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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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remplit les magasins, fit de nouvelles le-vées, mit fur pied une armée nombreuse,qui, jointe à eelledes alliés, étoit for-midable , mais par malheur , fort peudisciplinée en forte que la campagne nefut pas heurcuíe; au contraire, cettegrande armée fut battue par les Espa-gnols , qui pourtant ne profitèrent pointde leur victoire, autant qu’ils l’eussentpu , & qu’on s’y attendoit. Jean ne fedécouragea point,' & il fongeoit auxmoyens de fe dédommager de cette dis-grâce; lorfqu’à Lisbonne il s’éleva unedispute qui eut des suites d’autant plusfâcheuses , qu’elle jetta beaucoup de més-intelligence entre les Portugais & leursalliés. Avant le régné de don Pedre, lesministres étrangers jouissaient en Portu-gal d’immnnités très-étendues ; ces pré-rogatives blessant la prééminence de donPedre; il les abolit, & les réduisît auxfranchises dont ses ministres jouissaientestez les nations étrangères. Cette inno-vation fit murmurer Ceux qui s'en cru-rent lésés; mais• par fa prudence, donPedre étouffa cette affaire ; il n’y aVoiteu depuis aucune forte de dispute, ni de jprétention à ce sujet. Malheureusementl'orgueil de l’evêque & prince de Lam-îjerg rénouvella cette affaire: étant àLisbonne en qualité d’ambassadeur de famajesté Impériale ,. quotqu’incognito , iltrouva Fort offensant que les officiers dejsistice passasseut devant fou hdtel, te-nant dans leurs mains la baguette blan-che levée, ce qui en Portugal est l’attri-but des charges de ces officiers. Le princede Lamherg donna ordre à son suisse deles chasser ; le suisse ne fut pas le plusfort: les officiers de justice refusèrentde retourner sur leurs pas , & il y en eutun qui fut frappé très-rudement. JeanJs informé de cette aventure, en fut très-ijrité, & fit dire à l’ambassadenr qu’iiçût à renvoyer son fuisse, ou à ne plus semontrer à la cour Par la médiationde,quelques grands j cette affaire n’eutpoint alors de inites. Mais peu de tempsaprès , l’évêque de Lamherg, toujoursulcéré de i’afîront qn’il croyois avoir re-çu , engagea ('ambassadeur de CharlesIII à user de voie de fait , & cet ambassa-deur envoya tous ses domestiques empê-cher non-seulementcette classe d’officiersde passer devant fa porte , mais contrain-dre les magistrats qui paffoient en carrosse

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de prendre un autre chemin. Le roi fitécrire & notifier très-vivementfes volon-tés à cet ambassadeur, qui se ligua avec lereste des ministres étrangers , & ceux-cifaisant cause commune, refusèrent opi-niâtrement de se conformes aux inten-tions d » roi. Leur résistance devint sisoutenue, & elle fut poussée avec tantd’opiniâtreté , que Jean V leur envoyaordre de sortir dans vingt quatre heuresde Lisbonne , où il fit en même temps en-trer quatre régimens de cavalerie. Lesministres furent contraints de plier, &le roi très-indigné de leur procédé , fe re-froidit beaucoup pour des alliés dont lesambassadeurs prétendoient lui donner desloix dans ses propres états. C'est à cettemalheureuse querelle qu’on attribua lerefus constant que Jean fit, fous diversprétextes, d’envoyer des secours & destroupes au roi Charles, qui avoit eu detrês-grands avantages en Espagne, & quien eût eu de beaucoup pins importans,s’ii eût été mieux secondé. Les alliés feplaignirent amèrement : le roi de Portu-gal répondit à leurs plaintes avec beau-coup de fermeté , & prouva même qu’ilavoit été au-delà de ses engagemens, tan-dis qu’ils n’avoitnt rempli qtt’tinepartie,enc re même très-solidement, des con-ditions aux quelles ils s’étoient soumis. Etil est vrai que , même dans le feu de cettedispute , Jean V combattent vivementpour le roi Charles contre les Espagnols.Le comte de Viltaverde agissant offensi-vement par ordre de son maître, prit Mi-rande & plusieurs autres places considé-rables, mit le pays à contribution , & eûtvraisemblablement porté ses conquêtesplus loin, si le marquis de Bai n’eûtdansle même temps fait une irruption en Por-tugal , où il alla mettre le siégé devantElvas, ce qui obligea l'armée Portugaisede revenir, & sa présence contraignit lesEspagnols de fe retirer. Malgré ces dif-férentes opérations , les alliés fufpec-toíent vivement la bonne-foi des Portu-> gais, & leur défiance n’étoitpas tout-à-! fait destituée de vraisemblance. Car,

J pour les alarmer, les François avoientrépandu qu'ils venoient de faire un trai-I té secret avec le Portugal ; & afin dedonner plus de consistance à ce bruit > ilsfirent en effet quelques propositions à 1*

I cour de Lisbonne , tandis qu’ils atta-quaient les Portugais en Amérique. Mais