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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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trice ; íi ces défaillances ou ces convul-sions durent encore , il pourra s’écoulerun temps suffisant pour que i’hémorrha-gie ou le froid portent une atteinte mor-telle à Pensant. Mais tous ces cas fontextraordinaires, & ne doivent être ad-mis qu’avec des preuves suffisantes. IIest poffiMc de s’assurer par l’examendela mere si l’accouchement a été accom-pagné de pareils accidens ; ils laissentdes vestiges qui les annoncent : !a pâleur,la foiblesse , l’œdeme , les évanoui sse-mens font leurs fuites ordinaires ; Pétatdu pouls, celui des parties de la géné-ration, le volume de Pensant & de l’ar-riere-fait, le tempérament de la mere ,son genre de vie sur-tout, & la quantitéde sang qu’elle a perdu dans l’accauche-ment comparée aux pertes ordinaires,portent le plus souvent le jour le pluscomplet dans cette recherche.

Si ces indices manquent, & s’il n’estpas clair que les accidens ont été suffi fa n spour ôter tante connoissance à la mere ,il me paraît qu’elie est criminelle d’avoirrésisté à ('impulsion Ii naturelle & fi pres-sante qui la portoit à donner des secoursà l'infortunéqu’elle amis au monde.

Ce tendre mouvement que la natureexcite dans toutes les me tes pour la con-servation de leur fruit, estuneespcce denéceífité physique inhérente à leur être ;l’amour maternel se peint avec douleurdans les animaux les plus féroces , leurvigilance est extrême, leurs efforts éton-mns lorfqu’ils défendent leurs petits, &le désespoir le plus vif les accable lors-qu’ils deviennent la proie d’un aggres-seur. Nos femmes qui vivent en société& fous la protection des loix, font pres-que toujours à l’abri de la cruelle nécessi-té de défendre lems enfans contre depareilles attaques ; les secours mutuelsqu'elles fe donnent suppléent aux soinsque chaque mere doit prendre dans l’ins-titution primitive , mais cet arrangementde convention ne détruit point le désirintérieur qu’elle sent d’être utile par elle-méme. Ce sentiment est auffi involon-taire & auffi indépendant que celui quirapproche les deux sexes. C’est en vainque ('usage force une mere à fe reposerdes petits foins de son fruit fur des fem-mes mercenaires qui ('entourent, elleveut le contempler, le presser contre sonsein , & l'arroser de larmes délicieuses

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qui effacent fa peine paffe'e , & font lesceau de l’union qn’elle contraste.

La foiblesse qu’épronve une femme quivient d’accoucher, ne suffit pas pouréteindre le charme que procure Vidéed’avoir un enfant, il semble au contrai-re qu’elle reprend ses forces, & que l’inf-tinct qui l’attire vers ee nouvel être est enmême proportion que la peine qu’il acausée.

On me pardonnera de m’arrêter surune vérité de sentiment qui tient de siprès à l’ordre. Si je parois exagérer ceprincipe & lui donner trop d’influencedans cette question , n’en accusons quela funeste habitude où nous sommes dene juger que par le fait & de ne croireaux impulsions naturelles qu’avec lesmodifications que leur donnent les pré-jugés de l’édncation.

Dans tous les cas â’infanticide on apour l’ordinaire plusieurs objets à discu-ter à-la fois: i°. fi l’enfant étoit capablede vie après la naissance;î°.s’il étoit mortou vivant avant l’accouchement ; 3". s’ílest né mort ou vivant', & s’il a vécu aprèsl’accouchement; 4 0 . quelles font les cau-ses de fa mort avant ou après l’accouehe-ment ; depuis quel temps il est né }& 6°. si la mere qu’on accuse a réelle-ment accouché dans le temps supposé.

J’ai déja parlé au mot Avortemenxdes signes qui peuvent faire distinguerles avortons des foetus viables ; le dé-veloppement des parties d’un enfant,fa parfaite organisation s’annoncent suf-fisamment par le premier coup d*œil.Tout enfant qui parvient à terme sansaccident durant la gestation , fans dé-pravation dans les organes essentiels ,& qui étoit vivant dans le sein de samere à cette époque , doit être censéviable.

Les signes du fœtus mort avant I’ac-couchement font, selon Alberti, la sou-plesse & la flexibilité de son cadavre,la rugosité ou la molesse de sa peau,.sacouleur jaune ou même livide, l’assais-sement du bas-ventre , le changementdans ['ensemble de toutes les partiesqui ressemblent plus à un adulte qu’à unenfant, les commencemens de putréfac-tion , les taches livides ou de différences .couleurs répandues fur la peau, les cre-vasses ou les gerçures, la saule putridequi s’en écoule ou qui fort par ks autres