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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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& qui arrivent rarement, dit M. de Bas-son , loco citato , arrivent cependant aussinécessairement qne les choies ordinaires,& qui arrivent très - souvent. Dans lenombre infini de combinaisons que pentprendre la matière, les arrangemens lesplus singuliers doivent se trouver, &ï'e trouvent en effet, mais beaucoup plusrarement que lis antrts j dès.lors on peutparier que sor un million d’enfans, parexemple, qui viennent au monde, ilen naîtra un avec deux têtes, ou avecquatre jambes , ou avec des membres qniparoîtront. rompus, ou avec telle autredifformité ou monstruosité particulière,qu’on voudra supposer. 11 se peut doncnaturellement, & sons qu’on doive l’at-tribuer à Y imagination de la more , qu'ilsoit né un enfant avec les apparences demembres rompus, qu’il en soit né plu-sieurs ainsi, fans que les meres cuisentaffilié au spectacle de la roue ; tout com-me il a pu arriver naturellement qu’unemere , dont reniant étoit formé aveccette défectuofité, l’ait mis ail mondeaprès avoir vu ce spectacle dans le coursde fa grossesse ; en sorte que cette défec-tuosité r,'ait jamais été remarquée commeune chose singulière, que dans lccasduconcours des deux événemens.

C’est ainsi qu’il arrive journelsomentqu’il naît ries enfans avec des difformi-tés sor la peau . on dans d’autres parties ,que l’on ne Fait observer qu’autant qu’cl-les ont ou que l'on croît y voir quelquerapport avec quelque vive affection qu’aéprouvée la mere pendant qu’elle portoitl’enfant dans Ion sein. Mais il srriveplus souvent encore que les Femmes quicroient devoir mettre au monde des en-fuis marqués, conséquemment aux idées,aux envies , dont leur imagination a étéfrappée pendant leur grossesse, les met-tent au monde sans aucune maroue, qui•ait rapport aux objets de ces affections,ce qui reste sous fil, nce mille fois pourune ; ou le concours se trouve entre lesouvenir de quelque fantaisie qui a pré-cédé, & quelque défectuofité qui a, oupour mieux dire , en qni on trouve quel-que rapport avec ridée dont la mere a étéfrappée. Ce n'est point une imaginationagissante qui a produit les variétés quel’on voit dans les pierres figurées , lesegates, les dendrites ; elles ont été for-mées par l’épsnchcment d’un sue hétéro.

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gène, qui s’est insinué dans les diversesparties de la pierre : félon qu’il a trouvéplus defac'lité à couler vêts une partie ,que vers une autre ; vers quelque, pointsde cette partie, plutôt que vers quelquesantres, fa trace a forme différentes figu-res. Or, cc-tte distribution d> pendant dei’arrangement des parties de la pierre, ar-rangement qu’aucune cause libre n’a pudiriger, L qui a pu varier ; la route de l’é—panchement de ce suc , & l’cffet qui en arésulté, sont donc un pur effet du hasard.V . Hasasd.

Si un pareil principe peut occasionnerdans cet corps des ressemblances assez par-faites avec des objets connus, qui n’ont ce-pendant aucun rapport avec eux, il n’y aaucun inconvénient â attribuera cette cau-se aveugle, les figures extraordinaires quel’on voit sor les corps des enfans. II estprouvé que Vimagination ne peut rien ytracer j par conséquent que les figures dé-fectueuses ou monstrueuses qui s’y ren-contrent, dépendent de l'effort iles partiesfluides, L des résistances ou des refàcbe-mens particuliers dans les solides. Ces cir-constances n’ayant pas plus de dispositionà être déterminées par nue cause libre,quecelles qui produisent des irrégularités, desdéféctuosités, des monstruosités dans lesbêtes, dans les plantes , les arbres; ellesont pu varier à l’infini,& conséquemmentfaire varier les figures qui en sont la fui-te. Si elles semblent représenter une gro-seille plútótqu’im oeillet,ce n'est done quel’effct du basord. Un événement qni dé-pend du hasard , ne peut être prévu, niprédit; & la rencontre d'un pareil événe-ment avec la prédiction (ce qni est auffi ra-re, qu’il est commun rf’étre trompé à cetégard ) , quelque parfaite qu’on puisse lasupposer , ne pourra jamais être regardéeque comme un second effet du hasard.

Mais, c’est; assez b’ arrêter sor les effets,dont la seul» crédulité, a Fait des sujetsd’éfonnement. On peut prédire , d’aprèsl’illustreauteur de ì’histoire naturelle,quemalgré les progrès de la philosophie , &souvent même en dépit du bon sens > -lesfaitsdontil s’agit,ainsiquebeaucoup (Vau-tres, resteront vrais pour bien des gens ,quant' aux conséquences que l’on en tire.Les préjugés, sor-tout ceux qui foui for-déssor le merveilleux,triompheront toujoursdes lumières de la raison;&l’onseroit bienpeu philosophe , si l’on en étoit surpris