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sur ['étendue de la culture de l’habitantindigotier. II consiste en un comble, cou-vert ordinairement de paille , porté surdes poteaux & petites fourches en terre,qui ont an plus cinq pies & clirni à sixpiés dehors, & qui ne font point closde l’un à l’autre , asin que le vent y passelibrement ; on se contente de ['entourerde pieux & de gaules pour empêcher lesanimaux d'y entrer : l*on construit dedansplusieurs rangs d’établis; c'est ainsi quel’on nomme deux rangées de petits po-teaux fichés en terre de trois piés d'élé-vation , & qui portent deux lices paral-lèles à la distance de dix-huità vingt pou-ces l’une de Vautre : elles s’étendent non-seulement dans toute la longueur du bâ-timent , mais encore en dehors dn côtédu midi C autant que faire fe peut ), à ladistance de pius de la moitié de la lon-gueur du bâtiment, asin d'y exposer ausoleil les caisses où l’on a nouvellementvuidé les sacs. Ces caisses, qui ont troispiés à trois piés & demi de longueur,fur dix-huit à vingt pouces de largeur,& deux pouces & demi de profondeurau dessus du fond , fe poussent dehorsle matm , & on les fait rentrer îe soir ,& toutes les fois que l’on est menacé dela pluie ; pendant que l’/ná/ga-est encoremou, on le coupe par carreaux de deuxpouces plus ou moins, selon la fantaisiedu fabriquant; & lorfqu’ils ont été ex-posés assea de temps pour être tous déta-chés du fond de la caisse , on ne les ex-pose plus an soleil, qui, en les faisantfendre en tous sens, les réduirait en pe-tits tmreaux, ce qui dépriseroit la mar-chandise. Quand l 'indigo a achevé de sé-cher à sombre , on le transporte au ma-gasin , St on le garde en barils 011 en ba-nques jufqu’à ce qu’il fe vende.
C’est faussement que l’on a attribué àla mauvaise odeur qui s’exhale des cuvesà'indigo , le dépérissement des ouvriersque Von y emploie, & par fuite la dimi-nution des indigoteries dans les isleç fran-qoises de VAmérique. J’ai fréquenté mesindigoteries pendant vingt ans : i'yai mê-me été fort assidu pendant plusieurs an-nées, faute d’avuir un bon indigotier nè-gre , & je n’ai rien ressenti que je puisseattribuer à Vexhaiaison des cuves ; je neme fuis même point apperqu que la va-peur de Viitiigo ait causé la moindreincommodité aux negres qui vuidoient
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l’herbe, qui avoit quelquefois trop pourridans les cuves. Enfin je n’ai jamais en-tendu aucun habitant, ni aucun des chi-rurgiens qui servent à forfait les habita-tions en culture d 'indigo, fe plaindre deseffets de la vapeur des cuves. La dimi-nution des indigoteries dans plusieurs denos colonies, ne vient donc pas de cettecause; mais plutôt du peu de succès decette culture, & de Vavantage que leshabitans ont trouvé à s’attacher à quel-ques autres plantations. Codeur quis’ex-hale d'une bonne cuve , ne peut être ap-pellée mauvaise : elle déplaît quelquefoispendant quelques jours à ceux qui n’yfont pas faits ; mais ils ne tardent pasà reconnoître qu’il n’y a que les cuvestrop pourries donti’odeur soit véritable-ment mauvaise, sans être même insup-portable.
II fe peut que le bon indigo brûle en-tièrement si on le met fut une pelle rouge.Mais il n’est pas moins utile de savoirqu’il y a trois efpeces A'indigo que Vonpeut appellerbon, & une quatrième queVon appelle indigo inférieur. La premiers&la plus chere , est le bleu céleste , quel’on appelle aussi bleu flottant , parce qu’ilreste fur Veau. La seconde, le violet, quel'on appelle, en quelques quartiers, gorgede pigeon. La troisième, le cuivré Ces deuxdernieres font plus pesantes. Dans unemême coupe l’on fait souvent de Vindigode ces trois qualités, quoique ['indigotierâit suivi à toutes les cuves la morne mé-thode. II n’est pas facile de rendre rai-son de cette différence, & l’on ne peutfaire fut cela que des conjectures fur laqualité de la plante, selon les différen-tes veines de terre où l’on a coupé. Maisquand on parviendrait à découvrir la cau-se qui rend Yindigo bleu flottant, cettedécouverte u’cngageroit point les fabri-quans à s’attacher à en faire de cette qua-lité , parce qu’il n’y a pas de profit àfaire de Vindigo si léger : la différencedu prix n’est pas assez considérable pourdédommager du moindre poids. Sons laquatrième efpece Von comprend tout l’»«-digo de qualité inférieure ; quoiqu’il leíoit plus ou moins , suivant le plus oumoins de mauvaise fabrique. Car il estcertain qu’il n’y a de mauvais indigo quecelui qui est mal fabriqué j & c’est uneerreur de croire que celui qui est rie cou-iettrd’ardoise, soit fabriqué avec de^l’ar-