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langues qui se parlent aujourd'hui enEurope.
3°. 11 ne m’appartient peut-être pastrop de dire ici mon avis fur ce qui con-cerne i’ordre de l’élocntion oratoire;mais je ne puis m’empêcher d’exposerri n moins sommairement quelques ré.flexions qui me font venues au sujet duí'ySiême de M. Battenx sur ce point.
“C’est, dit-il , (p«g. Zoi.) désordre& dc rarraagementdes choses & de leursparties que dépend l’ordre & l’arrange-ment des pensées ; & de l’ordre & del'arrangement de la pensée , que dépendl’ordre & l'arrangement de l’expreflîon.Et cet arrangement est naturel on non•dans les pensées & dans les expressionsqui sont images, quand i! est on qu’iln’est pas conforme aux choses qui fontmodèles. Et s’il y a plusieurs choses quisc suivent ou plusieurs parties d’nne mê-me chose, & qu’elles soient autrementarrangées dans la pensée qu’eìles ne lefont dans la nature, il y a inversionou renversement dans la pensée. Et sidan? l’exprelsion il y a encore un autrearrangement qne dans la pensée, il yaura encore renversement; d’où il suitque Vir.version ne peut être que dansles pensées on dans les expressions. &qu’elle ne peut y être qu’en renversantl’ordre naturel des choses qui sont re-présentées. „ J'avois cru jusqu'icì, &bien d’autres apparemment l’avoient crucomme moi L le croient encore, quec'est la vérité feule qui dépend de cetteconformité encre les pensées & les cho-se?, ou entre les expressions & les peufées; mois on novs apprend ici que laconstruction régulière de l’élocution endépend auffi , ou même qu’eile en dé-pend feule, au point que quand cetteconformité est violée , il y a simplementinverjìon , on dans la tête de celui quiconçoit les choses autrement qu’elles nefont en elles-mêmes, on dans le dis-cours de celui qui les énonce autrementqu’îl ne les canqoit. Voilà farts doutela première fois qne le terme d 'inver-sion est employé pour marquer la déran-gement dans les pensées par rapport àla. réalité des choses, ou le défaut deconformité de la parole avec la pensée;mais il faut convenir alors que la gran-de source des inversions de ia premiereespece est aux petites maisons, & que
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celles de la seconde espece sont traitéestrop cavalièrement par les moralistes qui,sous le nom odieux de mensonges , les ontmiles dans la ciaffe des choses abomi-nables.
Mais suivons les conséquences: il estdonc essentiel de bien connoître l’ordre 8íl’arrangement des choses & de leurs par-ties, pour bien déterminer celui des pen-sées, & ensuite celui des expressions:tour le momie croit qne c’est là-ia suite dece qui vient d’être dit; point du tout.Au moyen d’une inversion , qui n’est nigrammaticale ni oratoire , mais logique,fauteur trouve “que dans le cas où ils’agií de persuader, de faire consentirl’auditenr à ce que nous lui disons, l’ inté-rêt doit régler les rangs des objets , &donner par conséquent les premieres pla-ces aux mots qui contiennent l’objet leplus important.,, II est difficile; ce mesemble . d’accorder cet arrangement ré-glé par l’íntérêt, avec l’arrangement éta-bli par la nature entre les choies : qu’im-porte ; c’est dit-on, celui qui doit réglerîes places des mots. J’y consens; maisles décisions de cet ordre d’intérêt sont-elles constantes, uniformes, invaria-bles? Vous savez bien que telle doit êtrela nature dss principes des sciences &des arts. II me semble cependant qu’îlvous seroit difficile de montrer cette in-variabilité dans le principe que vousadoptez; il devroit produire en touttemps le même effet pour tout le monde ;au lieu que dans votre système , pour meservir des termes de l’auteur de la lettrefur les sourds U muets, pttg 93 , “ cequi sora inversion pour t’un , ne le ferapas pour l’autre. Car, dans une fuite d’i-dêes, i! n’arrive pas toujours .que toutle monde soit également affecté par làmême. Par exemple, si de ces deux idéescontenues dans la phrase serpentent .singe,je vous demande qu’elle est la principale ;vous me direz, vous, que c’est le ser-pent; mais un autre prétendra que c’estla fuite, & vous aurez tous deux raison.L'homme peureux ne songe qu’au ser-pent ; mais celni qui craint moins le ser-pent que ma perte, ne songe qo'à. mafuite : l’un s’effraye & l’autre m’aver-tit. „ Votre principe n’est donc ni affezévident, ni affez fur pour devenir Fon-damental dans l’élocution même oratoire.Vous le sentez vous-même , puisque vous