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le pere ne balancerait pas,triais ilfait qu’ilen arrive quelquefois. II craint que Ionfils ne fait la victime d’un malHetueúxhasard. Peut-on le blíimer de rit vòu'ioirsien risquer ? C’est à ce pere fi ten-dre & si ciaintìf que s’adrvfle M. de laCondamine , dont nous emprunterons L sex profilons.
“ Vos intentions font. très louahjes.Vous ne voulez dites-yons , rien hasar-de! -. je vous le coníeiiìerois, fi la choieétoît possible ; mats il faut hasarder icimalgré vom. 11 n’y a point de milieuentre inoculer votre fils & ne point l'ino-cúl'cr î 11 faut ou prévenir la petite Vé-role , ou l’attendre. Ce sont deux hasardsà courir; doiit l’un est inévitable: il nevêtis reste plus que íe choix. „
“ Voilà cent ensans, â votre fils estdit (ìotnbre. On les partage en deux clas-ses. Cinquante voiit être inoculés, lesCinquante autres attendront l’événcmentdes cinquante premiers , aucun nè mour-ra; mais par le plus malheureux des.bâ-tards, il seroit possible? qu’il en mourûtlui : furies cinquante restans, la petitevérole se choisira fix victimes an moins -,& plusieurs autres feront défigurés. IIfcuít que votre fils entre absolument dansrime dy ces deux classes. Si vous Pal-mez, leiaisserez-vous dans la seconde?Hasarderez-yons six, an lieu d’un , furcette vie fi précieuse, vous qui ne vou-lez rien hasarder du tout ? „
Mais quel ternit le désespoir dé ce po-re , si malgré des espérances fi flatteuses,son fils vendit à succomber sous ré-prouve de l'inoculation ? “ Crainte chi-mérique ! puisque la petite vérole ino-culée est infiniment moins dangereuse quela naturelle , & lur-tont puisque Celuiqui ne l’auroit jamais eu naturellement ,ne la recevra pas pat l'inoculation : maisquand ce fils chéri mourrait, contre toutevraisemblance , le pere n’auroít rien àse reprocher. Tuteur né de son fils, ilétoît obligé rie choisir pour son pupile,& la prudence a dicté son choix. Enquoi consiste cette prudence ; fi ce n’est àeser les inconjéniens & les avantages,bien juger du plus grand degré de pro-babilité ? Tandis qn’ur» instinct aveuglejctenoit le pere, I évidence lui crioit :de deux dangers entre lesquels il faut op-ter^ choisis le moindre. Devoit-il , pou-voit-il résister, à cette voix ? Le fort a
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trahison attente, en est- í! responsable?Un antre pere crié à son fils: lu terretrembli, la maison s'écroule , sortez ;fuyez ... le fils fort ; la tsrre s’entr'ou-vrè & L'chgloutit. Ce pere ést-il coupa-,ble ? Le nôtre est dans le messe cas. Siía fille étoit morte en concile, se repro-çhproit-il sa mort? II en auroic plus d#sujet : ce n’étoït Pas pour sauver la viede sa fille qu’il l’a livrée au péril del’ac-couchement, & cependant il a plus ex-posé ses jours en la mariant, que ceuxde l'on fils en le soumettant à rinoettia-tien. ,j
M. de la Condamine présente diver-ses j otages pour rendre plus sensible àsss lecteurs la différence des risques desdeux petites véroles. Voici lesplhs frap-pantes :
“ Vous êtes obligé de passer un fictiveprofond & rapide avec t:n risque évidentde vous noyer fi vous le passez à la nage:on vous ossre un bateau. Si vo'us ditesque vous aimez encore mieux ne pointpasser la rivière , vous n’enter.dez pasí'état de la question : vous ne pouvezvous dispenser de passer à l’autre bord ;on nevDus laisse que le choix du moyen.La petite vérole est inévitable au com-mun des hommes , quand ils ne font pasenlevés par une mort prématurée ; lenombre des privilégiés fait à peine tineexception, & personne n’est sûr d’êtr#de ce petit nornbre Quiconque n’a pointpassé le fleuve est dans Ih cruelle attentede sè voir forcé d’un moment à l’autre ìle traverser. Une longue expérience àprouvé què de sept qui risquent de lépasser à la nage , un, & quelquefois deuxîbnt emportés par lé courant : que decéux qui le passent en bateau , il n’ehpérit pas tin fur trois cents, quelquefoispas un fur mille: hésiterez vous encoresur le choix? „
“ Tel est le fort de l’humanité: plusd'im tiers de ceux qui naissent font desti-nés à périr la premiere année de leur viepar des maux incurables ou du moinsinconnus : échappés à ce premier dan-ger , le risque de mourir de la petità^vérole devient pour eux inévitable; ilse répand sur tout le cours de la vie, &croît à chaque instant. C’eft une îottrieforcée, où nous nous trouvons intéressésmalgré nous : chacun de nous y a foubillet: plus il tarde à sortir de laroue,