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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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sance des choses ; & c’est ici la partie laplus intéressante de cet article.

En Faisant passer en reçue les trois/lasses de sciences que nous avons éra-"blies, commençons par celles dont l'ob-jet est arbitraire , ou fondé fur la vo-lonté libre des hommes : il est aisé d’yappercevoir lé principe de la preuve d’a-iiíiogie. C’est lé goût que nous avons na-turellement pour 16 beau ; qui consiste.dans un heùrebx mélange d’irnité & deVariété : or l'nnité on Tuniformité, &c’est ici la mémê chose,, emporte l’analo-gi? , qui n'ést qu’unê entière uniformitééntre des choses déja semblables à plu-sieurs égards. Ce'goût natures pour l’a-rialogie se découvre dans tout ce qui nousJ s)tait : ('esprit lui même n’est qu’une heu-reuse facilité à remarquer les ressemblan-ces , les rapports. L’árchitecture, lapeinture , la sculpture , la musique, qui'lbut !es arts dont l’objet est déplaire, onttoutes leurs réglés fondées fur í’analogie.Qu’y avoit-il donc de plus naturel que defuir la bizarrerie & le caprice , de fairerégner ('analogie dans toutes les sciencesdont la constitution dépend de notre vo-lonté ? Dans la grammaire, par exemple,ire doit-on pas supposer que les inven-teurs des langues , & ceux qui les ontpolies & perfvctionées , fe font plûs àsuivre l’analogié & à en fixer les loix ?On pourra donc décider les questionsgrammaticales avee quelque certitude encousu'tant l'andogie ? Ajoutons, pourremonter à la source de ce goût pour l’u-Bif'onnité, que faUs elle les langues fe-roient dans une étrange confusion, fichaque nom avoit fa déclinaison particu-lière , chaque verbe fa conjugaison ; Sle régime & la syntaxe varioient fansrégie générale, quelle imagination assezforte pourroit saisir toutes ces différen-ces ? Qu’elle mémoire feroit assez fidellepour les retenir ? L’analogie dans lessciences arbitraires est donc fondée éga-lement & sûr notre goût L fur la raison.

Mais elle nous trompe quelquefois;c’est que les largues, pour me servir dumême exempt?, étant formées par l’ufagede ceux dont te goût n’eft pas le meilleurni te pins sûr ; fe ressentent en quelquechose du goût qne nous avons aussi pourla variété , ou bien l’on viole les loix del’analogie pour éviter certains inconve-r.iens qui naîtroient de leur observation , \

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comme quelques prononciations rudesqu’on n’a pu fe résoudre à admettre : e’estainsi que nous disons sor. aine, son épée ,au lieu de sa ame , sa épée i & si l'on yprend garde, on trouvera souvent dans Uvariété la plus grande une analogie plusgrande qu’on ne s'y attendoit : l’exem-ple cité en fournit la preuve. Puisquec’est le créateur lui-même qui nous adonné ce sentiment de la beauté L cegoût pour ('analogie, sans doute il avoulu orner ce magnifique théâtre de('univers de la maniéré la plus propre ànous plaire, à nous qu’il a destinés à enêtre les spectateurs. 11 a voulu que touts’y présentât à nos yeux fous ('aspect leplus convenable, le plus beau le plusparfait : je parle de ce qui fort immédia-tement de ses mains, fans être gâtéphrla majiee des hommes. Dès-lors il a dûordonner que ('uniformité & l’analogies’y montrassent dans tout leur jour ; queles propositions , l'ordre , ('harmonie yfussent exactement observées ; que toutfût réglé par des loix générales, simples,en petit nombre , mais universelles &fécondes en effets merveilleux : c’est auflice que nous observons & ce qui fonde lapreuve d’analogie dans les sciences dontl’objet est contingent.

Ainsi tout est conduit par les loix damouvement, qui partent d’un seul prin-cipe, mais qui fe diversifient à ('infinidans leurs effets ; & dès qu’une obser-vation attentive des mouvemens descorps nous a appris quelles font ces loix,nous sommes en droît de conclure paranalogie que tous les évenemens natu-rels arrivent & arriveront d’une maniéréconforme à ces loix.

Le grand maître du monde ne s’eft pascontenté d’établir des loix générales, its’est plu encore à fixer des causes uni-verselles. Quel spectacle à f esprit obser-vateur qu’une multitude d’effets qui nais-sent tous d’une même cause ! Voyezque de choses différentes produisent lesrayons que le soleil lance fur la terre fla chaleur qui ranime, qui conserve noscorps, qui rend la terre féconde , quidonne aux mers, anx lacs, aux rivières,anx fontaines letir fluidité ; la lumièrequi récrée nos yeux, qui nous fait dis-tinguer les objets, qui font les plus éloi-gnés. Sans ces rayons point devapeurs,point de ploies, point de fontaines, point