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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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lettrs propositions ne furent point ac-cueillies , & leur entreprise surRiojanei-ïo fut repoussée avec beaucoup de perte :ilsse vengerait cruellement Misuite, &leur succès eut une funeste influence furles affaires de Portugal. En effet, la cam-pagne suivante Fut plus malheurese en-core pour les alliés Si pour les intérêts deCharles, que ne l’avoient été les précé-dentes campagnes. Le duc d’Anjou rem-porta fur son concurrent. Les alliés af-faiblis & hors d’état de tenir contre laFrance & f’Efpaghe réunies, entrerent ennégociation, & le Portugal suivit l’exem-ple de l’Augieterre ; les circonstances l’yobligeoient rt’aiitant plus, que seul &sans appui, il n’étoit pas en état de résis-ter à l’Efpagne , gouvernée par un prin-ce de la mailon de Bourbon , maître detoutes les provinces de ce royaume, &qui venoit d'y établir une forte de gou-vernement militaire. Mais fi la paix serétablisfoit en Europe, Jean V restoittoujours dans de vives inquiétudes, soitpar les fâcheule* nouvelles qu’il reçutde quelques intrigues séditieuses forméesau Brésil, causées par le mécontentementdn peuple, & par les projets factieux dequelqu- s grands, soit à cause des soup-çons que lui donnoit la conduite de lacour de France , qui paroissoit peu dispo-sée à interposer ses bons offices auprès dunouveau roi d’Espagne , pour assurer lapaix entre les nations Espagnole & Por-tugaise. Cependant, à force de soins,de fermeté , d'inflexibilité même , Jeanparvint à conclure la paix , aux condi-tions, à peu de chose près, qu’il avoitdésirées ; ce traité même fut plus avan-tageux aux Portugais qu'ils ne l’avoientespéré. Parvenu enfin à jouir d’un calmeauquel il aspiroit depuis fi long-temps,le roi de Portugal se livra tout entier aubonheur de son peuple : voyant sonroyaume riche parle commerce, il vou-lut auffi Pembellir par les arts, & il leurdonna des encouragemens si flatteurs,que bientôt on les y vit cultivés avec leplus brillant succès. Jean était fortpieux , mais il était tout au moins auffijaloux de ce qu’on devoir à son rang, quez“lé pour la religion. II demanda au papeClément XI le chapeau de cardinal pourl’abbé de Biccbi ; malheureusement cetabbé s'étoit fait de puissans ennemis , &1s le desservirent tant, que le pape re-

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fusa de lui accorder les honneurs de I*pourpre. Jean se sentit ttès-offensé ; Scfi son ressentiment n’éclata point alors,il n’en eut pas dans la fuite des effetsmoins fâcheux : mais lorsque ClémentXI rejettoit cette demande , le roi dePortugal avoit dans fa famille des sujetsde chagrin qui i’occupoicnt tout entier^soit par des vues de politique, soit pardes raisons d’économie , il preffoit vive-ment son Frere don Emmanuel de pren-dre les ordres sacrés i cet état ne conve-nois point du tout à don Emmanuel ; quiaprès s’être long-temps refusé aux solli-citations de son frere , fatigué enfind’une importunité qui ne sinissoit pas,quitta secrètement la cour, s’embarquapour la Hollande , échappa au vaisseauque le roi avoit envoyé à fa poursuite, Scentra au service de l’empereur contre lesTurcs : la fuite précipitée de don Emma-nuel n’étoit pas la feule affaire qui occu-pât Jean V. II venoit d’établir à Lisbon-ne , des académies d’arts, de sciences ,debelles-lettres; l’inquisition n’avoit vuqu’avec des yeux jaloux ces établiffe-mens si funestes à l’empire de la supersti-tion. L’inquisiteur s’étoit plaint amère-ment ; & ses plaintes n’ayant fait au-cune sensation, il s’étoit formellement& très - audacíeusement opposé à l’érec-tion de ces académies : le roi Jean Vtraita avec mépris cette opposition, me-naça l’inquifiteur de le punir de son inso-lence , & protégea les nouvelles acadé-mies , qui n'ont pu cependant encoreprévaloir en Portugal contre l’inquisi-tion. Toutefois, ces tracasseries n’empê-cherent pas le roi de donner la plusgrande & la plus vigilante attention àtout ce qu’il croyait pouvoir contribuerau progrès du commerce national, il fità ce sujet d’excellens réglemens, des loi*sages, & les institutions les plus utiles ;& ce Fut au milieu de ces occupationsimportantes , qu’il maria don Joseph,prince du Brésil, avec dona Marie-An-ne-Victoire, l’aînée des infantes d’Es-pagne ; & dona Marie infante de Portu-gal , avec don Ferdinand, prince desAsturies. Jean V n’avoit point oubliéle refus de Clément XI, & il le sollicitade nouveau en faveur de l’abbé Blcchi;mais il essuya encore un refus plus mar-qué que celui qu’il avoit reçu précédem-ment Ce procédé ulcéra ptofondément