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plus Je Z-mzer augmente. II sort à Pari* ,année commune, quatorze cents billetsnoirs, dont le lot est la mort. Que Fait-on en pratiquant Vinoculation ? On chan-ge les conditions de cette loterie ; on di-íninue le nombre des billets Funestes :ttn de Fept, & dans les climats les plusheureux , un fur dix ctoit fatal ; il n’enreste plus qu’un fur trois cents, un furcinq cents bientôt il n’en restera paslin fiir mille j nous en avons déjà desexemples. Tons les stecles à venir en-vieront an nôtre cette découverte : lanature nous décimoit, l’art nous initié*simc. „
A qui appartient-il de dc'cider la ques-tion : Jl /'inoculation en général est utileest salutaire ?
Les médecins d’un côté , les théolo-giens de ì’autre, on prétendu que 17 »*.'adatìon étoit de leur compétence. Es-sayons de reconnoître & de fixer les bor-nes du ressort de ces deux /urifdictionsdans la question présente.
Parmi ceux qui sont tentés , fur lebruit public, d’éprouvèr ('efficacité de lapetite vérole artificielle; les uns pour sedéterminer, consultent leur médecin,les autres leur confesseur. Pour savoir àqui l’on doit s’addresser , il faut fixer Pé-tât de la question.
Si V inoculation n’eùt jamais été prati-quée , & si quelqu’un propofoit d’enfaire le premier essai , cette idée nepourroit manquer de parcítre finguliere,bizarre, révoltante, le succès très-dou-teux , Pexpérience téméraire & dange-reuse. Le médecin faute de faits pours’appuyer ne pourroit former que desconjectures vagues , peu propres à rassu-rer la conscience délicate d’un théologiencharitable qui craindrnit de se jouer dela vie des hommes. Peut-être le méde-cin & le théologien s’accorderoient-ils àne pas même trouver de motifs suffisonspour tenter cet essai fur des criminels.Aujourd'hui que nous avons depuis 40ans finis les yeux mille & mille expérien-ces dans toutes fortes de climats, fur dessujets de tput âge & de tontes fortes deconditions ; Pétât des choses a bien chan-gé ; mais avant que d’en venir à la ques-tion morale , nous en avons une autreH résoudre.
Lequel des deux court un plus grand■ifque de Iq vie , oii celui qui attend en
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pleine santé que la petite vérole le saisisse ,ou celui qiti la prévient en se faisant ino-culer ? Cette question est aujourd’huila premiere qui fis présente, & la plu*importante de toutes. C’est d’elle quèdépend la résolution de toutes les autres.Elle n’appertient, comme on le voit, nià la médecine ni à la théologie. C’estune question de fait, mais compliquéej& qui ne peut être résolue que par 11comparaison d’un grand nombre de fait*ct d'expérienees, ìi’ou l’on puisse tirerla mesure de la plus grande probabilité.Le risque de celui qui attend la petitevérole est'-en raison composée du risqued’avoir un jour cette maladie , & durisque d’en mourir s’íl en est attaqué. Çtrisque, tout composé qu’il est , est ap-préciable , & sa détermination dépenddu calcul des probabilités , qui, commeon fait, est une des branches de la géo-métrie.
Remarquez sur-tout que dans la ques-tion proposée, l'alternative d’attemlreou de prévenir la petite vérole , n’ad-met point de milieu. Cette question, unefois résolue par la comparaison des deuxrisques ( & il n’appartient qu’au géo-mètre de la résoudre ) , fera naître uneautre question de droit , que nous iso-lons appellcr tbéologique , savoir , Ji dedeux risques inégaux dont Vun est inévi-table , il est permis de choisir le moindre ?II »e paroît pas qu’il soit besoin de con-sulter la théologie pour répondre. Laquestion deviendroit plus sérieuse & plusdigne d’un théologien moraliste , s’íl s’a-gissait de décider fl de deux périls dontt'un est in évitahle, la raison , la conscience ,la charité chrétienne n'obligent pas à choì-fir le moindre, £st jusqu'où s'étend cetteobligation ? Si l’affiunativé l’emportoit,& qu’il fût d’ailleurs démontré qu’ily a plus de risque en pleine santé d’at-tendre la petite vérole que dé la préve-nir par {'inoculation, on voit que cetteopération devroít être non - seulementconseillée, mais 1 prescrite.
Jusqu’ici nous n’avons considéré quefutilité générale de la méthode : quantà son application aux cas partituliers, lemédecin rentreroit dans ses droits. Telsujet n’a-t-il pas quelque disposition fâ-cheuse qui le rende inhabile au bénéfi-ce de \'inoculation! QiieWe est la saison,quel est le moment les plus favorables 9