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assez peu avec Vidée naturelle qui ré-sulte de l’étymologie du mot; & mêmeelle la contredit , puisqu’el 1 e supposeune troisième personne aux verbes que ledénomination indique comme -privés detoutes personnes.
Les Grammairiens philosophes, commeSanctius , Scioppius , St fauteur de lagrammaire générale, ont relevé justementçette méprise ; mais ils font tombés dansune antre : ils ne se contentent pas defaire entrer dans là définition des ver-bes impersonnels , la notion des personnes;ils y ajoutent celle des temps & des nom-bres : quod certá persomi non finitur , sednec numerum ant tempus certam hubet, utamure , amavijfe , dit Scioppius (Gram.philos, de verbe ) ímpersonaíe iUudomninvdeberet esse, quod personis , numeris , fistemporibus careret , quale est amure Uami,ri , dit Sanctius, (Minerv. lib. I,cap. xij.~) N’est-il pas évident que lesidées du nombre St du temps ne Font rienàVimpersonnalité ? ■ D’aillenrs , pour don-ner en ce sens la qualification d 'imper-sonnels aux infinitifs amure, amavijfe ,amari, & semblables, il faut supposerque les infinitifs n’admettent aucune dif-férence de temps, ainsi qne le prétenden effet Sanctius (ibid. cap. xiv.) maisc’est »ne erreur fondée fur ce que ce sa-vant homme n’avoit pas des temps unenotion bien exacte; h distinction en estauffi réelle à l’infinitifqu’aiix aiures mo-des du verbe ; ( Voyez InfinitifTemps.) & fauteur de la grammaire gé-nérale , Part. Jf. ch. xiv. j) semble yAvoir fait attention, lorsqu’il attribuean verbe impersonnel de marquer indéfi-niment, fans nombre St faus personne.
En réduisant donc l’idée de la person-nalité & de Ximpersonnidité à la seule no-tion de? personnes , comme le nom mê-me f exige ; ces mots expriment des pro-priétés, non d’aucun verbe pris dans fatotalité, mais des modes du verbe prisen détail: de maniéré que l’on peut dis-tinguer dans un même verbe , des modespersonnels & de s modes impersonnels; maison ne peut dire d’aucun verbe, qu’il soittotalement personnel , ou totalement im-personnel.
Les «iodes (ont personnels ou imperson-nels, selon que le verbe y requit on n’yreqoit pas des inflexions relatives auxpersonnes ; & cette différence vient de
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celle des points de vue fous lesquels on yenvisage la signification essentielle duverbe. (Fuyez Modes.) L indicatif ,l'ìmpératif & le subjonctif , sont desmode? persomiels ; f infinitif & le parti-cipe sont des modes impersonnels. Lespremiers font personnels , parce que leverbe y reçoit des inflexions relativesaux personnes: à Vindicatif, i. amo,S. amas, 3. «mats à l’ìmpératif, 2. amaou amo.to, 3. amata ; au subjonctif, I.aftwn, î. urnes , 3. nmet. Les derniersfont impersonnels , parce que 1 c vei bc n’yreçoit aucune inflexion relative aux per-sonnes : à f infinitif, amure & amavijfen'ont de rapport qu’au temps ; au parri-cipe , amatus , a , uni , amandus , a , um ,ont rapport au temps, an genre, aunombre & du cas , mais non pas auxpersonnels.
Or il n’y a aucun verbe, dont la signifi-cation eff-ntieile & générique ne puisseêtre envisagée fous chacun des deuxpoints de vue qui fondent cette diffé-rence de modes : on ne peut donc dirèd’aucun verbe, qu’il soit totalement per-sonnel , ou totalement impersonnel.
On m’objectera peut-être que la signi-fication des mots étant arbitraire , lesgrammairiens ont pu donner la qualifi-cation d'impersonnels à certains verbesdéfectifs qui n’ont que la troisième per-sonne du singulier , & qui s’emploienffans application à aucun sujet détermi-né ; qu’en ce cas, leur usage devient pournon? tine loi inviolable,malgré toutes lesraisons d’anaiogie & d’étymologie- queVon pourroit alléguer centre leur pra-tique.
Je comtois tnute Vétendue des droitsde l’usage en fait de langue : mais i’ob-ferverai avec le F. Bouhours , (Rem.nouv. tom. ij. pag. 340.) que comme Uy a un bon usage qui fait la loi en matièrede langue , il y en a un mauvais contre le-quel on peut se révolter justement ; laprescription n'a point lieu à ûet égard :j’ajouterai avec M. de Vaugelas; (Rem.sur la langue fr mu;, tom. I. prés. pag.20.) que le mauvais usage se forme duplus grand nombre de personnes, qui pres-que en toutes choses n'est pus le meilleur ;que le bon nti contraire est composé, nonsas de la pluralité, mais de l'élite des voix;& que c'est véritablement celui que Vonnomme le maître des langues. Si ces deux