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le principe de notre vie étant dans lesang, dans la chaleur & dans l’esprit;mais qu’il est impossible de pouvoir ex-primer la nature qui résulte de ce mé-lange, parce qu’il est plus Facile d’enVoiries opérations que de la définir. Lemême auteur ayant établi par ces princi-pes U corporéïté de l’ame, dit qu’elleest quelque chose de semblable à Dieu.II rend par conséquent Dieu matériel,sans s’ea appercevoir, & sans connoîtreion erreur ; car selon les idées de sb nfiecle, quoique ce fût celui de Cons-tantin , un esprit étoit un corps composéde matière subtile. Ainsi , disant quel’ame étoit corps, & cependant quelquechose de semblable à Dieu , il ne croyoitpas dégrader davantage la nature divine& la spiritualité, que lorsque nous assu-rons aujourd’hui que l’ame étant spiri-tuelle , est d'une nature semblable àcelle de Dieu.
Arnobe n'est pas moins précis ni moinsformel fur la corporéïté spirituelle queLactance. On pourroit lui joindre S. Hi-laire, qni dans la suite pensa que l’ameétoit étendue ; S. Grégoire de Nazianze,qui disoit qu’on ne pouvoit concevoir unesprit sans concevoir du mouvement &de la diffusion ; 8. Grégoire de Nysse,qui parloit d'une forte de transmigrationinconcevable sans matérialité ; S. Am-broise qui divisoit l’ame en deux parties,division qui la dépouillait de son essenceen la privant de sa simplicité ; Caffien quipensait L s’expiiquoit presque de même;& enfin Jean de Thessalouique , qui auseptième concile avance , comme un ar-ticle de tradition attestée par S. Athaiia-se, par S. Basile, L par S. Méthode,que ni les anges, ni les démons, ni lesâmes humaines ne font dégagés de lamatière. Déjanéanmoins de grands per-sonnages avalent enseigné dans ['égliseune philosophie plus correcte ; maisl’ancienpréjugé se conservait apparem-ment dans quelques esprits, L se mon-trait encore une sois pour ne plus repa-raître.
Les Grecs modernes ontétéà-peu-prèsdans les mêmes idées que les anciens. Cesentiment est appuyé de l'autorité de M.dpBeausobre, l’un des plus savans hom-mes qu’il y ait en Europe. Voici commeil parle dans son histoire de Manichée &du Manichéisme : “ Quand je considéré,
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dit-il , la maniéré dont ils expliquentl’nnion de deux natures en J. C. je nepuis m’empêcher d’en conclure, qu’ilsont cru la nature divine corporelle. £'in-carnation, difent-ils , est un parfait mé-lange des deux natures : la nature spiri-tuelle est subtile pénétré la nature matérielleest corporelle jusqu à ce qu'elle soit répanduedans toute cette nature ; mêlée toute en-tière avec elle , en forte qu’il n'y ait au-cun lieu de la nature matérielle qui soitvvide de la nature spirituelle. Pour moi,qui cannois Dieu comme un esprit , j?cannois auliì l’incarnation comme uilacte constant, irrévocable de la volontédu fils de Dieu , qui veut s’unir !a na-ture humaine , & lui communiquer tou-tes les perfections qu’une nature crééeest capable de recevoir. Cette explica-tion tìu mystère de l'Incarnatìon est rai-sonnable; mais, si je Pose dire , ou celledes Grecs n’est qu'un amas de faussesidées & de termes qui ne signifient rien ,ou ils ont connu la nature divine commeune matière subtile.
Le grand homme que je viens de citer,va nous prouver que dans le quatorziè-me fiecle, il Failoit , selon le principedes Grecs , qu’ils crussent encore quel’essence de Dieu étoit une lumière su-blime incorporelle dans le sens des an-ciens peres, c’est-à-dire, étendue, ayantdes parties diffuses ; enfin telles que lesphilosophes grecs concevoient la matièresubtile , qu’ils nommaient incorporelle.II rapporte qu’i! s’éleva dans le quator-zième fiecle une vive contestation farune question beaucoup plus curieusequ'ntile: c’estde savoir si la lumière quiéclata sur la personne de J. C. lorlqu ilfut. transfiguré , étoit une lumière crééeou incréée. Grégoire Palamas, Fameuxmoine du montAthos, seutenoit qu elleétoit incréée, & Ba.rlaam défendoit lecontraire. Cela donna lieu à la cou voca-tion. d'un concile tenu à Constantinoplefous Andronic le jeune. Barlaam fut con-damné , & il fut décidé que la lumièrequi parut fur le Tabor étoit la gloire dela divinité de J. C., fa lumière propre,celle qui émane de P essence divine , ouplutôt celle qui est une feule & mêmechose avec cette essence , & non urie au-tre. Voyons actuellement les réfiexiansde M. de Beauíobre. “Il y a des corps,dit-ii, que leur éloignement ou leur pe»