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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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ne l’assuré encore de la possibilité' de lachose.

Les caisses dé notre ignorance procè-dent dolic i°. du manque denosidscs;5°. de ce que nous ne pouvons pas dé-couvrir la connexion qui est entre lesidées que nous avons ; 3°. de ce que

nous ne réfléchissons pas assez fur nosidées ; car íï nous considérons en pre-mier lieu que les notions qUe nous avonspat nos facultés n'ont aucune proportionavec les choses mêmes , puisque nousn’avons pas Ulie idée claire & distincteîle la substance même qui est le fonde-ment de tout le reste, noUS reconnoî-trons aisément Combien peu nous’pou-rons avoir de notions certaines j L fansparler des corps qui échappent à notreconnoissance, à cause de leur éloigne-ment , il y en a une infinité qui notisfoiit inconnus a danse de leur petitesse.Or, comme ces parties subtiles qui nousfout Insensibles, font parties actives dela matière, & les premiers matériauxdont elle se sert, & desquels dépendentles secondes qualités & la plupart desopérations naturelles, nous sommes obli-gés, par le défaut de leur notion, de restertiânS Une ignorance invincible de ce quePons voudrions connoître à leur sujet,flous étattt impossible de former aucunjugement Certain, n’ayant de ces pre-miers corpuscules aucune idée précise Ldistincte,

S’il noUS êtoít possible de connoîtrepar nos sens ces parties déliées & subti-les , qui font les parties actives de lamatière, nous distinguerions leurs opé-rations méchaniques avec autant de fa-cilité qu’en a un horloger pour connoî-tfe la raifort polir laquelle une montreVa ou s’arréte. Nous ne serions pointembarrassés d'expliquer pourquoi l’ar-geni te dissout dans l’eau-forte, & nonpoint dans l'eâti régales ap contraire del'hr , qui se dissout dans l'eau régale; St«tut pas dans l'eati-forte. Si nos senspouvaient être assez aigus pour àpper-íCVoir les parties actives de la matière,jîoíîb verrions travailler les 'parties del'eali forte fur celles de l’argent, & Cette :méchanique nous l'eroit aussi Facile à■découvrir, qu'il l'cst à l’horlogér de fa.Vois comment, & par quel ressort, sefáit le mouvement d une pendule, maisïe défaut de nos sens ut nous laisse que ,

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des conjectures., fondées fur des ídéeíqui font peut-être fausses ; & nous nêpouvons être assurés d’aucitiie chose sutleUr sujet, que de ce que nous pouvonsen apprendre par un petit nombre d’ex*périences q ni ne réussissent pas toujours,& dont chacun explique les opérationssécrétés d fa fantaisie.

La difficulté que nous avons de trou-ver la connexion de nos idées , est laseconde cause de notre ignorance. IInous est impossible de déduire en au-cune maniéré les idées des qualités sen-sibles que nous avons dés corps ; ilnouSest encore impossible dc concevoir que.la pensée puisse produire le mouvementdans un corps, & qûe le corps puisse àson tour produire la pensée dans Tesprit.Nous ne pouvons pénétrer comment l’es-prit agit snt la matière & la matière surl’esprit; la foibieffe de notre entende-ment ne sauroit trouver la connexionde ces idées; & le seul secours que nousayons, est de recourir à un agent toutpuissant L tout sage , qui opéré par desmoyens que notre foibieffe ne peut pé-nétrer.

Enfin notre paresse, notre négligence,& notre peu d'attention à réfléchir, sontaussi des causes de notre ignorance. Nousavons souvent des idées complétésdes-quetles nous pouvons aisément découvrirla connexion; mais faute de suivre cesidées, & de découvrir des idées moyennesqui puissent nous apprendre quelle especede convenance ou de disconvcnance ellesont elltr’elles, nous restons dans notreignorance. Cette derniere ignorance estblâmable, L non pas celle qui commenceoù finissent nos idées. Elle ne doit avoirrien d’affligeantpour nous,parce que nousdevons nous prendre tels qne nous som-mes, & naît pas tels qu'il semble àl’imâ-gination que nous pourrions être. Pour-quoi regretterions - nous des connoissan-ees que nous n’avons pu nous procurer,& qui fans doute ne nous font pas fortnécessaires, puisque nous en sommes pri-vés. J’aimerois autant, a dit nu des pre-miers génies de notre siécle , m’aíîîigersérieusement de n’avoir pas quatre yeux,quatre piés , & deux ailes.

IgnoEance, Morale. L 'ignorance,en Morale , est distinguée rie Terreur.Vignomnce n’est qu’une privation d’idéesVU dc connoissancss ; mais Teneur est la