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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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avouez (pag. 516. ) que soit applicationw a pour le métaphysicien même dos va-riations embarrassantes, qai font causéespar la maniéré rfnnt les objets le mêlent,íe cachent, s’effaceut, «'enveloppent, fedéguisent ies uns les autres dans nos pen-sées; de forte qu’il reste touiours, aumoins dans certains cas, quelques partics de la difficulté.,, Vous ajoutez quele nombre & Tharmonie dérangent sou-vent la construction prétendue régulièreque doit opérer votre principe. Vous yvoilà, permettez que }e vous le dise;vous voilà au vrai principe derélocntionoratoire dans la langue latine & dans lalangue grecque, & vous tenez 1a princi-pale cause qui a détermina le génie de cesdeux langues à autoriser les variations descas, afin de faciliter les inversions quipourroient faire plus de plaisir à i’oreiilepar la variété & par l’harmonie, que lamarche monotone de la construction na-turelle & analytique.

Nom avons lu vous & moi, les œuvresde rhétorique de Cicéron & de Quinti-Jíen , ces deux grands maîtres d’éloquen-ce, qui en connoissoient si profondémentles principes & les ressorts, & qui nousles tracent avec tant de sagacité, de jus-tesse & d'étendue. On n’y trouve pas unmot, vous le savez, sur Votre prétenduprincipe de l'élocution oraíoire; maisavec quelle abondance & quel scrupuleinfistent-ifs i’un & l’autre fur ce qui doitprocurer cette fuite harmonieuse de sonsqui doit prévenir le dégoût de l'oreille ,ut & verbormn numéro , vocum modo ,délectatione vincerent aurìum satietatem.Cic. de Orat. lib. III , cap. xjv. Cicéronpartage en deux la matière de l'éloquen-ee : i°. le choix des choses & des mots ,ui doit être fait avec prudence, L fansoute d’après les principes qui font pro-pres à cet objet; î°. le choix des sonsqu’il abandonne à l’orgueilleuse sensibi-lité de l’oreille. Le premier point est, se-lon lui, du ressort de t’intelligence & dela raison; & les réglés par conséquentqu’il faut y suivre, sont invariables &sûres. Le second est du ressort d u goût ;c’est la sensibilité pour le plaisir qui doiten décider ; & ces décisions varieront enconséquence au gré des caprices de l’or-gane & des conjonctures. Rerum verbo-Yumquejudicium Prudential est, voeu ;«(dessons) autem îst minterorum aweisunt ju-

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âices t quoi iilu ad inteïligerttiam refe-runtur , baie ad velus totem , inìUìs ratioinvertit , inhisfettfus , artem. Cicéron,Oí'Sf. cap. xxij , b, 164.

Voilà donc ks deux seuls juges que re-connoît, en fait d’élocution, Íe plusélo-qU'i nt des Romains, la raison & Poreille jle cœur est compté peur rien à cet égard.Et en vérité il Faut convenir que c’estavec raison ; ^éloquence du cœur n’estpoint assujettie à la contrainte d’auouneréglé artificielle ; Ie cœur ne connoitd’autres règles que îe sentiment, ni d’au-tre maître que le besoin , magister eirtis,tngeniique largitor. Pers. prolog. I I.

Ce n’est pourtant pas que je veuilledire que l’intérêt des passions ne puisseinfluer fur l’élocution même , & qu’il nepuisse en résulter des expressions pleinesde noblesse, de grâces, ou d’énergie. Jeprétends feulement que le principe deí’intérèt est effectivement dsiine applica-tion trop incertaine L trop changeante,pom être le Fondement de l’élocution ora-toire ; &j’ajoute qoe quand il faudraitPadinettre courue tel, il ne s’enfuivroitpas pour cela que les places qu’il fixeroitaux mots fussent leurs places naturelles ;les places naturelles des mots dans l’élo-cution, font celles q ne leur alfigne la pre-mière institution de la parole pour énon-cer la pensés. Ainsi l’ordve de l’intérét,loin d’être la réglé de Tordre naturel desmots, est une des causes de Xinversionproprement dite; mais l’effet que Pi».verson produit alors fur l’ame , est enmême temps l’un des titres qui ía justi-fient. Eh quoi de plus agréable que Sesimages Fortes & énergiques, dont un motplacé à propos, à la Faveur de Xinverson ,enrichit souvent l’élocution ? Prenonsfeulement un exemple dans Horace,lib. I, Od. 28.

.... Nec quìcquam tìbi proies

A'êrias tentajse doutas , anìmoque rotun-dum

Percurrijfe polmn', moritnro.

Quelle force d’exprelfion dans le der-nier mot moritnro! L’ordre analytiqueavertit l’efprit de le rapprocher de tibi,-avec lequel il est en concordance rar t aï-son d’i densité ; mais l’efprit repasse alorsfur tout ce qui sépare ici ces deux corré-latifs: il voit comme dans un seul point,& les occupations laborieuses de l’astro-nome, & le contraste de fa mort qui doit