Le plus dangereux de ces adula-teurs étoit don Louis de Silyeira , favoride Jeun , ct celui qui , ligué avec lesautres flatteurs , lui avoir inspiré de l’é-lo'gnem nt pour ion pere , & les plusfa"tf s • .'.vimes fur l’autorité royale. Cefur a (ti cel d contre lequel Emmanuelsévit a ec ie p,us de rigueur ; Silveirafut.exilé, & Jean tfetant plus infectéde sm mauvais conseils, sentit sa faute ,& comprit combien il étoit de son in.lé’ét de se conformer, aux volontés deson pere. Cette aventure fut pour luiune excellente leçon sur le choix desp.e; sonnes qu’il devoit déformais hono-r-r de fa confiance; L - bien loin de dé-sirer la,puissance suprême, il ne cher-cha -lti> qu’à fe former , fous les veuxde fou pere , dans l’art de gouverner ,•il y fit des progrès si heureux, qldâgéde vingt ans feulement , lorfqu’à lainort de roi Emmanuel il tnopta fur letrône , en ijsi, on le regardoit déjapn Portugal comme l’un des souverainsles plus habiles ct les plusédlàirés deson siécle. II ne démentit point cetteidée avantageuse; il estvrai.-quedès taspremiers jours de son régné sachant queSilveira s’étoit lui-méme ; corrigé, il le■rappella v & partagea son: enfiere con-fiance entre lui & .don Antoine d’Ataï-de. Silveira mérttoit cette faveur, ila voit de l’efprit, étoit fort éclairé, pleinde valeur, & recherché de tous par lesagrémetis de fa société:, son désintéresse-ment ct sos aimables qualités, Ataïde ,moins brillant-avoit tontes les cannois-fanées :& toute la capacité d’un excel-lent ministre, d’un grand homme d’état.Le choix dn nouveau roi ne -pouvaitêtre,, ni plus prudent, ni plus heureux.La reine Léonore belle.mere Ae jean,avait apporté á son époux une dot im-mense; & le roi Emmanuel lui avoitassigné un douaire encore plus riche.Le paiement .de ce -douaire n’étoit pas
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facile à faîte; il abforboit une partiedes trésors d u souverain. Le duc deBra-gance conseilla à Jean III d’époufer sabetle-mere , afin d’être par-là dispenséde lui payer son douaire; cet expédient,aussi singulier qu’indécent, trouva beau-coup d’approbatenrs, qui presserent vi-vement le roi d’époufer fa belle-mere,& il parut disposé à prendre ce parti;mais le comte Vimiofo lui fit à ce sujetde si fortes «présentations , & la villede Lisbonne de fi vives remontrances ,qu’il renonqa tout-à-fait à cette unionvraiment incestueuse , paya le douairede la reine Léonore , & consentit à sonretour en Castille, auprès de l’empereurCharles - Quint, son frere , où elle futaccompagnée par Louis de Silveira quiy resta huit mois en qualité d’ambaffa-deur , & qui à son retour pensa tomberdans la disgrâce de son maître , par l’ou-bli d une cérémonie que Jean regardacomme un manquement de respect. IIexiftoit un ancien démêle entre les coursdé Castille & de Portugal, au sujet desisles Moluques , fur lesquelles les deuxnations prétendoient avoir égalementdes droits. Charles-Quint, peu délicatfur les moyens de posséder ct dîacqué.rit, fit équiper unespuissante flotte pourles Indes 1 ., fans. égard aux protestationsni aux prétentions des Portugais : ceux-cine pouvoient point alors lutter contre lesforces deCharles-Quint; Jean sentit l’em.barras de.cette situation; & s’entira.enpolitique consommé ; il falloit l’être.pourarrêter l'exécution des projets formés parCharles - Quint. II feignit d'tgnorer îepian de cette expédition, & envoya desambassadeurs à la cour de Castille piury traiter de 1 sou mariage avec Plissantedona Catherine, soeur de l’empereur: Ce.;souverain avoit alors une guerre, très-vivoà soutenir eh Italie, & il avoitde^ dé-penses énormes àssaire : les mêmes 1 am-bassadeurs lui offrirent de la pars dq roide Portugal une somme considérable> àcondition que lissqu’au remboursenrewlí de*çette somme, t’affaire des islés Moluquesresteroi.t suspendue. Charlex-Quinty con--sentit d'autant plus volontiers, qu’íí étoittrèsembarraffé pour fournir aux frais dela guerre ; il consentit au mariage de sín-fante, & ce mariage fut célébré à Cratoavecila plus grande magnificence. Lecom-merce des Portugais aux Indes étoit fort