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L en ce cas-là, il ajoute encore île lachaux , pour lui faire perdre cette odeur.Prenant alcrs une suffisante quantité degraines de tavaréi , il les fait bouillirdans un sceau d’eau pendant vingt-qua-tre heures : íl verse après cela le tout,eau & graine, dans le vase de Vìndigopréparé. Cette teinture se garde pendanttrois jours, & l’on a foin de l’agiter qua-tre ou cinq fois par jour avec un bâtonde bambou.
Le bleu étant ainsi préparé,[on y trem-pe la toile enduite de cire , après savoirpliée en double, en forte que !e dessus de,ia toile soit en dehors , & que l’enverssoit en dedans. On la laisse tremper en-viron deux heures dans la préparationé’indigo ; puis on la retire teinte enbleu aux endroits convenables. On voitpar-là que les teintures indiennes méri-tent autant le nom de teintes , que celuide toiles peintes.
La longueur &' la multiplicité des opé-rations ponr teindre en bleu, fait naîtrenaturellement un doute ; savoir, fi l’onn’auroit pas plutôt fait de peindre avecun pinceau les fleurs en bleu , fur toutquand iiyen a peu de cette couleur dans«» dessein. Les Indiens conviennent queeela se pourroit , mais ils disent quece bleu ainsi peint ne tiendroit pas, &qu’après deux ou trois lessives, il dis-paroîtroit.
La ténacité & l’adhérence de la cou-leur bleue, doit être attribuée à la grainede tavaréi, qui croît aux Indes orienta-les. Elle est d’un brun clair, olivâtre,un peu amère , cylindrique, de la gros-seur d’une ligne, & difficile à rompreavec la dent.
De quelque maniéré que l ’indigo soitpréparé , on ne s’en sert en médecine,ni pour í’extérieur , ni pour l’intérieur ;on prétend même qu’en Saxe il est dé-fendu de l’employer intérieurement : ce-pendant je n’oserois décider que ce fûtun poison ; c’est assez de savoir que c’estune drogue lucrative , dont toutes lesnations se disputent le commerce. Ilsemble que les indigos des isles fran-qoiles conservent encore l’avantage dubon marché, ruineux pour les indigos |
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d,e colonies angloiscs, qui font néan-moins mieux préparés.
Le bon indigo, non falsifié, avec del’ardoise pilée ou du sable, brûle entiè-rement , lorsqu’on le met sur une pellerouge. II est léger , flottant sur l’ean ; ítfi on le rompt par morceaux, l’intérieuxdoit être net, d’unbeau bien, très foncé,tirant fur le violet, & paroissant cuivré,si on le frotte avec un corps poli , ou ledessus de l’çngje.
Celui qu’on nomme guutimaia est fortestimé; il fe fabrique anx environs deGnatiinala , ville de la nouvelle Es-pagne.
On fait encre beaucoup de cas deVindìgo sarquisse, qui se tire d'un villagede même nom , situé dans les Indesorientales.
Le prix de cette marchandise variebeaucoup j on l’a vu plusieurs foiswon-terd’un écu à 7 liv. 10 f. & même fortau-dessus d’une pistole la livre. (JrT.L. R.)
L'article que nous allons transcrire estde Monjìeur Greffier. Le public éclairéjugera s il a raison de contredire fauteurde ïarticle -précédent.
§ Indigo, autrement appelle Inde,f. m. , Botan. & C'omin. , substance decouleur bleue servant anx teinturiers &aux peintres en détrempe , provenantd’nne plante nommée indigo par les Fran-çois , & anìllo par les Espagnols.
Cette plante esttrès-comnnine aux An-tilles, à Saint Domingue, dans tous lespays chauds de l’Arnérique & dans plu-sieurs endroits des Indes orientales ,ri’où elle paroit avoir pris le nom qn’elleporte. Mais de toutes les colonies fran-q,>iscs, c’est celle de Saint Domingue oùìl s’en fabrique le plus & avec le plus desuccès. Ce fera auffi de ce qui s’y prati-que à l’égardde cette plante , qu’il feraquestion dans cet article.
Ou cultive à Saint Domingue deuxespeces d'indigo , l’un que l’on appelleindigo franc, & l’autre indigo maron (a)ou guatimala. Celui-ci fe divise en indi-go maron à graine noire , & en indigomaron à graine verdâtre ou couleur decorne. Ces deux dernieres especes au-
(a) Le terme de maron est fort usité à Saínt-Domigu? pour signifier, soit uneplante, soit lin animal sauvage, comme d 11 thim maron, cochon maron , &c. Onfe j dit aussi d’uu negr.e, esclave, fugitif.