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lie vents. Les plantes & les animaux des-titués d'alimens, péíiroient en naissant,ou plutôt ne naîtruient point du tout; laterre entiere ne serait qu’une niasse lour-de, engourdie, gelée, fans variété, fansfécondité, fans mouvement.
Voyez encore combien d’effets naissentdu seul principe de la pesanteur univer-selle ; elle retient les planètes dans la car-rière qu’elles parcourent autour cl u soleil,comme autour de leur centre particulier jelle réunit les différentes parties de no-tre globe 5 elle attache fur fa surface lesvilles, les rochers, les montagnes j c’està elle qu’il faut attribuer le flux & le re-flux dc la mer, le cours des fleuves, l'é-quilibre des liqueurs , toutìce qui dé-pend de )a pesanteur de l’air , commeí'entreticn de la flamme, la respiration& !a vie des animaux.
Mais ce n’eft pas feulement pour nosplaisirs & pour satisfaire notre goût queDieu a créé ce monde harmonique & ré-glé par les loix sages de l’anaiogie, c’est-fur-tout pour notre utilité & notre con-servation. Supposez qu’on ne puisse rienconclure d’une in&v.Bìon , que ce raison-nement soit Frivole & trompeur, je disqu’alors J’bomme n’auroit plus de régléde conduite & ne fauroit vivre. Car fije n’ose plus faire usage de cet alimentque j J ai pris cent fois avec succès pourla conservation de ma vie , de peur queces effets ne soient plus les mêmes ; ilfaudra donc mourir de faim. Si je n’ofeme fier à un ami dont j’ai reconnu en centoccasions le caractère sûr , parce quepeut-être il aura changé fans cause appa-rente du soir au matin, comment meconduire dans le monde? II servit aiséd’accumuler ici les exemples. En unmot, file cours de la nature n’étoit pasréglé par des loix générales & unifor-mes, par des canses universelles, si lesmêmes causes n’étoient pas ordinaire-ment suivies des mêmes effets, il servitabsurde de se proposer 1111e maniéré devivre , d’avoir un but , de chercher lesmoyens d’y parvenir ; il faudroit vivreau jour le jour, & se reposer entière-ment de tout sur la providence. Or cen’est pas-là l'íntention du créateur, celaest manifeste ; il a donc voulu que 1 ana-logie régnât dans ce monde & qu’ellenous servît de guide.
S’il arrive que l’anaiogie nous induise
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quelquefois en erreur , prertoirs-nous-ettà la précipitation de nos jugemens & à cegoût pour t’analogie , qui souvent nousfait prendre la plus légere ressemblancepour une parité parfaite. Les conclusionsuniverselles font admises par préférence,fans faire attention aox conditions néces-saires pour lesrendre telles, & en négli-geant des circonstances qui dérangeraientcette analogie que nous nous efforqons d’ytrouver. 11 faut observer aussi que le créa-teur a voulu que ses ouVlâges eussent lemérite dc la variété ainsi que celui de l’u-niformité, & que nous nous tromponsainsi en n’y cherchant que ce dernier.
II nous reste à examiner la probabilitéqui résulte de Vinìuflion dans les scien-ces nécejsuires. Ici. les principes de beauté& de goût ne font point admissibles, parceque la vérité des propositions qu’ellesrenferment ne dépend point d'iine vo-lonté libre , mais est fondée fur la naturedes choses. II faudroit donc, comme nousl’avons déjadit, abandonner la preuved’analogic , puisque l’on peut en avoir deplus sûres ; mais dès qu’elle n’est pas fansforce, cherchons d’où elle peut venir.
Dans les sujets nécessaires, tout ceq 11e l’on y considéré est essentiel; lesac-cidens ne font comptés pour rien. Ce quel’esprit envisage est une idée abstraitedont il forme l’essence à son gré par unedéfinition , & dont il recherche unique-ment ce qui découle de cette essence, fanss’arrêter à ce 91m des causes extérieuresont pu y joindre. Un géomètre, par exem-ple , ne considéré dans le quarré précisé-ment que sa figure ; qu’il soit plus grandnu plus petit, il n’y fait aucune atten-tion ; il ne s’attacbe qu’à ce qu’il peutdéduire de l’essence de cette figure, quiconsiste dans l’egalité parfaite de ses qua-tre côtés & de ses quatre angles. Mais iln’est pas toujours aisé de tirer de l’essenced’un être mathématique ou métaphysi-que tout ce qui en découle ; ce n’estquelquefois que par une fuite laborieusede raisonnemens , qu’on peut faire voitqu’une propriété dépínd de l’essence at-tribuée à une chose. Je suppose qu’exa-minant plusieurs quarrés ou plusieurstriangles différens, je leur trouve à tousune même propriété , fans qu’aucunexemple contraire vienne s’offrir à moi ,je présume d’abord que cette propriétéest commune à toutes ces figures, & je