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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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Les causes extérieures agissant feules,e’est à-dire fur les sujets réellement sains,ne produisent jamais que l’ indigestionsimple ou légere. Les dispositions particulieres, même les plus légeres, peu-vent fans être secondées par aucune cau-se extérieure, & par ies feules révolu-tions propres à l’éconornie animale, ou sil’on veut par le mauvais effet d’un grandnombre de digestions toujours péniblespour des organes malades, effet cepen-dant long-temps insensible, sourd, ca-ché, peuvent, dis-je , occasionner detemps-en-temps de vraies indigestions, &jnémt de la pire espece, & d autant plusgraves, qi,'elles fe seront préparées deplus loin. Ces cas ne font pas rares ; ce-pendant c’est communément le concoursdes causes extérieures Sc des dispositionsparticulières qui produit les indigestionsgraves. Comme il n’y a que ce concoursqui vraisemblablement puisse produireune maladie proprement dite. Poy. Ma-ladie.

Les indigestions qtte j’ai appellées ìn,fiùttibles , étant comme ce nom mêmel'exprime, desaccidens toujours prévus,elles peuvent toujours être détournéespar un régi me convenable j&c'est pres-que à les prévenir, que fe borne uni-quement le secours que l’art peut fournirdans ce cas ; car ces indigestions survien-nent à des fnjetsfifoibles, ou d’ailleurssi malades , qu’ils y succombent le plussouvent, ou du moins que leur mort enest considérablement hâtée. An reste ellesindiquent, lorsqu’elles ne font pas abso-lument incurables, les secours communsaux indigestions graves en général ; se-cours que nous indiquerons dans la fuitede cet article.

Les indigestions légeres , celles qu'é-prouvent les sujets sains & vigoureux,fe terminent ordinairement d’elles-mémes par une abondante purgation, soitpar le vomissement Sc parles selles, soitpar les selles feulement, ce qui s’sppellefercer; une pareille indigestion doit êtreregardée comme un effort critique, suivide l'effet le plus complet ; ou si l’onveut, comme faction d’une forte méde-cine , comme une superpurgatipa plus oumoins modérée.

Les malades & les médecins ont cou-tume de seconder cette évacuation spon-tanée par une boisson abondante d’une li-

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qiteur aqueuse tiede, ou même par quel-ques grains de tartre ftibié donnés soit enlavage, soit en une feule dose. Ces se-cours abrègent en effet le mal-aise sou-vent très-incommode, les angoisses, ladouleur ; mais il est sûr qu’ils ne sont pasnécessaires, Sc qu’une courageuse expec-tation fuffiroit le plus souvent,-!! est plusgénéralement utile de donner après queles évacuations spontanées ont presqueentièrement cessé, un purgatif doux, &dont l’effet so borne, autant qu’il est pos-sible à entraîner le reste des aiimens nondigérés , Sc quelques sucs , dont l’excré-tion a été vraisemblablement augmentée,forcée pendant l 'indigestion. Les eauxminérales purgatives font éminemmentpropres à remplir cette indication.

Les indigestions qui fe présentent sousl’apparat le moins effrayant, qui ont d’a-boid le caiactere par lequel nous avonsdéfini les indigestions légeres , & lorsmême qu’elles tendent à la solution dela maniéré la plus avantageuse , qu’ellespercent » ces affections, dis-je, qui selonce que nous venons de faire ememire,méritent à peine le nom d’incommoditéchez les personnes saines & vigoureuses,ne doivent pas être regardées comme uneaffection d’auffi peu de conséquence chezles sujet mal constitués dont nous avonsfait mention plus haut. Elles peuventdans tous les temps de l’attaque dégéné-rer en indigestion grave. On ne fauroittrop fe hâter , lur-tout dans les sujetshumides , pléthoriques , lourds , char-gés d’embonpoiut, sujets aux affectionssoporeuses , de dégager l’estomac & lesintestins par ie secours de puisions éva-cuons , Sc sur-tont du tartre émétiquedonné d’abord à assez haute dose pourvuider l’estomac, Sc ensuite tròs-étcndu& mêlé à la manne, ou aux sels purga-tifs, ou bien dissous dans une eau miné-rale , chargée d’un sel ou de sels neutres.

L 'indigestion grave est relativement àfa terminaison accompagnée de vomi sie-ment, ou d’évacuation par les selles ; oubien elle n’est point accompagnée de tesévacuations, & elle s’appelle dans le lan-gage ordinaire indigestion Jcche, La der-niere est communément regardée commeplus dangereuse que la, premiere ; maiscette opinion n’est pas confirmée par l’ex-périence. II n’est pas rare de voir, sur-tout chez des hommes mélancoliques &