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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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mettant entr’él'es d’autrç différence quécelh qu’on híçt d’ontinaire entre lesmodifications d’nne- même substance,croyant de plus que ce qui est matérielpeut devenir insensiblement spirituel, &le devient en effet. Les pere» des pre-miers fiecles de régisse se livrèrent à cesystème ; car il est indispensable d’enavoir un quand on écrit polir le public.Les questions qui roulent fur l'effençe del’efprit , font si déliées , fi abstraites,les idées en échappent avec tant dé légè-reté, l'imagination y est fi contrainte,l’attention fi tôt épuisée, que rien n’est£ facile, & dès-là fi pardonnable qnedc s’y méprendre. ;Quiponqiie n’y saisitpas d’abord certains principes, est horsde route; il marché fans rien trouver,ou ne rencontre que l’erreur-i ce n’eftpourtant pas tout-à Fait à la peine de dé-couvrir ces principes, la plupart simples& naturels , qu’il faut attribuer les mé-comptes philosophiques de quelques-unsde nos premiers écrivains '; c’est à leurdéférence trop soumise pour les systèmesrequs. Si le succès n’est presque dans toutque le prix d’une sage aiidace, on peutdire que ç’est dans-la philosophie princi-palement qu’il faut oser ; mais eé cou-rage de raison «fui se cherche uné'voiemême où il ne voit point de trace , étoitun art d’inventer ignoré de nos peres :appliqués feulement à maintenir dans fapureté ce dogme de la foi, tout le resténe leur'sembloit qu’une spéculation pinscurieuse que nécessaire. Soigneux toutau plus d’arriver jusqu’où les autresavoient été, la plupart très-capables Jd’aller plus loin , ne sentirent pas assezles-ressources que leur offroit la beautédo leur génie. -

'Origene cè savant fi respectahle, & con-sulté de toutes parts , «'entendait paresprit qu’une matière subtile, & urrairextrêmement léger. C’est le sens qu’ildonne au mot «íàvtsérov, qui est l’incctr-porel des Grecs: II dit encore que toutesprit selon la notion propre & simple dece, terme, est un-corps; Par cette défi-nition jl doit nécessairement avoir cruq nie Dieu, les anges & lés âmes étoientcorporels ; aiifii l’a-t-il cru de même,& le savant M- Huçt rapporte tous les■reproches qu’Qrigene a requ$’ à ce su-jet; il tâche de de justifier contre unexartiez mais enfin il convient qu’il est

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«rtain que cet ancien docteur a avouéqu’il ne paroissnit point dans l’Eeriturequelle étoit l’essence de !á divinité. Lemême M. Huet convient encore qu’il acru que les anges & les âmes étoient com-posés d’une matiete plus subtile qu’il ap-pelloit spirituelle , eu égard à celle quicompose les corps. II s’ensnit donc né-cessairement qu’il a aussi admis une es-sence subtile dans la divinité, car il diten termes exprès qne la nature des âmesest la même que celle de Dieu. Or si l’amehumaine est corporelle , Dieu doit doncl’être. Le savant M. Huet a rapportéavec soin quelques endroits des ouvragesd’Origene qui paroissoient opposés à ceuxqui le condamnent; mais les. termes dontse sert Origene, font fi précis, & la faqondont parle le savant prélat est si foible,qu’on eonnoit aisément que la seule qua-lité de commentateur lui met des armes àJa main pour défendre fou original. 8.Jérôme & les antres critiques d’Origeneont soutenu qu’il n’avoit pas été pluséclairé fur la spiritualité de Dieu, que furcelle des âmes & des anges.

Tertuliien s’est expliqué encore plusclairement qu’Qrigene fur la corporéïtéde Dieu qn’il appelle eependanty}>mí«fldans le sens dont on seservoit de ce motchez les anciens. “ Qui peut nier, dit-il,que Dieu ne soit corps, bien qu’il soitesprit? tout esprit est corps, & a une .forme & une figure qui lui est propre. »Quìs mtem negabit Devait ejse corpus , ctji .Deusspiritus Jitì spiritus etiam corpus Jui ,geiterisin sua effigie. Un livre entier nous .reste de fa main ou.il établit ce qu’il pense/de l’ame ; &ce qu’il y a de singulier, c’est ,qne l’autsur y est clair , fans mélange fie ,ténèbres, lui qn’on accuse d'qtre confus ,ailleurs, presque sens mélange de clarté.C’est-là qu’il renferme les anges dans ce ,qu’il nomme la catkégqrìe de l'éteniue. IIy place Dieu mêfp.e,^ & à, plus forte rai- ,son y comprend-iíi’artie de l’homme qu’ilsoutient corporelle. 1

Ce sentiment de Tertuliien ne prenoit >pourtant pas fa source comme çelui des •autres dans l'opinion dominante ; il esti-mait trop peu les philosophes , & Platonlu! même, dont il disoit librement qn’ilavoit fourni la- -matière de tontes les hé-&fieF. 11 fe trompoit ici par exccs de re-ligion s’il étoit permis de s’exprimetde la farte j parcs qq’ut» fqmme pieuse