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bre infini fie propositions particulières, &qu’eiies favorisent ainsi également notrefit'fir de savoir & notre paresse. De peud’Êxemples, fi’un quelquefois, nous nouspreiíons fie tirer une conclusion génerale.Quand on assure que les planètes fonthabitées, heíe fonfieton pas principa-lement fur l’exeniple unique fie la terre ?D’où favoris-nous que toutes les pierresfont pesantes ? Quelle preuve avon -nous fie l’existence particulière de notreestomac, fie notre tueur, de nos viscè-res ? f analogie. L’on le moqueroit fiequelqu’un qui douterost de ces vérités 5'cependant s’il osoit demander que l’onexposât le poids des raisons que l’on a depenser ainsi , je crois que l’on pourroits’y trouver embarrassé : car cette consé-quence , cela se fait â'une telle mamerechez les tins, donc cela se fait de la mêmemaniéré chez tous les autres, n’est pointUne conséquence légitime j jamais on nela réduira anx loix d'un raisonnementsûr; on n’en fera jamais une preuve dé-monstrative. Nous savons (Tailleurs quel’analogie peut nous tromper: mais enconvenant qu’elle nous conduit très-sou-vent & presque toujours à la vérité ,qn’clle est d’une nécessité absolue , soitdans les sciences & dans les arts, dontelle est un des principaux fondemens, soitdans la vie ordinaire, où Ton est obligéd'y avoir recours à tous momens , nouscherchons feulement à en faire connoîtrela nature, à la réduire à ce qu’elle est,c’est-à dire à un principe fie probabilité,dont il importe d’examìner la force d’oùelle tire fa solidité , & quelle confiancevu peut & 011 doit avoir en une preuve decette elpece.
Pour cela parcourons les diversessciences où Ton en fait usage. Nous lesdivisons en trois classes, relativement àleur objet, voyez l’Ordre encYClo-JPE'dIQUE , en sciences nécessaires, tel-les que Ja métaphysique , les mathéma-tiques , une bonne partie de la logique,la théologie naturelle , la morale : î°.en sciences contingentes ; Ton compren-dra fous ce titre la science des espritscréés & des corps: Z", en arbitraires, &fous cette derniere classe Ton peut ran-ger la grammaire, cette partie de la logi-que qui dépend des mots, signes de nospensées, cette partie de la morale ou dela jurisprudence, qui est fondée sur les
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mesures. & les coutumes fies nations^II semble que les sciences dont l’objetest nécessaire, & qui ne procèdent que pardémonstration , devroient se passer d’unepreuve qui ne va qu'â la probabilité; &véritablement il vandroit mieux en cher.cher de plus exactes : mais il est pour-tant vrai de dire que , soit par nécessité,soit par une soiblesse naturelle, qui nousfait piéférer fies preuves moins rigides& plus aisées à ceiles qui seroient plusdémonstratives, mais plus embarrassées,Ton ne peut guere se passer ici de Taua-logie. Dans la métaphysique, par exem-ple , & dans les mathématiques, les pre-miers principes, les axiomes font sup-posés, & n ont d’orfiinaire aucune autrepreuve que celle qui se tire de Viaduc -tion. Demrndez à un homme qui a beau-coup vécu fans réfléchir, Jìle tout est plus ■grand que fa partie , il répondra que oui,fans hésiter. Si vous insistez, & que vousvouliez savoir sur quoi est fondé ce prin-cipe, que vous réponfira-t-il, sinon queson corps est plus grand que fa tête, famain qu’un seul doigt, sa maison qu’unechambre, sa bibliothèque qu’un livre; Scaprès plusieurs exemples pareils, il trou-veroít fort mauvais que vous ne fussiezpas convaincu. Cependant ces exemples& cent autres ne font qu’une inductionbien légere en comparaison ds tant d’att»tres cas où Ton applique ce même axio-me. Sans nous arrêter à examiner si cesprincipes font eux-mêmes susceptibles'de démonstration , & si on peut les dé-duire tous des définitions, il suffit pourmontrer Timportanee de la preuve d’ana-logie, de nemarquer qu’an moins la plu-part, pour ne pas dire tous les hommes,parviennent à connoître ces principes,& à s’en tenir pour assurés par la voie del 'induílion. Combien d’autres vérités dansla logique, dans la morale , dans lesmathématiques , qui ne font connues quepar elle ? Les exemples en seroient nom.breux si Ton vouloir s’y arrêter. 11 estvrai que souvent Ton pourroit donner deces vérités des preuves exactes & tiréesde la nature & de l’essence des choses;mais ici, comme fur les principes, legrand nombre se contente de Texpérienceou d’une induBioti très-bornée ; & mê-me Ton peut assurer que la plupart desvérités qui se trouvent présentement dé-montrées,ont d'abord été reçues fur la foi.