Band 
Tome dix-huitieme. I - JOM.
Seite
303
JPEG-Download
 

JEU

roit plutôt les nommer Ivfut lìtbophilo-ntnt que lusùs natures.

On doit placer parmi les jeux de lanature les pierres on marbres de Floren-ce fur lesquelles onvoit desíuines; lespriapolites , les dendrites , les agites& les jaspes, & les marbres fur lesquelson remarque différens objets dont la ref-semblence n’est formée que par l’arran-gement fortuit des Veines, des taches,& des couleurs de ces sortes de pierres.

Briickmann , compilateur d’histoirenaturelle , rapporte une dissertation inti-tulée de Paputu à nuturà detefîato ; l’aii-téur de cette ridicule dissertation est unnommé Gleichtnann. II y est questiond'une pierre , fur laquelle on voyoit ,ou du moins oii croyoit voir, une reli-gieuse ayant «ne mitre fur fa tête, vê-tue des ornemens pontificaiix, & por-tant un enfant dans fes bras. II dit quela papesse Jeanne fe présenta auffi-tót àson imagination , il ne douta pas quela nature eh Formant bette pierre n’eútvoulu marquer combien elle avoit d'hor-reur pour lé papisme. Voyez Bruck-inann; ËpistoUt iiineraría centuria I ,epistol. Ivj. On conserve deux agatesdans le cabinet d’Upsai, sur l’nne des-quelles on dit qu’un voit le jugementdernier, & fur l’autre le passage de lamer rouge par lesenfans d’Ifraél. Voy.Wallerius, Minéralogie tome I,

II y a des gens qui connoissaut le goûtde quelques collecteurs d'histoire „a tu-tu relie pour le merveilleux, savent lemettre à profit, & leur font payer chè-rement, comme de la nature, despierres chargées d’accidens , qu’jís onteu le secret d’y former par art» ou dumoins dans lesquelles ils ont aidé la na-ture , en perfectionnant des ressemblan-ces qu’elle u’avoit fait que tracergroifié-rement : avec de la dissolution d'or, aveccelle d'argent, &C. on peut tVácer desdesseins assez durables fur les agates; ilest auffi fort aisé d’en former fur le mar-bre, &c, Voy. la Minéralogie ie Va 11e-rius , tome I , page x ‘pi de la traduílionfrançoise U tome 11. page i;g.

On ne doit point confondre avec lesjeux de la nature les pierres qui doiventleurs figures à des causes connues , tellesque font celles qui ont été moulées dansdes coquilles ,ï celles qui ont pris lesempreintes des corps marins qui fe trou-

JEU 303

Vent dans le sein de la terre, celles danslesquelles on volt des empreintes de vé-gétaux & de poissons» lés bois pétrifiés,les crabes pétrifiés, &c. ce n’est point lehasard qUi a produit les figures qu'on yremarque. Voy. FOSSILES.

II ne faut pâs non plus appeller jeuxde la nature les corps que la nature pro-duit toujours fous une forme constantetií déterminée , tels que les cristallisa-tions , les mhreaffités, &c. & encoremoins ceux qui font des produits de l’artdes hommes. Voyez FIGURÉES Pierres.

Jeu de mots , Gramm .-, especes d’é-quivoque , dont la finesse fait le prix ,& dont l’ufage doit être fort modéré.On peut la définir , vue pointe d’efpritfondée fur l’émploi de deux mots qui s'ac-cordent pour le son, mais qui diffèrentà i’égard du sens. Voy. Pointe.

Les jeux de mots , quand ils font spi-rituels , fe placent à merveille dans lescris de guerre , les devises & les symbo-les. íls peuvent encore avoir lieu , lorf-qti’ils font délicats, dans la conversa-tion , les lettres, les épigrammes, lesmadrigaux, les impromptus, & autrespetites pieces de ce genre. Voltaire pou-voit dire à M. Destouchcs ,

Auteur solide , ingénieux ,

Qui du the'àtre êtes le martre ,

Vous qui sites le Glorieux ,ïl ne tiendrait qu'à vous AeVêtre.

Ces fortes de jeux de mots ne font pointinterdits, lorl'qu’on les donné pour unbadinage qui exprime un sentiment, oupour une idée passagère 5 car lì cette idéeparoissoit le fruit d’une réflexion sérieu-se , si on la débitoit d’un ton dogmati-que, çn la regarderoit avec raison commeune petitesse frivole.

Mais on ne permet jamais ìe% jeux iemots dans le sublime , dans les ouvragesgraves & sérieux, dans les oraisons fu-nèbres , & dans les discours oratoires.C’est par exemple un jeu de mots bien mi.férable que ces paroles de Jules Masea-ron, évêque de Tulles, & puisd’Agen,dans l’oraifon funèbre d’Henriette d’An-gleterrc. “ Le grand, ('invincible , lemagnanime Louis, à qui l’antiquité eùtdonné mille cceitrs , elle qui les multi-pliait dans les héros, selon le nombrede leurs grandes qualités, fe trouve fansctetiT à ce spectacle. ^