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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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utilement couronné. Sa puissance souve- |raine Fut également reconnue sans contra-diction au Bréfil, dans les Indes aiiffi-tôt que l’on y fut instruit de la révolu-tion, ainsi que chez toutes les puissan-ces de l’Europe qui n’étoient point dansla dépendance de la maison d’Autriche.Quelque paisible toutefois que parût l’a-vénement de JeanIVà. la couronne, cecalme extérieur cachait les plus perni-cieux desseins. Les princes du sang n’a-voient vu qu’avec des yeux jaloux l’élé-vation du nouveaux souverain ,•'plusieursseigneurs dont les terres étoient du do-maine de la couronne craignoient d’êtredépossédés, & cette crainte les rendorttrès-inal intentionnés. L’archevêque deDrague fort attaché à la více-reine & auxEspagnols, déméta ces méeontentemens,les aigrit autant qu’il fut en lui, se liguaavec plusieurs seigneurs , forma le pland’une conspiration , en faveur du réta-blissement de la domination Espagnole;y tìt entrer les Juifs, auxquels il promitla tolérance, & prit les plus sages mesu-rer pour renverser le gouvernement ac-tuel. Les Juifs à un jour convenu, de-vaient mettre le feu en différens quar-tiers de Lisbonne ; en même temps lesconjurés du palais dévoient en ouvrir laporte aux autres: on devoir poignarderle roi, s’assurer de la reine & de ses en-fans, tandis que l’archevêque de Bra-xue, accompagné du clergé , marche-roit, précédé de la croix , dans la villepour appaifer le peuple, qui feroit aussiréprimé parles troupes Espagnoles prêtesà entrer dans la ville. Le jour de l'exécu-tion de cette conjuration approchoit,lorsque Jean en fut informé : il feignitdel’ignorer, & prit avec fa rare pruden-ce , toutes les précautions qui pouvoientrempêcher. La veille du jour fixé par lesconjurés, il fit entrer , fous prétexted’une revue générale, toutes les troupesqui étoient en quartier dans les environs jil appeilaau conseil les principaux d’en-tre les conjurés, il furent arrêtés fanséclat ; & dans le même temps, ons’assu-loit dans la ville du reste des conspira-teurs. Leur procès fut bientôt instruit,ils avouèrent leur crime : le marquis deViilaréal & son fils , le comte d’Arma-mur & Augustin-Emmanuel, furent dé-capités ; le secrétaire de l’archevêque defirague L quatre autres furent pendus ;ïom

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quant ì l’arehevêque & au grand inquisi-teur , ils furent condamnés à une prisonperpétuelle. Certe conspiration dissipée,Jean IV convoqua les états, & s’y fit ad-mirer par fa modération & son désinté-ressement, Le comte-ducd’Olivarès, en-core plus furieux que son maître de laperte du Portugal, ue respiroit que ven-geance: les Portugais s’attendant à uneguerre aussi longue que meurtrière , &animés eux - mêmes de la plus violentebaise contre les Espagnols, fe préparè-rent à une vigoureuse défense ; & agres-seurs e(tx mêmes, ils entrerent dans l’Es:tramadure Espagnole , où don Mathiasd’Atbuquerque, à la tête d’un corps de sixmille hommes d’infanterie & d-- douzecents chevaux , battit complètementune petite armée Espagnole de sept millehommes d’infanterie & de deux millechevaux. Cette victoire ralentit beau-coup , sinon la haine des Espagnols, dumoins leurs hostilités, & il est vrai que lavaléur des Portugais , leur zele pourleur roi, & leur ardeur à soutenir la ré-volution qui leur avoit rendu la liberté,ne donnoient pas au roi d'Espagne degrandes espérances de recouvrer ceroyaume. Ne pouvant s’en emparer àforce ouverte , le ministère Espagnol fitproposer que , fi le roi Jean Yf^vouloitrenoncer à cette couronne, Philippe luicéderoit la Sicile ; mats cette proposi-tion fut reçue & rejettée comme elle de-voit l’átre. Les Espagnols ne pouvantrien gagner, en revinrent à leurs an-ciennes voies d’intrigtie & de complot ;ils corrompirent un malheureux qui pro-mit de tuer le roi d’un coup de fusil ; maisqui ayant eu l’indiscrétton de laissertranspirer son projet, fut arrêté & punide mort. Jean IV délivré des inquiétudesque lui avoient causées ces complots,ne s’occupa que des foins da gouverne-ment ; il forma la maison du princeThéodose , son fils, dont les rares qua'i-tés & les talens supérieurs le consoloientde la perte sensible de l’infant Edouard,son frété, qui mourut de poison ou dechagrin, après un temps considérable decaptivité à Milan , détenu par les Espa-gnols. Cependant, quelque tendresseque le roi eût marquée jufqu’alors pourThéodose , il y eut bientôt de la mésin-telligence entr’eux, & elle eut de fàcheu-, ses s»it«. Mal «eoí'ullé par quelques;