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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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JES

noviciat , & Tâgede trente.trois ans,celui où notre Seigneur Jél'us-Christfutattaché à la croix.

II n’y a nulle réciprocité (Rengage-ment entre la compagnie & ses écoliers,d.ns les vœux qu’elle en exige ; l’écolier11 e peut sortir , & il peut être chassé parle général.

Le général seul, même à l’exclusiondu pape , peut admettre ou rejetter unsujet.

L’administration de Tordre est diviséeen assistances, les assistances en provin-ces , & les provinces en maisons.

11 y a cinq assistant, chacun porte lenom de son département, & s’appelleVajjtstiint ou d’Italie , ou d’Espagne,oud’AIlemagne, ou de France, ou de Por-tugal.

Le devoir d’un assistant est de préparerles affaires, & d’y mettre un ordre quien facilite Pexpédition au général.

Celui qui veille fur une province porteJe titre àeprovincial ; le chef d’une mai.son . celui de recteur.

Chaque province contient quatre sor-tes de maisons ; des maisons professes quin'ont point de fonds, des colieges oùTon enseigne, des résidences où vont sé-journer un petit nombre d’apostolisans.& des noviciats.

Les proses ont renoncé à toute dignitéecclésiastique; ils ne peuvent accepter 1*crosse , la mitre , ou le rochet, que dnconsentement riu général.

Qu’est-ce qu’un jésuite } est-ce iui prê-tre séculier? est-ce un prêtre régulier ?est-ce un laïc? est-ce un religieux ? est-ce un homme de communauté ? est-ce unmoine ? c’est quelque chose de tout cela ,mais ce n’est point cela.

Lorsque ces hommes fe sont présentésdans les coritrécs où ils sollicitoient desétablisse mens, & qu’on leur a demandéce qn’ils éíoient, ils ont répondu, telsquels , talcs qualcs.

Ils ont dans tous les temps fait mystè-re de leurs constitutions, & jamais ilsn’en ont donné entiere & libre commu-nication aux magistrats.

Leur régime est monarchique ; touteTautorité réside dans la volonté d’unseul.

Soumis au despotisme le plus excessifdans leurs maisons , les Jésuites en sontles Fauteurs les plus abjects dans Tétai.

JES 2sr

Ils prêchent aux sujets une obéissancefans réserve pour leurs souverains; auxrois, Tindépendance des loix & l’obéis-sance aveugle au pape ; ils accordent aupape Tinfaillibilité & la domination uni-verselle , asin que maîtres d’un leul, ilssoient maître^ de tous.

Nous ne finirions point si nous entrionsdans le détail de tontes les prérogativesdu général. II a le droit de faire desconstitutions nouvelles , ou d'en renou-veler d'anciennes, & fous telle datequ’il lui plaît ; d’admettre au d’exdure,d’édifier ou d’anéantir, d’approuvtr oud’improuver , de consulter ou d’ordon-ner seul, d’assembler ou de dissoudre,d’enrichir ou ({'appauvrir, d'ahsoudre,de lier ou de délier, d’envnyer ou de re-tenir, de rendre innocent on coupable,d’une faute légere ou d’un crime ,dannuller ou de confirmer un con-trat, de ratifier ou de commuer un legs,d’approuver ou de supprimer un ouvra-ge, de distribuer des indulgences ou desanathemes , d’associer ou de retrancher ;cn un mot, il possede tonte la plénitudede puissance qu’nn peut imaginer dansun chef fur ses sujets ; il eu est la lu-mière, Tanie , la volonté, le guide, &la conscience.

Si ce chef despote & machiavéliste étoitpar hasard un homme violent, vindicatif,ambitieux, méchant, Kt que dans la mul-titude de ceux auxquels il commande ilfe trouvât un seul fanatique, où est leprince, où est le particulier qui fût enfureté, sur son trône ou dans son foyer ?

Les provinciaux de tontes les provin-ces sont tenus d’écrire au général une foischaque mois ; les recteurs, supérieursdes maisons, & les msîtres des novices,de trois mois en trois mois.

II est enjoint à chacun des provinciauxd’entrer dans lc détail le plus étendu furles massons, les coilcges, tout ce quipeut concerner la province; à chaque rec-teur d’envoyer deux catalogues , T nu deTige, de la patrie, du grade, des études,& de la conduite des sujets; l’autre , deleur esprit, de leurs talens, de leurs ca-ractères, de leurs mœurs ; en un mot,de leurs vices & de leurs vertus.

En conséquence, le général reqoit cha-que année environ deux cents états cir-constaneiés de chaque royaume, & dcchaque province d’un royaume, tant