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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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prêt à sacrifier & ses biens & fa vie pourservir ses concitoyens. Alors les conjurésdélibérèrent que s’ils ne pouvoient faireautrement , ils forceroìem le duc, quandla conjuration seroit prête à. éclater, d’ac-cepter la couronne. Cependant, quelquesécrétés que fussent les conférences ilesconjurés, & quoiqu’U ne parût point yavoir aucune forte de liaison eatr’eux &le duc de Bragance, le comte-duc d OU-varès en eut quelque soupqon ; & croyanttout renverser, il nomma le duc de Bra-gance général des troupes, avec ordred’allervisiter toutes les places; mais enmêmetemps, il ordonna aux gouverneursEspagnols, de quelques-unes de ces pla-ces.de se saisir de ce général : celui-ci ren-dit inutile cet ordre, il visita les places, &se fit respecter; il s’attaclia les habítansde tous les lieux où il séjourna & marchasi bien accompagné, qu’il eût été très-dangereux de songeràl’arrèter.Le comte-duc d’Olivarès avoit prévu toutes les diffi-cultés, & par l'es ordres, Olorio, amiralde 1 a flotte Espagnole, qui croisoit sur lacôte d« Portugal, invita le due de Bra-gance à venir dîner sur sou bord ; & s’il yeût été jamais le Portugal ne se seroitsaillirait à la domination Espagnole; maispar bonheur pour le duc, qui peut-être sefût rendu sur le bord d’Osorio , une vio-lente tempête survint, fit périr ia plupartdes vaisseaux de cette flotte, & dispersale reste; ainsi jusqu’aux élémens, toutsecondait les conjurés, qui, pour fixer lejour & le moment de l’exécution de leurgrand projet, n’attendoieas plus que leconsentement du duc de Bragance , ils leJui demanderent, il parut irrésolu, lespria de lui donner du temps pour fe déter-miner , & se décida enfin par les avisd’Antoine Paez-Viegas, son secrétaire,& sur-tout d’apcès les mâles & généreu-ses réflexions de la duchesse, son épouse.L’exécution de l’entreprise fut remise ausamedi premier décembre 1640 : ce jourarrivé S les conjurés , au nombre decinq cents, fe divisèrent en quatre trou-pes, & fe rendirent au palais par diffe-rens chemins. A huit heures du matinPinto tira un coup d, pistolet ; à ce signaltous les conjurés avancèrent brusque-ment, chacun du côté qui lui étoit pres-crit; Meilo & son frere, suivis d’unefoule de citoyens armés, fe jettereut furU compagnie Espagnole qui était de ,gar-

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de devant le palais, pénétrèrent dans lecorps-dc-gariic, & obligèrent l’officier& les soldats qui y étalent, à fe rendre,& à crier comme eux, vive le duc de Bra-gance. D'Almeida & fa troupe fondirentfur ia garde Allemande , qui fut désar-mée & mise en fuite ; Pinto & les siensentrèrent dans le palais, & montèrent àl’appartement dn secrétaire ValionceUos;Antoine Corréa, Pun des commis du se-crétaire, fut la premiere victime qui tom-ba sous les coups deMenesez: Vascon-cellos effrayé le cacha dans nue grandearmoire; fous un tas de papiers; mais iln’échappâ point aux recherches des con-jurés qui, l’ayant découvert, le massa-crèrent & le jetterent pae la fenêtre , encriant : le tyran est mort , vive lu liberté ejdon Juan , roi de Portugal. La vice reine,voulut faire quelque résistance, ma s ellefut enfermée dans son appartement ; tousles Espagnols, soit dans le palais,soit dansla ville, furent arrêtés. II n’y avoiteucorequ’une partie de ta conjuration d’exécu-tée ; les Espagnols étoient maîtres de lacitadelle, & de là ils pouvoient don icrentrée aux troupes Espagnoles : les con-jurés altèrent trouver la vlce-reine, L luidemanderent de signer un ordre au gou-verneur de livrer la citadelle ; la vice-reine refusa ; mais elle Fut si vivementmenacée, qu’elle l’expédia, dans ! espé-rance que le gouverneur Espagnol voyantle peuple en armes devant la citadelle,& entendant les menaces qu’im lui Faisoitde le mettre en pieces, lui & la garnison,s’il ne fe rendoit pas , n'hcsita point; &enchanté d’avoir un prétexte plausible,il remit la citadelle aux conjurés qui,n’ayant plus rien à faire pour le succès dela révolution , dépêchèrent Muidoze &Meilo au duc de Bragance, pour lui ap-prendre la grande nouvelle de son éléva-tion au trône : dans le même temps onenvoya des courriers dans toutes les pro-vinces, pour rendre grâces à Dieu de ceque le Portugal avoit enfin recouvré laliberté, avec ordre aux magistrats de faireproclamer roi le due de Bragance , & des’assurer de tous les Espagnols qu’on ytrouveroít. Cependant le duc de Bragancearriva à Lisbonne, dont la plupart deshabitans étoient sortis en foule pour allerau-devant de leur nouveau souverain,qui entra dans la capitale, y fut procla-mé au bruit des acclamations , & íolem-

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